L'Union Paysanne 16 juillet 2015 à 08h00 | Par P. Dumont

Les hausses de prix tardent, les éleveurs s’impatientent

Le 18 juin dernier, les acteurs de la filière s’engageaient à revaloriser les cours de la viande bovine. La semaine passée, les éleveurs du Limousin sont allés de visu constater l’application de l’accord sur le terrain. Et le compte n’y est pas…

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Les éleveurs commencent à s'impatienter.
Les éleveurs commencent à s'impatienter. - © UP 19

Cinq centimes de plus par semaine et ce, jusqu’à ce que le prix payé au producteur soit équivalent aux coûts de production, tel étaient les termes de l’accord. Moins de trois semaines après, l’application sur le territoire de l’accord du 18 juin sur la viande bovine est inégale. Inégale selon les opérateurs, selon les catégories d’animaux alors que toutes devaient bénéficier de la revalorisation. Inégale aussi selon les régions. En Limousin, les éleveurs des FDSEA de Corrèze, Creuse et Haute-Vienne ont rendu visite aux abattoirs de Limoges et d’Egletons et à leurs clients la semaine passée. A la sortie de l’abattoir de Limoges, Pascal Lerousseau, président de la FDSEA de la Creuse et coordonnateur du berceau des races à viande s’interroge : «Aujour-d’hui, tout le monde se renvoie la balle. En un an, nous avons perdu entre 30 et 40 centimes du kilo de carcasse ! Où passe l’argent ?». Après l’abattoir de Limoges, ce sont vers ses clients, Covilim, VLS et Plainemaison que s’est tournée la délégation d’éleveurs de Creuse et de Haute-Vienne avec toujours la même question : la hausse de 5 centimes par semaine est-elle appliquée ? La réponse est sans appel : si le prix est maintenu, il n’augmente pas pour autant. La cause invoquée : l’impossibilité de répercuter la hausse à l’aval en particulier pour ceux qui exportent en Grèce ou en Italie, la chute de la consommation sur le marché français,… Difficile à entendre pour les éleveurs. Les chiffres comparés de juin 2014 et de juin 2015, fournis par les transformateurs montrent des cours stables. Dès lors, comment expliquer la baisse de 30 centimes du prix payé à l’éleveur ? Une chose est certaine, si les cours ne remontent pas, c’est la mort à petit feu pour les éleveurs. Une nouvelle mobilisation n’est donc pas à exclure dans les semaines à venir. En Corrèze, des représentants de la FDSEA se sont rendus à l’abattoir de Charal en fin de semaine dernière. Depuis la table ronde du 18 juin, les charolaises R+ ont pris 17 centimes, les limousines R3, 10 centimes. D’une manière générale, les bovins de race à viande de moins de 10 ans et des catégories R et U ont vu une hausse de 15 centimes et les laitières de 6 à 10 centimes.

Par ailleurs, l’abattoir a apparemment dû refuser 200 bêtes la semaine passée ; la sécheresse conduirait les éleveurs à préférer vendre les animaux plutôt que de les nourrir. Au niveau national, le comité de suivi de l’accord du 18 juin a conduit à des constatations similaires. Si les cotations montrent une hausse, elle reste inférieure aux cinq centimes promis. Pour les gros bovins, la hausse est ainsi en moyenne de deux centimes. A l’issue du comité de suivi, le ministre de l’Agriculture a indiqué, dans un communiqué de presse, avoir «rappelé les opérateurs commerciaux à leurs responsabilités et à la tenue de leurs engagements». Affaire à suivre.

En Corrèze

Les représentants de la section bovine de la FDSEA sont allés rencontrer certains abattoirs du département afin d’obtenir les cotation des trois dernières semaines. Le constat est inégal selon les différentes catégories, l’accord obtenu n’est pas respecté. La conjoncture actuelle n’est pas favorable du fait de la baisse de consommation estivale et des conditions climatiques qui poussent les éleveurs à vendre leurs animaux.

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