L'Union Paysanne 12 janvier 2022 a 08h00 | Par La rédaction

PRÉDATION. Nous refusons d'attendre sagement le carnage !

Au travers d'un communiqué diffusé le 23 décembre, la FDSEA affirme son refus de participer à une gestion administrative du loup et rappelle les demandes déjà formulées à l'Etat.

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Depuis longtemps, les éleveurs corréziens appréhendent le jour où, le loup, après quelques apparitions, décidera de s'en prendre aux troupeaux. Nous y sommes et c'est un jour funeste.

Heureusement, la réponse de l'administration fut immédiate: une réunion de la cellule de veille loup est prévue le 25 janvier. Nous voilà rassurés : nous allons pouvoir assister à une succession de réunions pour y tenir les comptes ! Des comptes qui serviront à déterminer un nombre de loups à prélever, suffisamment faible pour que son installation soit durable. Des comptes réalisés par l'OFB et qui seront, comme partout en France, largement sous-estimés. Peut-être tiendrons-nous aussi les comptes des pertes économiques engendrées par le loup. Des pertes qui, rappelons- le, ne sont compensées que partiellement et financées par les agriculteurs eux-mêmes. Un comble !

Tout cela n'est que du vent !

Nous ne voulons pas d'une gestion administrative du loup mais des solutions pour protéger les éleveurs et leurs familles. Nous estimons avoir le droit de travailler dans la sérénité et en sécurité. Nous n'acceptons pas de voir nos bêtes mourir sans possibilité d'agir. Et nous n'envisageons pas, comme certains l'évoquent déjà, de rompre avec le pastoralisme et de conserver nos animaux en bâtiments toute l'année.

Nous refusons d'attendre sagement le carnage !

Compte-tenu des spécificités de notre territoire, (fort boisement, parcellaire mité, gestion extensive et pastorale avec des troupeaux disséminés et des naissances en plein air), les mesures de protection et de lutte seront encore plus couteuses et inefficaces qu'ailleurs.

Si l'Etat doit agir, c'est en mobilisant tous les acteurs (chasseurs, lieutenants de louveterie, éleveurs, et militaires s'il le faut) et en leur donnant les moyens matériels et réglementaires adéquats.

Un seul objectif : zéro attaque sur les troupeaux domestiques.

Tout autre objectif ne pourra être perçu que comme du mépris envers les éleveurs et le monde rural en général. Car les malheurs vécus par nos collègues d'autres départements nous le confirment : pastoralisme et prédation sont tout simplement incompatibles. Que ceux qui prônent la cohabitation aient le courage d'assumer qu'ils préfèrent le loup à l'éleveur.

Il n'y a pas de troisième voie.

Du point de vue légal, cela passe à minima par la reconnaissance du territoire Limousin en tant que zone difficilement protégeable, demande qui fut adressée au gouvernement fin octobre par la FDSEA et la Chambre d'agriculture.

Cela passe aussi par une batterie de mesures administratives et d'évolutions réglementaires que nous avons adressées à la Préfète le 15 octobre dernier.

La prolifération du loup met en péril une filière d'élevage particulièrement vertueuse, le pastoralisme, qui répond clairement à une demande sociétale : entretien des paysages, prévention contre les risques naturels (incendies/avalanches), préservation de la biodiversité et pratique de l'élevage à l'herbe en plein air des troupeaux.

Ne négligeons pas non plus la dégradation des conditions de travail liées à la présence du loup qui génère des traumatismes irréversibles sur la santé de éleveurs et celle de leur famille.

Il parait que certains parisiens dorment mieux en sachant que le loup évolue sur ce qui est devenu leur terrain de jeu. Mais qui se soucie de l'éleveur qui ne dort plus ?

FDSEA19

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