L'Union Paysanne 04 novembre 2015 à 08h00 | Par Union Paysanne

La régionalisation en ligne de mire

La chambre d’agriculture de la Corrèze a tenu sa session fin octobre sous le thème de la succession. L’occasion pour le président Cornelissen d’introduire le nouveau préfet de la Corrèze et de saluer la directrice Magali Boulleau, à l’aube de son départ.

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A la tribune, la dernière de la directrice, Magali Boulleau contraste avec la première du nouveau préfet, Bertrand Gaume.
A la tribune, la dernière de la directrice, Magali Boulleau contraste avec la première du nouveau préfet, Bertrand Gaume. - © UP 19

En ouverture de cette session, le président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze, Tony Cornelissen, a souhaité la bienvenue à Bertrand Gaume, le nouveau préfet de la Corrèze. «Nous accueillons aujourd'hui Monsieur le Préfet, Bertrand Gaume, qui assiste pour la première fois à notre Session de la Chambre d’Agriculture. Depuis votre arrivée en Corrèze, vous avez montré à maintes reprises, tout l'intérêt que vous aviez envers le monde agricole», sous-entendant la disponibilité du «nouveau» préfet qui a pris le temps de rencontrer la profession agricole.

 

Mouvements

La session a d’ailleurs débuté par quelques changements au sein du bureau de la Chambre d’agriculture. En effet, Pascal Coste, président du Conseil départemental, étant démissionnaire, un remplacement a dû être effectué. Pierre Beysserie, agriculteur de la commune de Naves, a été désigné au poste de Premier vice-président, et il a lui-même été remplacé au poste de secrétaire- adjoint par Jean-Pierre Brousse, éleveur laitier de la commune de Végennes.

En amont des débats et du thème de la session, le président Cornelissen a tout d’abord souhaité saluer le travail entrepris par la directrice de la Chambre, Magali Boulleau, à l’occasion de son départ. «C’est une session toute particulière, puisque c'est le départ de notre directrice. Je me permettrai tout d'abord de remercier très chaleureusement et du fond du cœur le travail effectué par Magali Boulleau. Je lui suis très reconnaissant d'avoir accepté de prendre le poste dans les conditions difficiles de l'époque. Une carrière dans l'enseignement l'attendait. Pour nous rendre service, elle a accepté un break de quelques années dans sa vie professionnelle, pour mettre en œuvre ses compétences pour le département de la Corrèze». Son remplaçant est Sylvain Strasfogel qui est déjà un directeur expérimenté sur la chambre de la Haute-Vienne. «Il va partager son poste sur les deux départements», a annoncé le président Cornelissen.

Les nombreux sujets d’actualité ont alimenté un débat riche en interventions parmi les personnes présentes dans l’assemblée.
Les nombreux sujets d’actualité ont alimenté un débat riche en interventions parmi les personnes présentes dans l’assemblée. - © UP 19

Nouvelle grande région

Magali Boulleau a ensuite pris la parole pour évoquer la régionalisation. Elle a notamment évoqué l’état de l’avancement. «Nous devons préparer l’avenir et travailler à défendre la place du département dans la future grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. La nouvelle région sera mise en place dès le premier janvier 2016. Les trois actuelles Chambres régionales vont disparaître et une nouvelle Chambre régionale sera créée par fusion des trois anciennes».

Une fusion qui se fera donc dès le début d’année prochaine pour ne pas subir cette régionalisation et être acteur de ce changement. «La volonté est de conserver le maximum de moyens dans les départements pour le service aux agriculteurs, et de renforcer les compétences des salariés et d’améliorer nos outils».

La session s’est terminée par les remerciements unanimes des élus, des salariés et de la profession agricole à la désormais ancienne directrice de la Chambre d’agriculture, Magali Boulleau, partie vers de nouveaux horizons professionnels.

Débat d’actualités

Une large place a été donnée à un débat sur les nombreux thèmes d’actualité. Sur la crise de l’élevage, le président Cornelissen a évoqué que «la situation financière des éleveurs est très mauvaise, suite à une baisse des cours des produits d’élevage (porc, lait et viande), et une augmentation des cours des aliments. Les éleveurs ont fait part de leur désarroi cet été, les manifestations de la FDSEA et des JA ont d’ailleurs été très bien accueillies par l’ensemble de la population».

Une situation alarmante qui a été dénoncée par le président de la FDSEA Corrèze, Daniel Couderc ; «nous vivons une crise sans précédent. Déjà, d’ordre social avec un manque de reconnaissance des paysans qui travaillent, qui investissent et qui nourrissent les citoyens. Aujourd’hui, ce manque de reconnaissance pèse sur le moral des agriculteurs. Il est anormal que nous soyons constamment mis à la vindicte populaire notamment sur les produits phytosanitaires ou autres. Sur la crise économique, cela fait trente ans que les agriculteurs ont gagné en compétitivité, et là aujour-d’hui, nous sommes arrivés au bout de cette compétitivité. Cela s’apparente à diverses règles européennes, mondiales, sur lesquelles nous ne sommes pas du tout sur le même niveau d’égalité vis-à-vis d’autres pays européens».

La sécheresse de l’été a aussi alimenté les débats. Elle a diminué fortement la constitution des stocks fourragers dans les exploitations corréziennes. «Les comptes rendus et les estimations faites par les différentes commissions d'enquête indépendantes menées par la DDT ont prouvé la réelle situation de sécheresse, avec une diminution supérieure à 30% du fourrage par rapport à une année moyenne. Il paraît que des logiciels et des calculs nationaux nous indiquent que la pousse de l'herbe en automne rattrape partiellement le déficit de fin de printemps et d'été», a annoncé Tony Cornelissen.

Les animaux ont consommé tout le stock de fourrage de l'an passé cet été, ainsi qu’une partie de la récolte de ce printemps. Les stocks à l'entrée de l'hiver sont donc très faibles chez chacun des agriculteurs corréziens, ce qui est facilement vérifiable. Un constat partagé par Daniel Couderc, «aujourd’hui, on nous parle de relevés Isop qui est un logiciel informatique. Ce logiciel par des calculs savants afficherait des résultats négatifs pour la reconnaissance du département en calamité sécheresse. Il faudrait aujourd’hui redonner plus de valeurs aux commissions d’enquête qu’à un logiciel informatique».

Le président de la FDSEA est également intervenu sur la FCO et le défrichement. Sur la FCO, «il était primordial que le marché reparte au plus vite. Cependant, aujourd’hui il est temps de travailler à la déclassification de cette maladie, il existe vingt sérotypes». Quant à la compensation au défrichement, la loi a fixé les modalités, et «nous devons essayer de trouver des solutions car ceux qui veulent défricher sont ceux qui apportent du dynamisme et de l’économie. Un certain nombre de solutions nous est proposé comme le pastoralisme ou aux boisements de moins de trente ans mais c’est regrettable que des agriculteurs doivent compenser par des terrains à priori moins exploitables».

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