L'Union Paysanne 30 septembre 2021 a 08h00 | Par La rédaction

INVESTISSEMENTS. Vers une année record pour l'agriculture

Les crédits accordés par le Crédit agricole étaient en forte hausse sur le premier semestre 2021. Si la dynamique se poursuit, la banque s'attend à une année record en investissements.

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Le montant des crédits accordés aux agriculteurs français par le Crédit agricole a été en « très forte progression » sur le premier semestre 2021, rapporte la « banque verte » dans un communiqué paru le 14 septembre. Les prêts ont atteint la somme de 4,1 milliards d'euros, soit 14,6 % de plus qu'au premier semestre 2020. « Si le rythme de progression se maintient, 2021 pourrait être une année record en termes d'attribution de crédit », prédit même le Crédit agricole. Le phénomène peut être étendu à l'ensemble du marché, compte tenu de la place du Crédit agricole dans le financement des agriculteurs (taux de pénétration de 82 % en 2020). Toutes les filières sont concernées à l'exception de la filière volaille (-1,78 %), précise la banque. Les légumes représentent les filières les plus dynamiques (+40,48 %), devant les céréales (+21 %) et le porc (+19 %). Cet essor est en partie à mettre au crédit du volet agricole du plan de relance gouvernemental, dont les guichets ont été ouverts aux agriculteurs depuis la fin 2020. « Il y a certainement un effet plan de relance, mais cela n'explique pas que le montant des investissements se maintienne à un tel niveau depuis plusieurs années », analyse Jean-Christophe Roubin, directeur de l'Agriculture de Crédit Agricole SA. Les crédits se maintiennent à un niveau supérieur à 7 milliards d'euros depuis huit ans, s'enorgueillit en effet la banque.

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« Changement de modèle »
Pour Jean-Christophe Roubin, la dynamique est à mettre au crédit d'un changement accéléré des pratiques agricoles, notamment sous l'effet des relations avec les industriels. « Il y a une prise de conscience du changement de modèle, qui se manifeste notamment au travers de la contractualisation », explique cet ancien de la Rue de Varenne. « Derrière il y a des revenus supplémentaires, sans quoi les agriculteurs n'investiraient pas. C'est cette meilleure visibilité que nous appelons depuis longtemps de nos voeux ». Symboles de cette mutation, les investissements dans l'irrigation ou les bineuses. « On voit bien qu'il y a une spécificité à la bio et aux nouveaux modèles d'agronomie. »Une analyse qui porte à croire que le phénomène pourrait durer, même si les éléments d'incertitude ne manquent pas. « Cet essor est aussi dû en partie à un effet conjoncturel de rattrapage. L'année 2019 a été plutôt bonne, et les agriculteurs en ont profité pour investir », nuance Jean-Christophe Roubin. Autre élément d'analyse baissier : les coûts des matières premières, comme l'azote en grandes cultures ou l'alimentation animale en élevage, dont le prix a explosé cette année. Ils pourraient grever les capacités d'investissement.

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