L'Union Paysanne 09 novembre 2012 à 10h07 | Par Guillaume Demichel

Nuisible - Une réelle problématique qui possède ses solutions

Les blaireaux ont causé de nombreux dégâts dans les plantations de maïs du département. Les procédures de chasse existent, encore faut-il les connaître.

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Le blaireau est "nuisible" pour deux raisons : il est sensible à la tuberculose bovine et il dégrade les plantations de maïs.
Le blaireau est "nuisible" pour deux raisons : il est sensible à la tuberculose bovine et il dégrade les plantations de maïs. - © Guillaume Demichel

Ces dernières semaines, sur l’ensemble du département, il n’était pas rare d’entendre de nombreux professionnels déplorer les dégâts engendrés par les blaireaux sur les plantations de maïs. Pourtant, la réalité des chiffres montre que peu de victimes ont fait état de ces dégradations auprès des instances de l’Etat. «D’ici la fin de la période concernée, la Direction départementale des territoires aura fait la demande d’une dizaine d’arrêtés préfectoraux. C’est très peu», déclare Denis Delcour, DDT de la Corrèze.

Méconnaissance des solutions existantes ou des démarches administratives, difficultés et pénibilité de certaines procédures, cet état de fait peut s’expliquer de multiples façons. Malgré tout, la réalité départementale de la problématique «blaireau» n’est pas incontournable et de nombreux moyens peuvent être mis en œuvre pour combattre ce fléau naturel. «Les règles n’ont pas changé, il existe trois méthodes d’action : le déterrage, le piégeage et le tir de nuit».

Avant toute chose, en ce qui concerne le blaireau, il est nécessaire de rappeler deux éléments qui concernent l’espèce et qui alimentent son caractère «nuisible» pour le monde agricole en particulier. D’abord, le blaireau européen est sensible à la tuberculose bovine qu'il peut contracter à proximité d'élevages touchés et éventuellement propager aux animaux voisins. « En Corrèze, nous avons relevé deux foyers de tuberculose bovine qui sont en voie de rémission. Nous avons réalisé des prélèvements sur 14 blaireaux à proximité de ces foyers. Tous les résultats sont revenus négatifs», souligne Denis Delcour.

Deuxième phénomène, la recherche croissante d’autonomie alimentaire voulue par de plus en plus d’agriculteurs. «Il y a de plus en plus de plantations de maïs sur les parcelles et le blaireau est très friand de cette céréale. Ces deux paramètres font que le blaireau est aujourd’hui devenu une réelle problématique, davantage qu’il y a quelques années». «Les agriculteurs ne doivent plus être pénalisés sous prétexte qu’ils veulent produire des céréales pour leurs exploitations. Tout ce qui est fait est nécessaire, les bons résultats des analyses que nous avions demandés en fin d’année dernière le prouvent, mais ce n’est pas suffisant. Aujourd’hui, une déclaration de dégâts doit aboutir à une indemnisation pour les exploitants et ce n’est pas le cas», commente le président de la FDSEA, Tony Cornelissen.

 

Une situation maîtrisée

«Le blaireau est un gibier que l’on peut chasser huit mois sur douze. A des dates fixes du 15 septembre au 15 janvier et cela peut être prolongé du 15 mai au 15 septembre dans le cadre d’opérations de déterrage. Nous encourageons la pratique du déterrage autour des élevages même si c’est une pratique pénible, compliquée et parfois dangereuse pour les chiens qui entrent dans les galeries. Il ne s’agit pas d’éradiquer l’espèce mais de réguler au mieux là où il y a des dégâts», explique le DDT de la Corrèze.

A côté de cette méthode existent deux autres procédures permettant d’éliminer ces animaux. «Un simple signalement à la DDT et nous faisons signer un arrêté préfectoral dans la journée pour des interventions gratuites de piégeage ou de tir de nuit, pratique pour laquelle les lieutenants de louveterie suivront prochainement une formation. Aujourd’hui la situation est maîtrisée mais il faut reconnaitre qu’il y a eu un peu de retard à l’allumage». Dernièrement, tous les acteurs concernés ont en effet signé un protocole d’intervention cadre concernant le blaireau. «Les professionnels doivent savoir que les autorités ont pris le problème en compte et sont fortement mobilisées pour aider tous ceux qui le demandent».

 

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