L'Union Paysanne 06 juillet 2012 à 10h15 | Par Guillaume Demichel

Installation - Une production qui n’est pas prête de battre de l’aile

Deux ans après avoir quitté le secteur de la métallurgie, Jean-Luc Nussas s’installe avec quatre bâtiments poulets Label Rouge sur la commune de Perpezac-le-Noir.

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Jean-Luc Nussas est éleveur de poulets Label Rouge.
Jean-Luc Nussas est éleveur de poulets Label Rouge. - © Guillaume Demichel

Malgré un patrimoine familial fortement ancré dans l’agriculture, Jean-Luc Nussas n’a pas souhaité, à l’époque, démarrer sa carrière professionnelle dans ce secteur d’activité. Mais après de nombreuses années dans la métallurgie et une vie de famille accomplie, d’autres perspectives se sont présentées pour le perpezacois. Conjoncture économique, crise de la quarantaine ou tout simplement l’envie de faire autre chose, les raisons qui expliquent le changement de carrière de Jean-Luc Nussas sont toutes autant légitimes qu’elles sont multiples. «L’entreprise dans laquelle je travaillais connaissait de sérieuses difficultés depuis de nombreuses années et j’avais envie de revenir aux sources, à des choses simples. Et comme j’avais de très bonnes relations avec ma direction, nous nous sommes séparés d’un commun accord et j’ai pu entamer les démarches de mon projet rapidement».

 

Quatre bâtiments de 400 m² chacun, ont été inaugurés la semaine dernière au lieu-dit du Bigeardel, sur la commune de Perpezac-le-Noir.
Quatre bâtiments de 400 m² chacun, ont été inaugurés la semaine dernière au lieu-dit du Bigeardel, sur la commune de Perpezac-le-Noir. - © Guillaume Demichel

Un véritable projet de vie

Plus qu’une reconversion, c’est un véritable projet de vie dans lequel se lance alors Jean-Luc Nussas. Celui de devenir éleveur de poulets Label Rouge, un secteur qui reste encore aujourd’hui économiquement stable au niveau national. «De par ma famille, j’avais 15 hectares que je pouvais exploiter. L’élevage de bovins demandait plus de place et des investissements lourds. Un jour, mon épouse m’a parlé d’un de ses collègues qui faisait de l’élevage de poulets. Il m’a fait visiter son exploitation et je me suis dit que c’était ce que je voulais faire». Mais entre l’envie et l’aboutissement d’un projet d’une telle ampleur, les démarches sont nombreuses et pas toujours simples.

Afin de concrétiser son rêve, Jean-Luc Nussas a contacté Sud Ouest Volailles, une filiale du groupe coopératif Terres du Sud. Son projet, la construction de quatre bâtiments de 400 m², s’inscrit directement dans la ligne de développement annoncée par Sud Ouest Volailles qui privilégie cette configuration de structure afin d’améliorer la spécialisation de l’éleveur et prendre en compte le développement durable par un souci d’économie de logistique. «L’implantation d’outils économiques dynamiques et performants comme Terres du Sud, qui valorise les produits issus de la diversification, permet aux agriculteurs intéressés, d’envisager plus sereinement le développement d’ateliers de diversification, que ce soit en production principale ou complémentaire», souligne le président de la FDSEA de la Corrèze, Tony Cornelissen.

 

50.000 poulets par an

Au bout de deux ans, après d’innombrables contretemps et autres dérogations, des échanges de terrains entre voisins et plusieurs litres de sueur versés, le projet de Jean-Luc Nussas aboutit. Quatre bâtiments de 400 m² chacun, inaugurés la semaine dernière dans le cadre du lieu-dit du Bigeardel, sur la commune de Perpezac-le-Noir, d’une capacité totale de 17.600 têtes à plumes. «Au total, le projet aura coûté près de 260.000 €, dont 80.000 € subventionnés. Le site produira environ 50.000 poulets par an», précise l’exploitant. La structure de Jean-Luc Noussas bénéficie des dernières nouveautés techniques, un peson sur les silos d’alimentation ainsi qu’un échangeur air/air pour diminuer les coûts de chauffage durant le démarrage des animaux. L’abreuvement, l’alimentation, le chauffage et la ventilation sont de plus entièrement automatisés. «La combinaison de tous ces éléments amène plus de revenu par la performance technique mais aussi du confort pour l’éleveur et l’amélioration du bien-être de l’animal», explique l’un des techniciens de Terres du Sud qui a travaillé sur le projet. «L’aboutissement d’une telle démarche est une réelle satisfaction car cela demande du courage, du savoir faire et des capitaux importants. L’installation d’agriculteurs dynamiques comme Jean-Luc permet d’injecter de l’économie dans notre département et de créer de la valeur ajoutée. C’est profitable à tout le monde», ajoute Tony Cornelissen.

 

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