L'Union Paysanne 06 septembre 2013 à 00h00 | Par VS

National limousin - Le juge est une femme

Cette année au national Limousin, Nicole Marcailloux portera une double casquette. Celle d’éleveur, elle présentera notamment Fakir, taureau classé premier de la catégorie des 32 à 36 mois au festival de Brive, mais aussi celle de juge.

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Nicole et Stéphane Marcailloux avec leur taureau Fakir, premier prix de la section taureaux de 32 à 36 mois au Festival de l’élevage, qui concourra au National Limousin.
Nicole et Stéphane Marcailloux avec leur taureau Fakir, premier prix de la section taureaux de 32 à 36 mois au Festival de l’élevage, qui concourra au National Limousin. - © National Limousin

Rigueur et respect

A l’âge de vingt ans Nicole Marcailloux était déjà sur les rings. De comices en comices, de concours en concours, cette femme de poigne s’est forgée de solides connaissances et une véritable notoriété dans le monde de l’élevage.

Depuis 1958, le troupeau familial est inscrit aux Herd-Book et en 1960, à Paris, c’est la consécration : César, un de leurs taureaux Limousins, décroche le premier prix. Un demi-siècle plus tard, la tradition de l’excellence perdure et c’est du côté de Chamberet que Nicole et son fils Stéphane exploitent en Gaec 145 hectares sur lesquels ils produisent quinze hectares de céréales, quatre hectares de maïs grains et douze hectares de maïs ensilage. «Nous recherchons un maximum d’autonomie. Cultiver l’herbe est un point de départ, mais aujourd’hui en Corrèze nous sommes capables de produire des céréales, même si nous ne ferons jamais partie du club des cent quintaux» introduit Madame Marcailloux.

Une gestion de troupeau millimétrée, deux saisons de vêlages, les cent vingt vaches échographiées avant la mise à l’herbe et un «catalogue» de dix taureaux «pour avoir des types morphologiques différents à proposer à nos clients. La clientèle chez un sélectionneur c’est le fonds de commerce, nous devons être capables de sélectionner dans nos élevages, mais aussi dans ceux de nos collègues, les meilleurs produits pour satisfaire nos clients. En con-cours, nous ne présentons que des taureaux, qui ne sont pas forcément issus de notre élevage» explique Nicole. «En plus de sa rigueur, l’expérience que Stéphane (le fils), a acquise durant huit ans au Herd-book Limousin en qualité d’inspecteur marqueur nous apporte beaucoup. À croire que les gênes se transmettent» ironise une maman pas peu fière de voir son fils perpétuer le savoir-faire des aïeux. Il est vrai que de dénicher les champions de demain chez les autres sélectionneurs n’est pas que le fruit du hasard, il faut avoir l’œil - et le bon - pour juger au plus jeune âge les qualités d’un futur reproducteur.

Une véritable reconnaissance

À Nancy, Madame Marcailloux devra juger les jeunes femelles. «Je prends cela comme un véritable signe de reconnaissance de la part de la profession, c’est un plaisir, d’autant plus que j’ai plein de choses à dire sur les animaux de mes collègues.» Et quand on lui pose la question de savoir comment elle fera pour ne pas favoriser les corréziens lors du jugement ? Nicole Marcailloux répond : «je juge les animaux, pas les éleveurs».

Dans l’attente des résultats du national, nous nous permettrons quand même de faire de notre côté un peu de «chauvinisme», en souhaitant beaucoup de réussite aux éleveurs corréziens.

Trois questions à

Romain Ferrier, directeur de la communication de France Limousin sélection

 

Romain Ferrier évolue depuis 2006 au sein de France Limousin Sélection. À l’occasion du National Limousin, l’Union Paysanne s’est entretenu avec lui.

 

Le fait que le national se tienne à Nancy suscite de nombreuses questions ?

Romain Ferrier : Nous avons déjà fait de nombreuses régions de France, Nancy nous propose un site exceptionnel en plein centre-ville, place Carnot. C’est une belle opportunité d’être accueillis au cœur d’une métropole aussi importante. De plus, nous portons de gros espoirs sur la clientèle des pays frontaliers comme l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg voire même l’Autriche, fins connaisseurs de la Limousine. La race est en plein boom dans l’est.

 

Où en est la race limousine par rapport aux autres races dans leur schéma de sélection ?

La Limousine confirme son rang de race performante. Depuis les années 80, elle connaît une vraie dynamique ; ses qualités maternelles, bouchères, sa finesse d’os et de bons rendements carcasse répondent aux attentes de l’ensemble de la filière. Dans les régions de polyculture élevage, la Limousine est choyée et ses facilités de naissances ne sont pas étrangères à son succès. Je dirais que c’est un bon modèle économique.

 

Quel avenir voyez-vous pour la race ?

Elle a tout pour continuer d’être une race phare du 21e siècle. Grâce aux outils mis en place et au travail des éleveurs, nous pouvons la mettre sur le devant de la scène.

 

Propos recueillis par Vincent Soleilhet.

 

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