L'Union Paysanne 26 novembre 2020 a 15h00 | Par La rédaction

MÉNAGES AGRICOLES. Des revenus plus faibles en Corrèze

Le revenu des ménages agricoles corréziens, c’est-à-dire ceux composés d’un agriculteur au moins, est plus faible que la moyenne des autres ménages et des ménages agricoles de la région.

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La Corrèze compte 3 300 ménages déclarant un revenu agricole, soit 5% des ménages d’actifs de moins de 66 ans. En 2017, leur revenu disponible annuel médian est de 33 670 euros, soit 4 180 euros de moins qu’au niveau régional.

Les niveaux de revenus et leur origine sont très variables selon la composition du ménage et l’orientation agricole.

Département très orienté vers l’élevage, les revenus agricoles y sont moins élevés qu’en moyenne régionale. Le niveau de vie médian des personnes des ménages agricoles est inférieur à celui des personnes des ménages actifs et la pauvreté monétaire est beaucoup plus fréquente (Figure 1). L’étude statistique révèle également de grandes disparités de situation selon la composition du ménage (Figure 2).

La moitié des ménages agricoles ont un revenu agricole inférieur à 6 870 euros pour un revenu disponible médian de 33 230 euros. Ainsi, la part des revenus agricoles au sein des ménages agricoles n’est que de 26 % en moyenne et plafonne à 46 % pour les personnes seules.

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DAVANTAGE DE PAUVRETÉ ET D’INÉGALITÉS
Les ménages agricoles de Corrèze sont davantage touchés par la pauvreté monétaire que les ménages actifs de référence : 21 % d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté (revenus inférieurs à 1 041 euros par mois) contre 13 % pour l’ensemble de la population corrézienne. Ce phénomène est particulièrement vrai chez les personnes seules chez qui les sources de revenus sont moins diversifiées. 44 % d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Les inégalités sont également plus marquées au sein des ménages agricoles. Le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10 % des personnes les plus aisées est 4 fois supérieur à celui en dessous duquel se situent les 10 % de personnes les plus modestes. Dans la population de référence, cet écart est de 2,9.

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DES SITUATIONS DE PAUVRETÉ LIÉES AUX TERRITOIRES
Au niveau régional, la pauvreté monétaire est globalement plus élevée dans les territoires spécialisés en ovins-caprins et en bovins, et plus faible qu’en moyenne dans les grandes cultures et la viticulture (Figure 3).Ces territoires ne présentent toutefois pas un niveau uniforme, montrant ainsi la diversité des situations au sein même des différentes orientations métiers.

En effet, le taux de pauvreté dépasse les 20 % dans plusieurs départements, notamment en Corrèze, Creuse et Haute-Vienne, à forte dominante d’élevage. C’est aussi le cas en Dordogne et dans les Pyrénées-Atlantiques, où l’agriculture est plus diversifiée, ainsi que dans la Vienne et le Lot-et-Garonne, où les grandes cultures sont très présentes.

L’écart entre territoires spécialisés s’explique par les revenus agricolesmais aussi par les autres sources de revenus. En moyenne, des revenus agricoles élevés, liés avec la spécialisation agricole, s’ajoutent à des salaires et des revenus du patrimoine élevés également. C’est le cas notamment dans les territoires viticoles de la Charente et de la Charente- Maritime qui ont les revenus agricoles les plus importants, alors qu’en Gironde, département très viticole également, la situation est plus contrastée : les niveaux de revenus agricoles y sont moyens mais les revenus du
patrimoine et les salaires sont les plus élevés de la région.

L’emploi du temps plus contraint pour certains types d’élevage et des territoires spécialisés en bovins éloignés de l’emploi des aires urbaines expliquent en partie des revenus salariaux limités pour les territoires spécialisés en productions animales.

MÉTHODOLOGIE

Les ménages agricoles sont les ménages dont le référent fiscal est âgé de moins de 66 ans et qui ont des revenus agricoles non nuls sur leur déclaration de revenu. Les ménages actifs sont les ménages dont le référent fiscal est âgé de moins de 66 ans et qui ont déclaré des revenus d’activité non nuls. Les indicateurs de revenu par territoire végétal/animal sont estimés à partir des ménages résidant dans des communes répondant à deux critères : elles sont spécialisées dans un type de production et au moins la moitié des exploitants déclarent
cette même activité à la MSA.

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