L'Union Paysanne 22 juin 2012 à 10h36 | Par P. Dumont

Interview de Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA

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La FNSEA soutient les producteurs en difficulté.
La FNSEA soutient les producteurs en difficulté. - © P. Dumont

Les arboriculteurs du Limousin et de la Dordogne ont d’ores et déjà perdu 90 % de leur récolte à venir, qu’attendez-vous de votre visite aujourd’hui ?

Jérôme Despey : Si je suis ici aujourd’hui, c’est avant tout pour témoigner du soutien de la FNSEA aux producteurs en difficulté. Il est important que la FNSEA soit à leurs côtés pour essayer avec eux de trouver les moyens de passer ce cap difficile. De la perte de production qui s’annonce découle une perte de revenus et aussi des difficultés liées à l’emploi. Nous devons tout faire pour que les arboriculteurs soient indemnisés le mieux possible, notamment en mobilisant le fonds national des calamités agricoles.

 

Quels soutiens concrets peut apporter la FNSEA aux arboriculteurs en difficulté ?

J.D. : La FNSEA siège à la commission de gestion des risques qui gère le Fonds national de gestion des risques en agriculture. Nous allons appuyer les demandes des arboriculteurs au niveau national et j’en serais personnellement l’ambassadeur. J’ai compris les inquiétudes des producteurs quant au taux d’indemnisation de 35 % pour les pertes supérieures à 70 %. Nous nous engageons à relayer la demande de relèvement du taux à 50%.

Au-delà de l’indemnisation au titre des calamités agricoles, il faudra aussi solliciter des dispositifs complémentaires. Je pense par exemple à l’exonération totale de la taxe sur le foncier non bâti et à la prise en charge de cotisations sociales qu’il faudra aborder avec la MSA.

Aujourd’hui, le but est de ne laisser personne au bord de la route. Il faut permettre aux producteurs de se redresser, de reconstruire les vergers pour les récoltes à venir. Rien ne serait plus désastreux que de voir des producteurs abandonner leur activité à cause de cet épisode de gel.

 

Les FDSEA de Corrèze et de Haute-Vienne ont obtenu de la Direccte que soient mises en place des procédures de chômage partiel abondé. Elles offrent aux salariés la possibilité de se former. En tant que secrétaire général du FAFSEA, pouvez-vous nous assurer de votre soutien si un abondement du fonds de mutualisation était nécessaire ?

J. D. : Le FAFSEA et les fonds de formation ont toujours répondu présents pour accompagner les exploitations et leurs salariés dans les situations difficiles. Permettre aux salariés, par le biais de la formation, d’approfondir leurs connaissances et d’en acquérir de nouvelles est une solution pour éviter la précarisation. Lors du prochain bureau du FAFSEA en juillet, je demanderai à ce que l’outil de formation soit mobilisé pour permettre la prise en charge des salariés qui souhaitent bénéficier d’une formation, comme cela a été fait l’an passé lors de la crise de l’E. Coli.

Propos recueillis par P. Dumont

Une procédure de chômage partiel simplifiée pour les arboriculteurs

 

Après le gel du 17 avril et au delà de la catastrophique perte de récolte qui s’annonce, c’est toute la filière pomme qui est menacée. Forte de 4000 emplois, elle est d’ores et déjà confrontée au chômage partiel. Pour maintenir l’emploi et soutenir les producteurs en difficulté, les FDSEA de Corrèze et de Haute-Vienne ont sollicité la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi du Limousin (DIRECCTE). Un dispositif de chômage partiel abondé est instauré et applicable dès à présent. Grâce à lui, les employeurs pourront percevoir une indemnité majorée pour les heures chômées. Chaque mois, les producteurs devront adresser à la Direccte un bulletin d’adhésion. Via cette procédure simplifiée, ils déclareront le nombre d’heures de chômage partiel de chaque salarié. Les employeurs ont aussi la possibilité de proposer des formations à leurs salariés au lieu des heures de chômage partiel. A noter, l’indemnisation du chômage partiel ne peut excéder 1000h par salarié en CDI et celui-ci ne peut être en chômage total plus de six semaines consécutives. Enfin, les FDSEA de Corrèze et de Haute-Vienne se sont également rapprochés de la MSA toujours dans l’objectif de faciliter les relations entre les arboriculteurs et l’administration en limitant les démarches administratives liées au chômage partiel.

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