L'Union Paysanne 17 mars 2021 a 09h00 | Par La rédaction

LE PRIX CONFORME.Un outil syndical

Réunie le 04 mars à Tulle, la section laitière de la FDSEA a travaillé sur la déclinaison de la loi Egalim en filière laitière.

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Les éleveurs laitiers ont aussi réaffirmé les positions corréziennes quant à la réforme de la PAC.
Les éleveurs laitiers ont aussi réaffirmé les positions corréziennes quant à la réforme de la PAC. - © DR

Pour s’affranchir des justifications fournies par les entreprises quant aux diminutions du prix du lait, la FNPL a créé un outil clair et simple qui permet d’identifier les marchés sur lesquels les entreprises n’ont pas rémunéré conformément les producteurs de lait : le prix conforme. Cette approche repose sur 3 indicateurs.

Le premier est le prix de revient de 1000 litres de lait à la production. Il correspond à l’ensemble des charges mobilisées par l’atelier lait, rémunération de l’éleveur comprise, duquel sont déduits les aides PAC et les coproduits (vaches de réforme, petits veaux). « Ce prix de revient doit être atteint, à minima, pour la valorisation du lait sur le marché intérieur car c’est le 1er débouché sur lequel doivent s’appliquer les principes des Etats Généraux de l’Alimentation. En France, 60 % du lait est écoulé sur ce marché » précise Jean-Pierre Brousse. Pour mesurer la valorisation des produits de grande consommation à l’export, c’est l’indicateur du prix du lait allemand qui est retenu. Enfin, le troisième indicateur correspond à la valorisation beurre-poudre, reflet de la valorisation des produits industriels à l’export.

La FDSEA entend donc établir « un prix de base conforme » en fonction du mix-produit propre à chaque entreprise et de ces différents indicateurs. Ceci afin de permettre aux éleveurs de le comparer au prix effectivement payé. « Si le prix payé est en deçà, c’est qu’a priori la partie PGC n’est pas assez valorisée et par conséquent que la loi EGA n’est pas suffisamment appliquée » commente Jean-Pierre Brousse. « Cela peut permettre de chiffrer le dû avec une application de la loi. »

Le prix conforme est donc un outil d’aide à la négociation pour les administrateurs de coopératives, les responsables d’OP et les responsables syndicaux et sera prochainement publié régulièrement dans l’Union paysanne.

Chiffres à l’appui, démonstration a été faite que la revalorisation souhaitée n’est pas l’ennemi du pouvoir d’achat. La preuve, d’après les calculs de la FNPL: une hausse de prix auprès du consommateur de 0,01€ sur un yaourt de 125g induit un gain potentiel de 96€/1000 L pour le producteur.

Même si les professionnels regrettent que la loi ne soit pas encore totalement appliquée, les responsables de la section entrevoient les effets potentiellement positifs de cette démarche. Toutes les FDSEA de France sont donc mobilisées pour intégrer coopératives et industriels privés à la démarche.

Conjoncture laitière
La production mondiale continue de croître. A l’exception de la Nouvelle Zélande, tous les grands bassins exportateurs sont en augmentation. La collecte européenne n’est pas en reste grâce à la dynamique observée en Grande-Bretagne, Irlande, Pologne ou Hollande, tandis que la production française confirme sa tendance baissière.

Après la chute des cours mondiaux des produits industriels beurre/poudre consécutive à la crise sanitaire, les principales commodités laitières s’orientent à la hausse depuis la fin 2020.
Sur le marché de détail en France, les ventes restent très soutenues quelles que soient les familles de produits laitiers. L’augmentation de l’activité commerciale des grandes surfaces s’est opérée au détriment des ventes en restauration hors foyer, un des secteurs économiques les plus fortement touchés par la crise sanitaire. Les ventes de crème, par exemple, ont augmenté en 2020 de 11% en volume et de 11,9 % en valeur. « De quoi rappeler aux entreprises que malgré quelques semaines d’incertitude, le bisness n’a pas été si mauvais, les produits écoulés en grande surface étant plus rémunérateurs que ceux écoulés en restauration hors foyer. De leur côté, les GMS ont vu leur chiffre d’affaire exploser et les prix au rayon ont augmenté. Pourtant, le prix au producteur a baissé » analyse le président de la section laitière Jean-Pierre Brousse.

Nouvel étalonnage cellules
Après de longues semaines d’atermoiements infondés, le bureau du Cniel a finalement validé la mise en place du nouvel étalon au 1er avril 2021, avec la nouvelle campagne laitière. Cette nouvelle méthode de comptage cellulaire internationale unique s’applique sur les analyses de tank comme sur les analyses individuelles.

Il ressort des essais déjà réalisés que l’ajustement à ce nouveau standard a tendance à baisser la référence des comptages cellulaire de l’ordre de 20 à 25%. Des écarts moyens qui sont quasi identiques quelque-soit le taux de cellules, mais leur variabilité ne permet pas de consolider un effet systématique.

A parti d’avril, les taux en cellules devraient donc baisser sans refléter pour autant une amélioration de la santé du troupeau : il sera encore plus important à cette période de bien connaitre et observer le troupeau pour prévenir les conditions de stress et les infections.

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