L'Union Paysanne 06 décembre 2013 à 08h00 | Par Richard ZizerT

Noix - Perlim noix poursuit sereinement son chemin

Malgré des évènements climatiques qui ont fragilisé certains de leurs coopérateurs, Philippe Fages et Jonathan Rhodes, respectivement président et directeur de la coopérative Perlim Noix, restent confiants concernant leur production. Les cours du marché demeurent à un bon niveau.

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Jonathan Rhodes (à gauche), directeur et Philippe Fages (à droite), président de Perlim Noix.
Jonathan Rhodes (à gauche), directeur et Philippe Fages (à droite), président de Perlim Noix. - © UP 19

La coopérative Perlim Noix tourne à plein régime. Il faut dire que la récolte 2013 n’est pas encore terminée. La faute à des conditions météos compliquées. Les machines ramassent difficilement sur un sol trempé les dernières noix, très humides. «Les machines de ramassage sont lourdes et ne peuvent pas fonctionner sur ce sol gras. Le ramassage serait mal fait et le sol endommagé», rapporte Philippe Fages. «On accumule les handicaps cette année», complète Jonathan Rhodes, le directeur de Perlim Noix.

 

2013 en demi-teinte

Un passage par le séchoir est indispensable avant que chaque coopérateur n’envoie ses noix vers la coopérative. «L’étape du séchage des noix est une étape primordiale. Cette étape va déterminer la qualité finale du produit», rapporte Philippe Fages. Chaque coopérateur est équipé d’un séchoir individuel. «Pour une année normale, il faut compter deux jours de séchage. Cette année, on en a pour trois à cinq jours», complète le directeur.

Les noix sont ensuite acheminées, en palox, de l’exploitation jusqu’à la coopérative à Saint-Aulaire. Un prélèvement pour le contrôle qualité est effectué à l’arrivée des noix. Puis

celles-ci sont triées avant emballage. «Les noix que l’on a récolté cette année sont de petit calibre car on a eu deux floraisons consécutives, mais tardives. Cette année, seulement 15% des noix ont un calibre supérieur à trente-deux millimètres, alors qu’en année normale, on en dénombre 70%. Le calibre standard de 2013 est une noix de moins de vingt-huit millimètres de diamètre», constate Monsieur Rhodes.

 

10% des ventes pour la France

Depuis trois ans, à cause des aléas de la météo, les récoltes en noix diminuent. Trois mille huit cents tonnes en 2011, deux mille neuf cents pour 2012, deux mille trois cents pour 2013. Il faut dire qu’entre un printemps froid et pluvieux et des orages de grêle qui ont frappé certains coopérateurs, la production en noix a été très amoindrie.

Le site de Saint-Aulaire sur lequel se trouve la chaîne de production traite, par jour, cent quatre-vingts tonnes de noix. Des clients essentiellement européens. En effet, seules 10 % des ventes sont faites au niveau national. Les 90 % restants concernent des pays comme l’Espagne, le Portugal ou l’Allemagne. «Tout est question de comportement alimentaire. Les français consomment peu de fruits secs, contrairement à des pays comme l’Espagne où les fruits secs font partie intégrante des habitudes culinaires», résume Jonathan Rhodes.

«50 % de nos ventes ont lieu avant Noël. Du coup, la fin d’année est toujours une période de très forte activité. Notre force est d’être en avance de six semaines sur notre principal concurrent, la noix californienne. On doit donc profiter de cette période pour rentabiliser au maximum cet avantage stratégique.»

Protégés contre la spéculation

Coopérative fondée à la fin des années 70, sous le nom de Lipequ (Limousin, Périgord, Quercy), Perlim Noix compte aujourd’hui plus de six cent cinquante coopérateurs pour deux mille six cents hectares de vergers. L’objectif actuel de la coopérative est de stabiliser ces terrains, tout en continuant une expansion progressive : cent cinquante nouveaux hectares ont été plantés. Une démarche qui s’inscrit sur le long terme car il faut laisser le temps au temps et s’armer de patience avant qu’un verger soit considéré comme productif.

En effet, il faut compter dix à douze ans pour que la production soit optimale dans le cadre de la Franquette, variété de l’AOP. Cependant, de nouvelles variétés ont vu le jour (Lara, Chandeleur et Fernor), et celles-ci peuvent fournir une production au bout de cinq à six ans. Le but étant d’anticiper les futurs départs en retraite et les vergers vieillissants. «Il faut compter entre huit mille et dix mille euros d’investissement pour planter un hectare. Et compte tenu du délai important avant d’avoir un retour sur investissement, cela nous protège de la spéculation au quotidien. On ne peut pas faire des noix comme cela, du jour au lendemain».

La coopérative avance donc sereinement, les cours sont bons et les noix françaises bénéficient de l’AOP, qui est un véritable atout pour la commercialisation.

Du bio, oui, mais…

 

Comme beaucoup de leurs semblables pour d’autres productions, la nuciculture n’a pas pu échapper à l’appel du bio. «On en fait mais c’est très compliqué. Les gens veulent manger plus sain, mais pas à n’importe quel prix. Les produits homologués pour le bio coûtent très chers. Du coup, c’est difficile de proposer une noix à un prix abordable» rapporte Philippe Fages. Actuellement, Perlim Noix compte cinq cents hectares de surfaces en bio. Cette année, la récolte bio sera de trois cent cinquante tonnes, contre seulement quarante en 2012. Une augmentation qui traduit la volonté de nombreux coopérateurs de se convertir.

Les noix bios sont vendues en sachets de différents calibres.

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