L'Union Paysanne 26 janvier 2022 a 09h00 | Par La rédaction

INTERVIEW.« Un plan de mutation pour une agriculture plurielle avec du revenu à la clef »

Le président de la Chambre d’agriculture, revient sur l’origine du plan de mutation de l’agriculture corrézienne. La démarche participative, mise en place depuis un an, a pour vocation de lancer une réflexion sur l’agriculture de demain, avec la mise en place de projets partenariaux.

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Quels étaient vos objectifs en initiant ce plan de mutation de l’agriculture corrézienne ?
Tony Cornelissen : La Chambre d’Agriculture a souhaité mener une réflexion globale sur l’avenir de l’agriculture en Corrèze afin de sensibiliser les élus, les entreprises, les centres de formation, etc., à ce que pourrait être l’agriculture de demain dans le département. Il s’agit d’ouvrir le champ des possibles, d’aller à la rencontre pour échanger et discuter dans le cadre d’une compréhension mutuelle et surtout de ne pas s’interdire des projets. Dans ce sens, depuis un an, nous avons rencontré une multitude d’acteurs pour les écouter dans leurs demandes vis-à-vis de l’agriculture et leur présenter aussi des chiffres afin de mettre en musique les envies de chacun et les réalités économiques de terrain. De ces échanges, nous avons tiré près d’une quinzaine de scénarios prospectifs et divers projets avec des entreprises, dans les filières d’élevage ou végétale.

Quelles sont les grandes tendances qui se dégagent de ces scénarios pour l’avenir ?
TC : L’environnement : la Corrèze est un pays vert, avec beaucoup de pâturages, une utilisation limitée des phytosanitaires, « la pastille verte » est un atout pour notre département. En second, éviter la baisse du cheptel corrézien lié entre
autres aux agrandissements exagérés. Les banques freinent d’ailleurs sur ce type d’exploitations difficilement reprenables.
Il faut retrouver de la productivité avant tout. Ensuite, il faut faciliter la reprise. Les exploitations doivent intéresser les futurs repreneurs qui veulent limiter le risque financier, assurer un revenu et avoir moins d’astreinte avec des outils modernes et connectés. L’agriculture, c’est le pilier de l’économie de nos territoires, ne l’oublions pas ! L’idée de ce
plan, c’est aussi de nous adapter à l’agriculture de demain en retrouvant de l’attractivité. Pour se faire, nous avons engagé un travail avec le conseil départemental sur l’accès à l’eau pour tous. Sur les années à venir, l’eau sera l’élément incontournable de la pérennité des exploitations : abreuvement, irrigation…

Et la production de broutards, emblématique de la Corrèze, aura-t-elle toujours sa place demain ?
TC : Oui ! Bien sûr que oui! La Corrèze est un département particulièrement adapté à ce type de production tout comme celle du veau de lait. Et en même temps, imaginer le broutard comme unique production sur la Corrèze dépendant d’un marché italien (et de la demande extérieure), c’est s’exposer à des risques. La production de broutards pour être pérenne et sécurisée pourrait être associée à un ou plusieurs ateliers de diversification, c’est une partie des propositions du Plan de Mutation. Comme dirait les anciens : cela veut dire « ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier » !

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