L'Union Paysanne 12 mai 2017 à 08h00 | Par UP 19

La place de la femme dans nos organisations professionnelles agricoles

Marie-France Forest, présidente de la Commission départementale des agricultrices, secrétaire générale de la FDSEA19.

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- © UP 19

Marie-France Forest, agricultrice sur la commune de Saint-Setiers, vient d’être élue par le conseil d’administration de la FDSEA 19 en tant que secrétaire générale. Dans une interview, elle revient sur son parcours, ses motivations et donne son point de vue concernant la place des femmes, et plus particulièrement des exploitantes agricoles au sein de nos organisations professionnelles agricoles (OPA).

 

Quels sont, à titre personnel, vos mandats, autres que votre position de secrétaire générale à la FDSEA 19 ?

Parmi mes autres fonctions, je suis secrétaire générale adjointe de la Commission nationale des agricultrices (CNA), membre du conseil d’administration de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine et présidente de la Commission des agricultrices de la FDSEA 19. Par ailleurs, je suis également impliquée au sein de ma commune ainsi que dans l’école primaire communale.

 

Quelles sont vos motivations vis-à-vis de votre poste de secrétaire générale pour la FDSEA 19 ? Et, qu’est-ce qui vous a poussé à prendre ce poste ?

Nous devons continuer à travailler sans relâche sur le statut des femmes. Encore trop de femmes n’ont pas de statut (environ quatre cents en Corrèze), et ceci pour diverses raisons. Cependant, on s’aperçoit aujourd’hui que lorsque l’exploitation agricole va mal, ce sont les femmes qui repartent travailler à l’extérieur.

Par ailleurs, il est indispensable de poursuivre notre travail sur l’image de notre métier. Celui-ci a évolué et est souvent mal compris et/ou ma perçu car méconnu du consommateur. Il est donc nécessaire de se mobiliser auprès du grand public, notamment dans les collèges, au contact des jeunes et ne pas hésiter à ouvrir les portes de nos exploitations agricoles pour avoir un échange directement sur le «terrain».

 

En tant que femme et agricultrice, quelles sont les obstacles auxquels vous avez pu vous heurter ?

Mon cursus avant l’installation n’a aucun lien avec l’agriculture. Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique (BAC S) et un passage en faculté de sciences, je me suis orientée dans le domaine de la grande distribution avec un poste de responsable informatique et de caisse, à Paris. C’est après la venue d’un évènement d’ordre familial que je suis revenue sur l’exploitation familiale. J’étais un peu la parisienne revenue aux sources ! Donc, au départ, ce n’était pas simple.

J’étais attendu «au tournant». J’ai eu la sensation qu’il fallait, d’autant plus que j’étais une femme, travailler doublement pour être reconnue dans le métier comme agricultrice.

 

Que pensez-vous de la représentativité des femmes dans les instances en général ? Et plus particulièrement en agriculture ?

Aujourd’hui, 36 % des chefs d’exploitation agricole sont des femmes. Pourtant, elles ne représentent pas ces proportions dans les instances. Elles ont souvent du mal à s’engager du fait qu’elles doivent concilier leur vie privée, les enfants et leur vie professionnelle. Il faut donc travailler sur la mise en place de moyens pour que ces femmes aient envie de s’investir. Cela peut passer par de la formation afin qu’elles prennent davantage confiance en elles. Il existe aussi d’autres moyens comme le remplacement professionnel pour se libérer du temps.

 

Quelles sont les forces et les atouts d’une femme dans un poste à haute responsabilité ?

Les femmes ont souvent une plus grande facilité pour parler de leur métier. Elles sont plus à l’aise dans le domaine de la communication envers les consommateurs. Lorsqu’elles s’engagent, elles le font totalement.

 

Avez-vous l’impression que les lignes bougent et que le monde agricole que l’on défini parfois de « macho » ou de « rustre » évoluent et laissent la place à la femme ?

Oui, les lignes bougent. Grâce à la reconnaissance des GAEC entre époux par exemple, elles sont enfin reconnues comme agricultrice à part entière. Beaucoup n’hésitent plus à s’installer après avoir travaillé à l’extérieur. Elles ont su se former. D’ailleurs, la proportion de femmes dans les lycées agricoles ne cesse d’augmenter.

Mais malheureusement aussi, le cliché du professionnel qui vient sur l’exploitation et qui vous demande si le chef d’exploitation est là existe encore !

 

Comment avez-vous perçu la nomination de Christiane Lambert à la tête de la FNSEA ?

Christiane a gravi tous les échelons du syndicalisme pour arriver à la tête de notre grande maison, la FNSEA, et pour la première fois par une femme ! Elle est bien un exemple que les femmes peuvent atteindre des postes à très hautes responsabilités.

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