L'Union Paysanne 12 avril 2013 à 09h38 | Par Guillaume Demichel

PMBE - Une victoire partielle mais une victoire avant tout

La FRSEA et les JA ont obtenu gain de cause auprès du ministère pour une hausse de la dotation régionale sur le Plan de modernisation des bâtiments d’élevage.

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Les responsables syndicaux devant la Draaf.
Les responsables syndicaux devant la Draaf. - © Guillaume Demichel

2013 est la dernière année du dispositif actuel PMBE (Plan de modernisation des bâtiments d’élevage). Avec une dotation en baisse de 30 % sur 2013, l’Etat avait affiché un signal très négatif aux éleveurs limousins. Après des semaines de négociations pour revoir cette dotation à la hausse, la FRSEA et les JA du Limousin ont finalement été entendus. Tout du moins partiellement entendus. «Au départ, l’Etat s’était complètement désengagé de sa promesse d’une enveloppe supplémentaire, faite à la veille du dernier congrès de la FNB. Ce contexte nous l’avons rappelé lors de nos interventions devant la directrice régionale de l’Agriculture, Anne-Marie Boulengier», explique le président limousin des JA, Fabien Romanet, à la sortie de l’instance régionale, à Limoges.

Face à la mobilisation du ven-dredi 5 avril devant les portes de la Direction régionale de l’agriculture, Anne-Marie Boulengier a en effet annoncé aux représentants de la FRSEA et des JA qu’au regard de la situation difficile des exploitant limousins, dont les revenus sont les plus faibles de France, le ministre de l’Agriculture Stéphane le Foll a décidé de procéder à un abondement d’enveloppe en Limousin sur le PMBE, à hauteur de 250.000 euros sur des fonds d’Etat et de 700.000 euros sur des crédits européens (Feader). «C’est une satisfaction, surtout en ce qui concerne les crédits d’Etat qui permettent d’activer les crédits Feader», souligne Fabien Romanet.

 

Une action syndicale pour des actions d'investissement et de développement justifiées.
Une action syndicale pour des actions d'investissement et de développement justifiées. - © Guillaume Demichel

Gagner en compétitivité

«Il était primordial que la dotation du Limousin soit revue à la hausse, d’une part pour que l’ensemble des exploitants puisse gagner en compétitivité en se dotant d’outils de productions adaptés mais aussi pour que, d’autre part, l’Etat reconnaisse enfin l’importance de soutenir au mieux les éleveurs, après le retrait de ses engagements sur l’aide à l’engraissement de jeunes bovins», ajoute le président de la FRSEA du Limousin, Bruno Gausson. «C’est un engagement concret qui permettra aux agriculteurs d’aller de l’avant et de mener des projets de restructuration indispensables à la ferme limousine. Maintenant, la Draaf a promis qu’il y aurait un peu plus que les dossiers JA prioritaires initialement prévus, mais malgré nos demandes nous

n’avons toujours pas de chiffres à ce sujet et c’est dommage», complète Fabien Romanet.

Conscients que cet abondement n’est que partiel, les représentants FRSEA et JA restent mobilisés pour faire entendre à Stéphane Le Foll, dont la venue est annoncée en Limousin d’ici le mois de juin, que des solutions devront être trouvées pour soutenir durablement l’élevage. Ils invitent également le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, à l’accompagner afin qu’il puisse ainsi porter son attention aux forces vives de l’agriculture, véritable moteur de l’économie française.

FDSEA 19-JA 19

Plus 950 000 € pour le PMBE : il faut savoir donner pour recevoir

 

L’agriculture et ses emplois connexes pèsent de tout leur poids sur les différentes strates économiques territoriales. Tel est, entre autres, l’argument mis en avant pour justifier la nécessité d’abonder l’enveloppe régionale du PMBE (Plan de modernisation des bâtiments d’élevage). Ainsi, l’union entre aînées «FDSEA» et benjamins «JA» a encore une fois porté ses fruits et le lobbying destiné à influencer directement l’Etat pour venir en partie soutenir l’élevage commence à être reconnu par ce dernier. En effet, les différentes actions syndicales ont permis un abondement de la mesure PMBE de neuf cent cinquante mille euros. Toutefois, même si les syndicats FDSEA-JA se félicitent de cette avancée dans la conjoncture économique actuelle, ce supplément permet juste de ramener le montant des crédits destinés à la modernisation au niveau de 2012, montant insuffisant pour couvrir l’ensemble des besoins.

Pourtant, il est possible d’obtenir de nouveaux crédits en sollicitant les fonds européens et pour cela le Conseil régional doit intervenir sur le principe du «donnant-donnant : je donne un, pour recevoir un», jouant ainsi le rôle de co-financeur. Il serait surprenant que les élus concernés ne prennent pas les bonnes décisions en faveur de l’agriculture, pilier de l’économie départementale et limousine. En cas contraire, les professionnels de la FDSEA et des JA sauraient le leur rappeler.

 

En panne de croissance

Ramener le déficit public à moins 3 % du PIB, tel était l’objectif avoué du gouvernement courant 2012, avant que l’INSEE rapporte des chiffres moins « optimistes » en annonçant, fin février, un recul de l’économie française de 0.3 % entrainant la France (au bord de la récession) à boucler l’année 2012 sur une croissance nulle.

Un vrai dilemme sur fond de stratégie économique s’oppose à l’exécutif, investir ou économiser ? L’augmentation des besoins sur des mesures comme le PMBE démontre bien que l’agriculture, elle, a fait le choix de l’investissement. De plus, la seule prévision implacable est l’accroissement de la population mondiale et de fait celle des besoins de denrées alimentaires.

Alors, faut-il rajouter de la rigueur à la rigueur et stopper dans son élan le secteur agricole, secteur d’avenir, moteur de croissance et d’emplois ? Ou encourager l’agriculture, soutien fidèle d’une France malade ?

 

VS-FDSEA19

 

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