L'Union Paysanne 14 juillet 2021 a 10h00 | Par La rédaction

INSTALLATION.« Qui mieux que les JA pour parler d'installation ? »

Antoine Brousse, secrétaire général JA 19

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A la suite des élections régionales et dans le cadre de la nouvelle PAC à mettre en oeuvre dès 2023, la politique installation sera renégociée dans les prochaines semaines. A ce titre, nous regrettons que la renationalisation du dispositif ne soit pas à l'ordre du jour. Elle apporterait pourtant plus d'équité entre les territoires car rien ne justifie, à nos yeux, un traitement différent entre un jeune agriculteur de la Corrèze, du Lot ou du Cantal. Un travail exténuant nous attend car, sous prétexte de démocratie participative, il est de bon ton de demander son avis à n'importe qui. Le Comité Régional Installation Transmission, chargé de définir les objectifs et les critères des dispositifs de soutien à l'installation, ne compte pas moins de 62 membres ! De quoi rendre l'unique voix des JA presque inaudible. Pourtant, qui mieux que les jeunes agriculteurs pour parler des jeunes agriculteurs? Fort heureusement, notre expertise et notre connaissance des réalités domine les idées préconçues, et il arrive parfois, qu'au sein de cette auberge espagnole, notre voix se fasse entendre. Nous défendrons le parcours qui débouche sur l'obtention de la DJA. De plus en plus d'installations sont réalisées en dehors de ce cadre. Pourtant, 95 % des jeunes ayant suivi ce parcours sont toujours agriculteurs 5 ans après leur installation. La DJA n'est donc pas qu'une aide financière, c'est une voie qui, malgré son apparente lourdeur, demeure garante de la réussite future du projet. Nous défendrons également le besoin d'une formation accrue. Le niveau des formations scolaires régresse alors que le niveau d'exigences de notre métier augmente. Si ce n'est par l'école, la professionnalisation peut passer par le développement des stages. Nous tenons à ce que ceux-ci soient réalisés au sein d'exploitations performantes sur le plan économique car le besoin de renforcement des capacités de gestion est criant. Les stages doivent être particulièrement encouragés auprès des jeunes non issus du milieu agricole. Nous avons grand besoin d'attirer un nouveau public mais nous devons éviter les désillusions. Certains rêvent de maraîchage sans n'avoir jamais planté une carotte. L'engagement dans le métier nécessite une réflexion poussée. Enfin, l'installation d'un maximum de jeunes passera par des prix rémunérateurs et des filières structurées. On peut bien doubler la DJA mais c'est la viabilité et la vivabilité du projet qui garantira sa pérennité. C'est tout l'objet du travail mené par les jeunes agriculteurs de Corrèze. La contractualisation sur la base d'un prix juste permet d'offrir de la visibilité aux jeunes. Les dispositions Egalim nous permettent d'espérer. Il reste à convaincre les différents acteurs des différentes filières que leur avenir aussi en dépend.

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