L'Union Paysanne 04 mai 2022 a 10h00 | Par Renaud saint-André

OUTIL. Le robot, compatible en AOP et en bio

À Mauriac, Jérôme Merlin produit un lait répondant à des cahiers des charges exigeants, avec un robot de traite.

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Gaëtan Maurice et Jérôme Merlin contrôlent depuis la fosse, alors qu'une vache se fait traire sur le robot entièrement automatique, particulièrement compact.
Gaëtan Maurice et Jérôme Merlin contrôlent depuis la fosse, alors qu'une vache se fait traire sur le robot entièrement automatique, particulièrement compact. - © dr

Depuis 1998 qu'il est installé, Jérôme Merlin a peu à peu transformé l'exploitation du Reyt, à Mauriac. Le troupeau mixte est devenu exclusivement laitier dès 2000 et, à la faveur d'un agrandissement, une salle de traite de dix postes était installée. Mais depuis septembre 2020, un petit nouveau a fait son apparition : le robot.

« C'est moins d'astreinte, on gagne du temps et aussi en confort de travail », justifie l'éleveur qui souffrait du dos. La mise en service d'un GEA DairyRobot R.9500 a donné raison à Jérôme Merlin. « Il répond parfaitement Tout juste a-t-il fallu une petite période d'adaptation : « Au début, les vaches y passaient trop souvent avec trop peu de lait. D'où un petit souci de lipolyse. Mais elles ont vite compris et tout est rentré dans l'ordre. » La qualité, mais aussi les volumes, sont identiques à ceux que fournissait la salle de traite. Mieux, une expérience conduite ici a démontré une baisse des volumes lors d'un retour en salle de traite. Et bien sûr, le robot - pour peu que les animaux puissent facilement pâturer - est compatible avec les exigeants cahier des charges bio et AOP dans lesquels l'EARL du Reyt est engagée.

Compact et complet

« J'ai regardé plusieurs modèles et j'ai fait confiance à Vialtraite avec qui je travaille depuis toujours. Mes exigences, c'était la vitesse de branchement, un appareil simple à piloter et compact qui puisse tenir dans les 70 m2 alloués aussi à la laiterie et au bureau. » Mission accomplie, avec seulement 1,55 m x 3,50 m et, en prime, une fosse pour, en cas de souci, accéder facilement aux trayons. À ses côtés, Gaëtan Maurice « boit du petit lait » : commercial chez Vialtraite, c'est à lui que l'éleveur a fait confiance.

« M. Merlin a opté pour le seul modèle du marché capable de trier quartier par quartier », précise-t-il. Ainsi, le lait de trois quartiers peut partir au tank (via un refroidisseur en amont pour économiser de l'énergie) et le quatrième - qui a un problème de cellules, par exemple - dans une collecte à part, qui récupère aussi le colostrum. Gaëtan Maurice précise aussi que le DairyRobot choisi ne nécessite pas de paramétrages de la caméra et que le même manchon sert au lavage, à la traite et la désinfection. Bien sûr l'intégralité du lait est analysée et les intervalles calculés (la porte s'ouvre mais l'animal est reconduit directement à la pâture). Enfin, réputé très solide, le robot de l'EARL du Reyt s'avère en plus particulièrement silencieux...

Le robot dans la poche

Quant au « tableau de bord », qui permet de suivre toutes les mesures et analyses, il s'affiche en temps réel sur l'ordinateur de Jérôme Merlin, mais également sur son smartphone, où qu'il se trouve. « Le nombre de traites par jour, la moyenne des volumes, surveiller les retards, les courbes d'alimentation », détaille l'éleveur qui suit avec attention les performances individuelles de chacune de ses vaches. Selon le commercial de Vialtraite, ce type d'équipement est pertinent pour un troupeau allant de 45 à 55 vaches. Sur les sept exploitations du Cantal qui en sont équipées (et deux en cours d'installation) les plus gros cheptels ont opté pour deux robots. C'est le cas du Gaec de la Rose des Vents, à Vabre, où une journée porte ouverte sera organisée le 12 mai.

L'éleveur a accès à toutes les données - vache par vache, quartier par quartier - depuis son ordinateur, mais aussi où qu'il soit sur son smartphone.
L'éleveur a accès à toutes les données - vache par vache, quartier par quartier - depuis son ordinateur, mais aussi où qu'il soit sur son smartphone. - © DR

L'exploitation
L'EARL du Reyt, à Mauriac, compte 126 ha (dont 46 en estives à Trizac et 44 ha autour du bâtiment) pour 50 vaches laitières et autant de génisses de 6 mois à deux ans. Jérôme Merlin produit 250 000 litres de lait bio, valorisé en AOP par la fromagerie corrézienne Duroux.

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