L'Union Paysanne 27 juin 2014 à 08h00 | Par FNSEA

Phyto - Stop aux contraintes !

Ces derniers mois, des évènements médiatiques ont mis, une nouvelle fois sur la sellette, les pratiques des agriculteurs, en particulier en matière de protection des cultures. Un incident en Gironde a remis sur le devant de la scène la question de l’épandage.

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Interdire l'épandage à moins de deux cents mètres d'une habitation exclurait 47 % de la surface agricole en Corrèze.
Interdire l'épandage à moins de deux cents mètres d'une habitation exclurait 47 % de la surface agricole en Corrèze. - © RÉUSSIR S. LEITENBERGER

Surfant sur la vague de ce dernier épisode, la Ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a ainsi déclaré qu’elle souhaitait, avec le Ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, interdire les épandages «à moins de 200 mètres des écoles». De leur côté, les Sénateurs, travaillant sur le projet de loi d’avenir pour l’agriculture, ont voté un amendement qui conduit à demander au Ministre de l’agriculture d’interdire l’utilisation des produits phytosanitaires à une certaine distance des lieux publics, mais aussi de toute habitation.

Bien sûr, il faut respecter les bonnes pratiques face aux risques de dérive des produits phytosanitaires auprès de ces lieux proches des activités agricoles. Mais interdire la culture sur des milliers d’hectares, voire des millions d’hectares, parait incompréhensible. C’est tout un pan de l’économie qui est menacé par ces décisions prises sous la pression de la médiatisation, plutôt que par raisonnement.

Si cet amendement est voté, treize millions d’hectares sortiraient de la production agricole. Pour préserver la sécurité de tous, en particulier à proximité des écoles, la Fnsea admet que des mesures techniques d’anti-dérives et de bonnes pratiques soient prises, mais la profession est fermement opposée à toute introduction de distances sans traitement.

Les contraintes administratives et règlementaires s’additionnent chaque jour ; pas une semaine sans une «innovation» qui est un boulet de plus et un frein au «made in France», sans une con-damnation d’agriculteurs sur leurs pratiques.

L’arrêté ministériel du 12 septembre 2006 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytosanitaires impose aux utilisateurs de ces produits de mettre en place des mesures pour éviter leur entraînement hors des parcelles ou des zones traitées. Dans ce cadre, toute pulvérisation ou poudrage est interdite dans des conditions de vent fort ou supérieur à une vitesse de 3 sur l’échelle de Beaufort soit 19 km/h au maximum.

De très nombreux pulvérisateurs sont équipés de buses anti-dérives. Des chartes de bonnes pratiques phytosanitaires ont été élaborées dans certaines filières et/ou sur certains territoires. Il est d’ailleurs essentiel de rapporter que l’incident en Gironde vient d’une utilisation dans des conditions non appropriées (vent fort) de produits autorisés en agriculture biologique contre l’oïdium et le mildiou par une exploitation viticole bio.

En Corrèze

Le traitement d’un tampon de deux cent mètres autour du bâti en Corrèze se traduit par une exclusion de 47 % de la surface agricole départementale. Avec deux cent mètres, la superficie soustraite est de 104 243 ha de SAU sur les 222 298 ha de SAU corrézienne.

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