L'Union Paysanne 25 mars 2011 à 10h53 | Par P. Dumont

Ovins - Les prochains chantiers de la filière ovine

Contractualisation, FCO, traçabilité, Pac et Reconquête étaient à l’ordre du jour de l’assemblée générale de la Fédération régionale ovine du Limousin le 16 mars à Chamborand (23).

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Contractualisation, identification et FCO à l’ordre du jour de l’assemblée générale de la FRO Limousin.
Contractualisation, identification et FCO à l’ordre du jour de l’assemblée générale de la FRO Limousin. - © DR

«Aujourd’hui les indicateurs sont au vert » indiquait Serge Préveraud, président de la Fédération nationale ovine en guise d’introduction au conseil d’administration de la FRO Limousin qui s’est déroulé mercredi dernier en Creuse. Pas question pour autant pour la filière de se reposer sur ses lauriers. «La priorité était de rétablir les aides, ajoutait-il. Aujourd’hui, c’est fait. Il nous faut désormais travailler sur le prix, les aspects techniques et l’installation». Dans le détail, la contractualisation mais également la traçabilité, les questions sanitaires et la Pac 2013 ont été abordés.

Au préalable, l’Institut de l’élevage a fait le point sur la situation du marché. Les cours de l’agneau français ont subi une chute importante début 2011 après une bonne fin d’année. La situation se stabilise au mois de mars. Les abattages se maintiennent au niveau de 2009 et le poids moyen des carcasses augmente légèrement (+1% soit 17,8kg). Après trente ans de chute, le cheptel français est aujourd’hui quasiment stable. Du côté des importations, on observe un tassement en viande comme en vif. Royaume-Uni, l’Irlande et Nouvelle-Zélande, traditionnellement exportateurs, sont en difficulté. Enfin, au niveau de la consommation, les achats des ménages ont reculé de 6 % en 2010, la production française représentant 43 % de la consommation.

Si 2010 a vu se concrétiser la possibilité pour les éleveurs de vacciner eux-mêmes contre la FCO, des problèmes demeurent. Les tarifs restent élevés, un seul vaccin étant disponible sur le marché. Depuis novembre et après de nombreuses protestations de la FNO contre le monopole du laboratoire, trois vaccins sont désormais disponibles. Aux côtés du Mérial (de 3,4 à 4 €/dose en bivalent), on retrouve désormais le Pfizer (1,20 €/dose en monovalent) et le Calier (annoncé aux environs de 1 €/dose en bivalent). Disponibilité théorique, puisqu’aucune commande n’a été passée auprès de Calier. Les vétérinaires peuvent cependant se le procurer via leur centrale d’achats. Les responsables de la FRO ont insisté sur la nécessité de vacciner. Faute de vaccination, l’Etat ne prendrait à sa charge aucune indemnisation en cas de problème.

S’agissant de l’identification électronique et de la traçabilité, Serge Préveraud a rappelé les prochaines échéances. Le report des numéros individuels des reproducteurs nés après le 1er juillet 2010 sur le document de circulation et la notation dans le registre d’élevage sont obligatoires depuis le 1er janvier 2011. La notification des mouvements avec la liste des numéros individuels en base de données pour tous les animaux bouclés, initialement prévue au 1er juillet 2011, est repoussée d’un an. Autre question abordée, le seuil de tolérance des problèmes d’identification fixé à quatre brebis avant pénalité. Pour être plus juste, le seuil devrait être un pourcentage du troupeau total à l’image de ce qui est pratiqué dans la production bovine.

L’année 2010 aura également été l’année de la LMA et de la contractualisation. La nécessité de se regrouper pour de meil-leurs prix est aujourd’hui plus que jamais évidente. Les débats n’ont pas toujours été faciles, de l’aveu même du président de la FNO, cependant la filière ovine est fière d’être actuellement la seule à avoir conclu des accords interprofessionnels. Le premier concerne la majoration de 3 € de l’aide à la brebis. Elle est accessible aux éleveurs adhérents à une OP commerciale ou en cas de vente d’au moins 50% de la production à une même OP et sous réserve de la transmission d’un prévisionnel de mise en marché. Avec l’accord, de nouvelles dispositions sont prévues pour la vente en circuit court ou pour les agneaux notamment. Le second accord interprofessionnel porte quant à lui sur les clauses obligatoires des contrats.

Enfin, la future Pac cause des inquiétudes à la filière ovine. Si le verdissement du premier pilier comporte peu de risques pour l’élevage ovin, les premières cartes européennes de zonage sont moins encourageantes. Au niveau budgétaire, la situation financière de nombreux Etats membres ne laisse guère présager d’augmentation.

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