L'Union Paysanne 03 février 2021 a 11h00 | Par P. Dumont

OBJECTIFS.Tirer les enseignements de 2020

La semaine passée, Luc Servant, fraîchement élu à la tête de la Chambre régionale d’Agriculture était à Limoges accompagné de Pascal Lerousseau et Tony Cornelissen pour tirer le bilan de l’année 2020 et évoquer les projets pour 2021.

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Ne dérogeant pas à la règle instaurée par son prédécesseur, le nouveau président de la CRANA a convié la presse en ce début d’année pour un point d’étape. Pour ce premier rendez- vous, il s’était entouré de Tony Cornelissen et de Pascal Lerousseau, présidents des Chambres de Corrèze et de Creuse.

En préambule, Luc Servant a réaffirmé la poursuite des travaux déjà engagés par la CRANA et même leur accélération car « les projets en cours trouvent tout leur sens dans le contexte actuel », a-til souligné. La crise sanitaire de 2020 a en effet laissé des traces. « Même si les conséquences sont moins dramatiques que dans d’autres secteurs, nous avons observé un changement de comportement des consommateurs avec des arrêts et des redémarrages de consommations brutaux», confie l’élu. Retour à une consommation de fruits et légumes plus locale, consommationde steak haché en forte croissance pendant le premier confinement au détriment des quartiers nobles, … il est nécessaire de tirerles enseignements de ces constats. «

Des démarches en grande distribution ont permis de redresser la consommation de viande ovine mise à mal à Pâques, détaille Luc Servant. Des Projets Alimentaires Territoriaux émergent. La loi EGAlim prévoit l’approvisionnement de la RHD en produits bio et locaux à hauteur de 50%. Il faut accompagner ces démarches, adapter nos modes de distribution ». Autre écueil de taille l’an passé: les caprices du climat. Là encore toutes les productions ont été impactées notamment
les productions végétales. La production de céréales a ainsi chuté de 40 à 60% faisant de 2020 la plus mauvaise année depuis vingt ans. La moindre récolte de fourrages affecte également les productions animales déjà à la peine. « La conjoncture en bovins viande est très difficile, précise Pascal Lerousseau. Les broutards peinent à partir et si rien n’est fait la production de taurillons ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Il faudrait que la loi EGAlim fonctionne or pour l’heure, nous n’avons pas obtenu grand-chose ... ».

La place de l’agriculture dans le changement climatique est aussi au coeur des préoccupations. « L’agriculture est la première victime du changement climatique quoi qu’on en dise, rappelle Tony Cornelissen. Il est question de transition or c’est un terme peu adapté pour nos territoires déjà vertueux. Il faut rémunérer les pratiques vertueuses et pas seulement accompagner la transition ». L’agriculture peut apporter des solutions en matière de biodiversité et d’atténuation des émissions de carbone. La CRANA souhaite ainsi accompagner les agriculteurs dans leur prise de risques avec un prérequis: le maintien de la production et des revenus. Avec aussi un bémol : le changement doit aussi être le fait de tous, pas uniquement des agriculteurs. Les élus surveillent également avec intérêt la mise en place du plan de relance, conscients que des opportunités doivent être saisies. «Il faut rebondir maintenant, après la crise, il est souvent trop tard » conclut Tony Cornelissen.

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