L'Union Paysanne 22 juin 2012 à 10h30 | Par P. Dumont

pomiculture - «Aucun arboriculteur ne doit rester sur le bord de la route»

Presque deux mois jours pour jour après la nuit de gel qui a précipité les producteurs de pommes dans la tourmente, Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA est venu constater l’ampleur des dégâts en Haute-Vienne à la demande des FDSEA locales. De nombreux arboriculteurs de Corrèze, de Haute-Vienne et de Dordogne avaient fait le déplacement.

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Jérôme Despey s’est rendu à Caussac-Bonneval.
Jérôme Despey s’est rendu à Caussac-Bonneval. - © P. Dumont

C’est à Coussac-Bonneval, sur le verger de Patrice Blanchet que Jérôme Despey est venu rencontrer les pomiculteurs sinistrés suite au gel d’avril. CRAL, JA, Crédit Agricole, MSA, l’ensemble des organisations professionnelles agricoles était présent. Conduit par l’arboriculteur et les présidents des FDSEA de Haute-Vienne, Corrèze, Creuse et Dordogne sur le verger, Jérôme Despey a pu se rendre compte de la gravité de la situation. «Le verger est touché à pratiquement

100 %, témoigne le secrétaire général adjoint de la FNSEA. Il faut tout mettre en œuvre pour venir en aide à l’arboriculture.»

De l’aide, les pomiculteurs en auront en effet bien besoin et nombreuses sont leurs inquiétudes. A ce jour, la somme nécessaire pour permettre l’entretien et le redémarrage des vergers l’an prochain est estimée à 10000 €/ ha. Or, l’indemnisation attendue au titre des calamités agricoles devrait être inférieure à 5000 €/ ha. D’autre part, les arbres de moins de 4 ans ne sont pas concernés par l’indemnisation. Enfin, de nombreux arboriculteurs ont également une autre activité, généralement l’élevage. Cette double activité qui permet d’assurer un revenu sur une activité lorsque l’autre est dans une mauvaise passe, les exclut bien souvent du dispositif des calamités agricoles.

Jérôme Despey a ainsi pu prendre toute la mesure du problème et a assuré les producteurs du soutien de la FNSEA. «3000 ha de verger sont touchés sur les quatre départements. Pas seulement de pommes, mais aussi de poires, de noix, de châtaignes,… déclare Jérôme Despey. Il n’est pas pensable que des outils puissent disparaître suite à un aléa climatique. Nous devons soutenir les producteurs et les coopératives.» Il s’est engagé dans les semaines à venir à relayer les demandes des arboriculteurs au niveau national (Cf. interview). Producteur de vin dans l’Hérault, Jérôme Despey a également tenu à préciser que le système des calamités, même s’il n’est pas parfait, est malgré tout préférable à un système assurantiel coûteux et qui ne couvre pas toujours tous les risques.

Présents lors de la visite, les services de l’Etat, conscients de la difficulté dans laquelle se trouvent les arboriculteurs, ont assuré être également mobilisés sur les solutions à mettre en œuvre.

Attendu sur un verger du Lot-et-Garonne en milieu d’après-midi, Jérôme Despey a quitté les arboriculteurs limousins et périgourdins en toute fin de matinée.

 

«Nous devons soutenir les pomiculteurs»

 

«Depuis l’épisode de gel qui a durement frappé les arboriculteurs de Corrèze en avril dernier, la FDSEA met tout en œuvre pour venir en aide aux producteurs touchés.

Dès le lendemain, nous avons engagé une procédure pour la reconnaissance des calamités agricoles et à notre demande, la DDT de Corrèze a effectué une évaluation des pertes subies.

La FDSEA s’est également rapprochée de la Dirrecte pour qu’une mesure de chômage partiel abondée soit mise en place et ce pour simplifier au maximum les démarches administratives des arboriculteurs.

Le verdict est clair : 90 à 95 % de la récolte 2012 est anéantie. Les producteurs de pommes et toute la filière est dans une situation critique. Nous devons les soutenir.

Nous avons sollicité l’appui de la FNSEA. Jérôme Despey, le secrétaire national adjoint est venu à la rencontre des arboriculteurs. Il a pu constater de lui-même l’étendue des dégâts et le désarroi des producteurs. Il a pu apprendre de leur bouche la gravité de la situation dans laquelle ils se trouvent.

Nous mobilisons toutes nos forces pour aider les pomiculteurs dans l’épreuve laquelle ils font face aujourd’hui. Nous devons préserver la filière pommes en Corrèze, une filière diversifiante, de qualité, génératrice d’emplois.»


Tony Cornelissen

 

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