L'Union Paysanne 23 août 2013 à 00h00 | Par CHRISTOPHE CAPY et RZ

Orages - Les agriculteurs corréziens unis dans l’adversité

Une réunion réunissant l’ensemble des agriculteurs touché par les violents orages des semaines précédentes s’est tenue le jeudi 8 août à la salle polyvalente de Lubersac. La réunion avait pour but de prendre conscience de l’ampleur des dégâts et des zones sinistrées.

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Les filets de protection ont rompu sous le poids de la grêle et n’ont pas pu protéger l’ensemble de la récolte.
Les filets de protection ont rompu sous le poids de la grêle et n’ont pas pu protéger l’ensemble de la récolte. - © Christophe Capy - RZ

Les uns après les autres, les agriculteurs des cantons de Lubersac et de Juillac, qui ont été les plus touchés, ont pris la parole. Certains expriment leurs inquiétudes, d’autres leur désarroi. Mais tous s’accordent sur le fait que ces orages sont un nouveau coup dur pour leur profession. Sans compter sur ceux qui n’ont pas pu se libérer pour assister à ce rassemblement. Une réunion à l’initiative de la Fdsea de la Corrèze, et plus particulièrement du président de syndicat local de St Julien le Vendômois, René Cubertafon. Le président, Daniel Couderc et Michel Queille, secrétaire général de la Fdsea 19 étaient présents aux côtés de Christophe Capy, technicien de la Chambre d’Agriculture et Yves Fayolle, président du syndicat local de Concèze et délégué de la commission calamité.

L’heure était donc au constat. Recenser commune par commune les dégâts des agriculteurs. Et que chacun puisse s’exprimer et se sentir moins seul face à ces conséquences climatiques. Les agriculteurs sinistrés peuvent solliciter un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti pour les parcelles touchées par la grêle. Une demande collective sera formulée par la FDSEA de la Corrèze auprès des services fiscaux. Il est également conseillé aux sinistrés de demander une prise en charge de cotisations sociales à leur caisse de Mutualité sociale agricole. En effet, elles mobiliseront à cet effet l’enveloppe de crédits d’action sanitaire et sociale qui leur est allouée.

 

Quelques jours après les averses de grêle, les premières répercussions se voient dans les vergers, les pommes mâchées se pourrissant.
Quelques jours après les averses de grêle, les premières répercussions se voient dans les vergers, les pommes mâchées se pourrissant. - © Christophe Capy - RZ

Des productions amputées

De nombreuses parcelles de céréales ont été touchées par la grêle. Certains agriculteurs ont perdu les trois quarts de leur récolte à cause des chutes de grêle. Une problématique inquiétante quand l’on sait que certains d’entre eux sont des éleveurs naisseurs engraisseurs et que ces cultures devaient servir à nourrir leur bétail. «Nous avons été touché deux fois par la grêle, la première fin juillet a entrainé 15% de perte sur le blé, puis celle du 3 août a été encore plus ravageuse en nous faisant perdre jusqu’à 80% de notre récolte. Les épis paraissent intacts mais lorsqu’on les effeuille, force est de constater qu’il ne reste plus que trois ou quatre grains dans chaque. Le reste étant tombé au sol» rapporte Pascal, un agriculteur, installé à Ségur-Le-Château.

Une situation compliquée et difficile qui va amoindrir considérablement leurs récoltes. Jean-Louis, agriculteur du canton de Lubersac a battu vendredi 2 août avant l’orage, puis lundi après ces intempéries. Il constate que «vendredi, on tournait à environ soixante-dix quintaux, deux jours après, il n’y avait plus qu’un rendement de quarante quintaux.» La principale inconnue repose sur le maïs car il faut attendre plusieurs jours avant d’en constater les éventuelles conséquences et pertes.

 

Certains champs de maïs ont été ravagés lors des orages. Un constat du dommage devra se faire plus tard pour réellement savoir le niveau de perte.
Certains champs de maïs ont été ravagés lors des orages. Un constat du dommage devra se faire plus tard pour réellement savoir le niveau de perte. - © Christophe Capy - RZ

Les pomiculteurs de nouveau touchés

Les pomiculteurs ont aussi été victime des intempéries. Déjà fortement handicapé du gel la saison passée, la récolte 2013 s’annonce à nouveau difficile. Malgré la présence de filets, beaucoup de structures ont lâchées, et plusieurs arbres ont été touchés même en plein milieu des rangs. Une nouvelle désillusion qui pousse plusieurs arboriculteurs à une résignation bien compréhensible. «Nous avons perdu toute notre récolte 2013 de pêches et de prunes» rapporte Stéphanie, installé sur Objat. Un constat encore plus amer pour Clarisse, jeune agricultrice, installée à Juillac depuis Janvier seulement. «J’ai cinq mille mètres carré de cultures maraîchères qui ont été détruites à 80%.» Les bâtiments ont également été affectés comme les serres fruitières ou pépinières et dont les coûts de réparation seront considérables.

 

RAPPEL DES FAITS

Plusieurs productions fruitières ou céréalières corréziennes ont donc été touchées par une série d’orages, accompagnée d’averses de grêle, qui se sont abattus sur le département dans la nuit du 2 au 3 Août, mais aussi le 7. Des grêlons de la taille de balles de ping-pong ont ravagés en l’espace de quelques minutes plusieurs cultures. Les communes de Beyssenac, Saint Julien le Vendômois, Ségur le Château, ou encore Juillac ont été les plus touchées par ces intempéries.

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