L'Union Paysanne 08 juin 2012 à 10h54 | Par Guillaume Demichel

Nuciculture - Les nuciculteurs ne souhaitent pas sortir de leurs coquilles

L’AOC noix et cerneaux du Périgord vient de fêter ses dix ans. Rencontre avec un producteur corrézien : Stéphane Mas.

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Stéphane Mas est éleveur de veaux de lait et nuciculteurs.
Stéphane Mas est éleveur de veaux de lait et nuciculteurs. - © Guillaume Demichel

«Cela fait 40 ans que nous produisons des noix. Mon grand-père en faisait, mon père également et j’ai naturellement voulu continuer», commence Stéphane Mas, nuciculteur à Liourdres. Plus encore qu’une question de perpétuer la tradition familiale, l’exploitant du GAEC du Champ de Mailhot travaille, depuis 2005, au développement de sa production. «Nous en faisions une dizaine de tonnes il y a 5 ans de ça, l’année dernière nous avons récolté 27 tonnes et nous espérons les 50 d’ici 2017». Un véritable challenge qui attend le jeune agriculteur deux des piliers de l’exploitation familiale, ses parents, auront, d’ici là, pris une retraite amplement méritée. «Aujourd’hui nous sommes quatre et c’est déjà difficile. Deux fois plus de production pour deux fois moins de bras, ce sera dur mais c’est une culture qui nous plaît».

 

194 producteurs en Corrèze

Une volonté qui confirme la bonne santé de la noix du Périgord qui vient de fêter le dixième anniversaire de son appellation d’origine contrôlée. En Corrèze, on compte 194 producteurs. Il y a ceux qui vivent entièrement de leur production avec des récoltes de 70, 100 ou 150 tonnes à l’année. Pour d’autres, il s’agit d’une ressource complémentaire. C’est le cas de Stéphane Mas, dont la production principale s’articule autour du veau sous la mère avec une quarantaine de têtes à l’année. «La noix est une culture facile à conduire avec des revenus intéressants. Il y a beaucoup de normes à respecter mais c’est aussi le gage de la qualité du produit à la sortie».

En effet, les critères de sélection pour les noix sont de plus en plus relevés et le processus de production a dû s’adapter aux exigences des acheteurs. «Nous devons toucher les noix le moins possible et les ramasser au bon moment. Les coopératives veulent des coquilles saines avec des cerneaux clairs. Le visuel a une importance capitale, plus qu’avant. Une noix qui reste un jour par terre est une noix souillée et le prix s’en ressent derrière». De fait, une fois les noix triées, des machines spécifiques prennent le relais des exploitants qui ne touchent plus le produit dès le démarrage du processus mécanisé.

 

Plutôt plus que moins

Autre fait à noter depuis quelques temps, les écarts de prix entre les variétés. «Avant, il n’y avait pas trop de différence mais depuis deux ans, certaines valent plus que d’autres». À Liourdres, Stéphane Mas produit de la Marbot et de la Franquette. «La première sert à la pâtisserie et la deuxième, plus haut de gamme, est plutôt destinée aux cerneaux. Bientôt, je souhaite faire de la Lara. C’est une noix verte qui n’a pas d’amertume et que l’on retrouve très tôt sur les marchés».

Le développement grandissant de la filière est un crédo partagé par l’ensemble des nuciculteurs. Stéphane Mas souhaite augmenter sa production tout en gardant celle des veaux de lait comme production principale. «De tous les gens que je connais qui font des noix, entre ceux qui s’installent et ceux qui en font déjà, tous voudraient en faire plus que moins car c’est une production économiquement stable (entre 2,40 € et 2,50 € le kilo)». Néanmoins, les nuciculteurs, comme l’ensemble des arboriculteurs corréziens, vont eux aussi connaître une année 2012 délicate. En effet, l’épisode de gel du 17 avril dernier a touché bon nombre de noyers sur le département et la commune de Liourdres n’a pas été épargnée. «J’estime entre 20 et

40 % de perte. Aujourd’hui, on peut voir les résultats car, sur le même arbre, il y a certaines pousses quatre fois moins grosses que d’autres».

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