L'Union Paysanne 02 avril 2010 à 10h53 | Par Source JA

Intervention de Michel Queille - «Il faut arrêter le massacre des paysans»

Dans ses propos, le président des JA de la Corrèze dénonce les acteurs de la société qui montrent du doigt l’agriculture comme l’une des principales sources de pollution.

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Avant l'intervention de Michel Queille, Katia Klumpp (Inra) sur le rôle des prairies dans le stockage du carbone
Avant l'intervention de Michel Queille, Katia Klumpp (Inra) sur le rôle des prairies dans le stockage du carbone - © DR

«Je ne serai pas long dans mon propos. Simplement la paro-le d'un paysan qui aimerais voir ses amis paysans vivre dignement du fruit de leur travail, voir ses collègues heureux d'exercer leur profession au service de la nation, de l'Europe. Mais aujourd'hui force est de constater que je ne vois que le contraire, des agriculteurs résignés qui se voient seulement pointés du doigt par leurs concitoyens.
«Regardez ces types, ces consommateurs de subventions, ils polluent, ils détruisent leur environnement, notre environnement.»
A quand les médias seront-ils capables de dire unanimement, les primes sont une rémunération de l'effort que ces hommes et ces femmes font justement pour préserver la sécurité alimentaire de la nation, la rémunération des efforts pour préserver notre culture, notre environnement ?
Dites-moi quelle autre profession est capable de nourrir ses concitoyens ?
Quel autre corps de métier est capable de faire produire la nature pour que la nation n'ait pas faim ?
Faudra-t-il que la faim soit la norme pour réconcilier les concitoyens, les pouvoirs publics et ce qui restera du monde agricole. Oui ce qui restera.
Il est anormal de toujours avoir à se justifier, de devoir rétablir la vérité sur notre activité.
Il est vrai qu'une vache ça mange, ça rote, ça pète et cela participe au réchauffement climatique. Mais les camions, l'industrie, les particuliers polluent certainement aussi. Les vaches, elles vivent sur des hectares d'herbe qui sont certainement les meilleurs filtres à pollution que notre planète puisse porter, peut-être meilleurs que les forêts.
Quand serons-nous capables de répondre que notre Massif central produit de la nourriture à partir de l'herbe, seul végétal rentable sur notre territoire ? J'aime bien le pissenlit mais le dactyle, ray-grass, trèfle et autre lotier ne nourriront jamais les hommes.
La planète a faim et les grands penseurs et autres photographes, au ventre plein, sont capables de conseiller au peuple, par des images chocs, de beaux discours et de bon papier de presse, de ne pas consommer de la viande. Mais dites, sur quel fondement diététique, culturel, économique se basent-ils ?
Il faut se poser des questions sur nos modes de productions pour penser économie d'énergie avoir des bilans carbone les plus sensés possibles mais, les territoires agricoles inconvertibles de moyenne montagne sont certainement indispensables à la production agricole globale et cela passe par l'élevage.
M. et Mmes les médias, allez au bout de la question, nous vous aiderons à répondre à toutes les questions. Au monde politique et administratif, je tiendrais un propos pas plus enthousiaste «et c'est bien dommage qu'ils soient absents».
Quels sont les actes ? Plan Barnier, plan Lemaire et bientôt plan de qui ?
Emprunter pour rembourser, emprunter pour travailler un peu plus, travailler pour s'endetter plus distiller quelques aides sociales ça et là.
Nous nous sommes mobilisés l'automne dernier pour une réaction forte qui se fait désirer. Cette réaction dans les faits, quand arrivera-t-elle ?
Certainement quand les quelques plus irréductibles paysans seront exsangues. Nous sommes las de travailler avec les aides de la Pac pour sauver notre peau. On va parler de LMA de Pac mais cela c'est pour quand ?
Au mieux 2011 pour les premiers effets, s'ils sont positifs. Mais pour qu'ils soient positifs il faudrait prendre en compte, les réflexions, les amendements des Jeunes agriculteurs pour protéger l'activité agricole, ses outils, tel que le foncier en évitant de le gaspiller. La ressource est limitée, l'énergie solaire c'est sur les toits pas au sol. La restructuration des exploitations agricoles est nécessaire, mais l'installation des jeunes l'est encore plus.
On ne s'improvise pas agriculteur, c'est un choix professionnel d'une vie.
Il faut arrêter le massacre des paysans, présents pour que de nouveaux prennent le relais de manière durable et pas à la petite semaine.
Nous avons absolument besoin d'être écoutés et surtout entendus par le pouvoir politique. Maintenant que j'ai fait le catalogue de nos soucis professionnels, quelques actions syndicales :
Elles sont certainement dans la rue, au plus près des lieux de pouvoirs, faire entendre la voix des JA, c'est expliquer, faire entendre à nos concitoyens, les convaincre que malgré tout ce que l'on peut dire des paysans, on en aura toujours besoin et aujourd'hui plus que jamais».
Michel pour sa dernière assemblée générale a remercié les administrateurs sortants pour le travail qu'ils avaient effectué ensemble et félicité les nouveaux administrateurs pour leur engagement et leur travail à venir en leur souhaitant bonne chance.

 

 

 

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