L'Union Paysanne 13 juin 2014 à 08h00 | Par P. Dumont

Lanaud - Le temple de la race limousine a trente ans

En 1984, les futurs responsables du Pôle de Lanaud prenaient un pari en créant la Station nationale de qualification de la race limousine. Trente ans plus tard, le paysage agricole a bien changé et le Pôle de Lanaud prend un nouveau virage.

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Bernard Roux a dévoilé la plaque dédiée à Louis de Neuville en présence de la femme de celui-ci.
Bernard Roux a dévoilé la plaque dédiée à Louis de Neuville en présence de la femme de celui-ci. - © Romain Ferrier

2014 sera une année particulière pour le pôle de Lanaud qui fête le trentième anniversaire de la Station nationale de qualification. Un anniversaire qui sera marqué tout au long de l’année par de nombreux évènements. Le 5 juin, le premier d’entre eux était hautement symbolique. À l’issue de la dernière vente RJ de la campagne 2013-2014, les responsables de Lanaud ont en effet choisi de rendre hommage à Louis de Neuville. Décédé en juillet dernier, le président fondateur du Pôle sera désormais indissociable du lieu puisque le ring a été rebaptisé à son nom. Ce temps fort a permis à chacun de se remémorer la génèse du projet qui, comme l’a rappelé Bernard Roux, président de France Limousin Sélection «a fait débat à l’époque». En 1984, plusieurs stations de sélection sur performances individuelles coexistent en Limousin. Par ailleurs, plusieurs constats s’imposent à la profession : la qualité des taureaux entrant dans la base de sélection est insuffisamment maîtrisée et les meilleurs veaux ne sont pas forcément proposés pour l’insémination artificielle. Enfin, si les qualités de la race sont universellement reconnues, la vitesse de croissance lui fait encore défaut. Le Herd book Limousin s’attèle alors à la construction d’un programme collectif de sélection et propose la création d’une station de qualification individuelle. Pas une mince affaire. «Lanaud a pu être créé grâce à des hommes qui ont pris des risques», souligne Bernard Roux. Parmi eux, Jean-Noël Bonnet alors ingénieur à l’ITEB, a dû con-vaincre les plus gros vendeurs de reproducteurs limousins du bien-fondé du projet collectif. En 1982, un nouveau règlement intérieur du Herd Book Limousin pose la première pierre de l’édifice. Plusieurs missions sont données à la station de Lanaud qui ouvre ses portes en juillet 1984 : contrôler chaque année les sept cents meilleurs mâles de la race, les classer en fonction de leurs performances, maîtriser leur qualité et identifier ceux pouvant faire progresser le niveau de la base de sélection.

Les 24 plus gros apporteurs de veaux ont été salués à la fin de la vente. Chacun a apporté plus de cent veaux à la Station.
Les 24 plus gros apporteurs de veaux ont été salués à la fin de la vente. Chacun a apporté plus de cent veaux à la Station. - © Romain Ferrier

Un pari réussi

Trente ans plus tard, les responsables du Pôle de Lanaud ont adressé leurs premiers remerciements aux éleveurs qui ont joué le jeu. «A l’époque de sa création, la station était un pari. Depuis elle a été souvent copiée mais jamais égalée, a indiqué Bernard Roux. Elle a été un formidable accélérateur pour les éleveurs, particulièrement hors berceau.» Malgré tout, la réussite de cet outil ne doit pas faire oublier le contexte difficile de ces dernières années. «La station fonctionne mais il faut continuer à la faire vivre, note Jean-Marc Alibert, président du Herd Book Limousin. Aujourd’hui, un éleveur doit payer environ 1000 € pour mettre un veau en pension. La création de l’unité de méthanisation doit nous permettre de faire baisser ce coût. De nouveaux outils techniques apparaissent également tels le score génomique. Nous devons ancrer la station dans son temps, c’est un vrai challenge à relever». Autre projet important à venir : la création de Limousine Park. Bien qu’en marge de la vocation première du Pôle de Lanaud, le projet tient manifestement à cœur à ses responsables. «Limousine Park complètera le dispositif, explique Bernard Roux. A travers ce projet, nous relèverons un nouveau défi : communiquer vers le grand public. La sélection demeure l’axe le plus important mais il nous faut aussi être reconnus par nos concitoyens. Les images des feed lots a profondément marqué l’opinion publique. Nous devons changer cette image. Les éleveurs sont les premiers gendarmes du bien-être animal.»

Trente ans en chiffres

114 séries contrôlées.

1319 apporteurs différents.

70.576 veaux déclarés en ferme.

21.895 veaux retenus en ferme (de 65 départements) dont 72 veaux en provenance de l’étranger (68 du Luxembourg, 4 d’Italie) et 1.249 veaux achetés par l’IA à l’entrée.

17.918 veaux effectivement entrés.

2.194 veaux éliminés de la station entre le jour de l’entrée et la fin des contrôles.

14.475 veaux évalués :

- 6.918 veaux qualifiés RJ (un tiers des veaux retenus),

- 5.160 veaux qualifiés «Espoir»

(25 % des veaux retenus).

53 veaux achetés par l’IA à l’issue des contrôles.

10 % de veaux partent à l’export.

Plus gros fournisseur de veaux à la station : le GAEC Rouchès (12), avec 259 animaux.

Plus fidèle apporteur : la SCEA du Queyraud (87) qui a fourni des veaux sur toutes les campagnes.

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