L'Union Paysanne 31 juillet 2015 à 08h00 | Par FDSEA 19

La colère des agriculteurs corréziens

Le 22 juillet, les agriculteurs de tout le département ont eux aussi fait part de leur exaspération face au non-respect des accords et au désintérêt de l’aval des filières.

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Les agriculteurs corréziens, venus en nombre, s'étaient donné rendez-vous en début de soirée à Brive.
Les agriculteurs corréziens, venus en nombre, s'étaient donné rendez-vous en début de soirée à Brive. - © FDSEA 19

La FDSEA et les JA de la Corrèze ont mené une opération nocturne à Brive le 22 juillet pour manifester leur «ras-le-bol» face aux engagements non tenus de la part des pouvoirs publics et de la grande distribution.

Plus de deux cents cinquante agriculteurs se sont mobilisés pour déverser leur colère devant les centres commerciaux de la ville. Ils se sont retrouvés sur la zone de Cana à 21 heures avec une vingtaine de tracteurs et bennes remplies de fumier, pneus et autres déchets… Le convoi a pris la direction du centre-ville pour aller bloquer les accès des grandes surfaces de Brive jusque tard dans la nuit.

L’objectif de cette action n’était pas de s’en prendre, ni de gêner les concitoyens. Au contraire, les riverains ont délivré des messages d’encouragement, de soutien et semblent prêts à jouer le jeu du patriotisme économique.

«Cette manifestation s’inscrit dans le mouvement national de revendications de hausse des prix» explique Daniel Couderc, président de la FDSEA. «Les mesures annoncées par le gouvernement ne nous satisfont pas. Ce que nous demandons, c’est un prix juste pour l’ensemble de la filière» continue-t-il.

Depuis plusieurs mois déjà le mécontentement gronde sur le terrain. Exaspérés, les agriculteurs ont voulu cette mobilisation. Leur malaise s’affichait sur les banderoles : «La mort de ceux qui vous nourrissent» «L’amour est dans le prix, la détresse est dans le pré»…

Dans la continuité de cette mobilisation, une délégation de la FDSEA de la Corrèze est allée rencontrer certains abattoirs du département pour vérifier si l’augmentation de 5 cts par semaine, négociée lors des accords du 17 juin 2015 (voir encadré) était bien appliquée. Michel Queille, secrétaire général de la FDSEA 19, tape du poing sur la table, affirmant que les résultats n’étaient pas là.

«Ce constat nous encourage à maintenir la pression sur les opérateurs pour que les hausses de prix se concrétisent et durent. C’est notre action syndicale qui nous permettra de déterminer, chercher la vérité et cibler les coupables» explique Michel Queille.

Les accès aux grandes surfaces ont été bloqués par les déchets des exploitations : pneus, fumier, etc.
Les accès aux grandes surfaces ont été bloqués par les déchets des exploitations : pneus, fumier, etc. - © FDSEA 19
Les banderoles reflétant les demandes et la détresse des agriculteurs ont fleuri dans la nuit.
Les banderoles reflétant les demandes et la détresse des agriculteurs ont fleuri dans la nuit. - © FDSEA 19

Rappel des accords du 17 juin

Revalorisation des prix

Les transformateurs et distributeurs se sont engagés à revaloriser rapidement les prix payés aux producteurs. Le président de la Fédération nationale bovine (FNB), Jean-Pierre Fleury, a annoncé que les transformateurs, suivis par les distributeurs s'étaient engagés à revaloriser les prix payés aux producteurs de 5 centimes le kilo de carcasse, dès le lendemain, et à réitérer ces hausses chaque semaine jusqu'à ce que les cours atteignent les coûts de production (4,5 euros le kilo de carcasse en moyenne, selon la FNB). À noter qu’une augmentation de 60 cts représente au moins trois mois de hausse consécutive.

 

Augmentation des aides de crise et création d’une plateforme export

A également été annoncé le doublement de l’enveloppe de crédits pour la prise en charge des cotisations sociales MSA, la portant ainsi à 7 millions d’euros. Elle doit ouvrir le droit à l'effacement de cotisations pour les agriculteurs en difficultés. Stéphane Le Foll a également annoncé la création, d'ici l'été, d'une «plateforme export», un partenariat public-privé à but commercial, pour soutenir l'export de viande française (elle sera ouverte au porc et à la volaille) sous marque commune. «Un lieu en dehors de l'interprofession, à vocation uniquement commerciale», a expliqué Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine (FNB), une «machine de guerre où se retrouveront les exportateurs» et qui doit profiter aux PME/PMI. L’interprofession bétail et viande (Interbev) va travailler à encadrer les promotions, et à mettre en place un indicateur des cours du steak haché, le produit par lequel les prix de la viande bovine subissent les plus fortes baisses. «Aujourd'hui c'est le steak haché qui sert à faire le prix», explique Jean-Pierre Fleury, pour qui cet indicateur doit permettre de «stopper la guerre sur le haché, pour libérer le marché du piécé».

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