L'Union Paysanne 02 mars 2012 à 09h39 | Par S. Giraud

Production laitière - Organisation, interprofession et coopération…

La FNPL achève en ce moment son tour des régions. La semaine dernière, son secrétaire général, Thierry Roquefeuil est allé à la rencontre des producteurs d’Auvergne et du Limousin.

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De gauche à droite : Yannick Fialip, Thierry Roquefeuil et Michel Lacoste.
De gauche à droite : Yannick Fialip, Thierry Roquefeuil et Michel Lacoste. - © Sophie Giraud

Avant le rendez-vous de Verdun, où la FNPL tiendra son congrès, les 14 et 15 mars prochains, les élus ont souhaité prendre le pouls du terrain, en réalisant des réunions dans les régions. Autour de Yannick Fialip et Michel Lacoste, administrateurs à la FNPL et régionaux de l’étape puisqu’ils représentent la région Massif central à la fédération nationale, des éleveurs laitiers se sont retrouvés, la semaine dernière, à Aubière. Le secrétaire général de la FNPL, Thierry Roquefeuil était également présent, l’occasion pour lui de revenir sur la conjoncture laitière plutôt favorable : «Le premier semestre 2012 s’inscrit ainsi dans un cycle de stabilisation des prix». En 2011, la production a progressé de 6 %, avec une saisonnalité bien meilleure que les au-tres années. Stimulés par les prix, les producteurs ont su faire preuve de réactivité. Pour Yannick Fialip, la hausse de la demande, vecteur principal du redressement des prix, constitue un mouvement durable : «la production de matières premières animales va être recherchée dans les années à venir». Reste que la volatilité fait toujours partie du décor et que la hausse des coûts de production affecte l’ensemble de la production mondiale, si bien que l’écart de compétitivité entre l’Europe et le reste du monde tend à se réduire.

 

Massifier l’offre

Le secteur est désormais livré à la libéralisation, et la disparition des quotas au 1er avril 2015 devrait accentuer ce phénomène. Cette libéralisation «sauvage» est difficilement compatible avec la production laitière (produit non stockable, investissements lourds…), qui nécessite de la stabilité et de la prédictibilité, selon la FNPL. C’est la raison pour laquelle la fédération s’est impliquée fortement dans les ré-flexions du groupe à haut niveau et sa traduction dans le cadre réglementaire du Paquet lait. Celui-ci apporte des réponses partielles, en particulier sur la massification de l’offre et les dérogations nécessaires au droit de la concurrence, la contractualisation, l’interprofession, la maîtrise de l’offre dans les signes de qualité, et la transparence des marchés. La privatisation du secteur impose la nécessité de formaliser la relation entre les producteurs et les entreprises au travers de contrat. «Afin de négocier sur une base la plus équilibrée possible, la massification de l’offre est également devenue une priorité pour la FNPL, d’où la mise en place des organisations de producteurs», a insisté Thierry Roquefeuil. Suite au paquet lait européen, et au décret français à venir, les organisations de producteurs pourront atteindre des tailles significatives dans la mesure où elles suivront une procédure d’agrément leur permettant de déroger au droit de la concurrence. C’est l’élément nouveau du paquet lait, qui a pour objectif de permettre une massification conséquente des producteurs pour une négociation des éléments contractuels et en particulier du prix du lait. «Par souci de pragmatisme et d’efficacité, le schéma engagé a consisté à valoriser les organisations de producteurs existantes en les fédérant sous forme de délégations nationales représentant les éleveurs livrant à chacune des entreprises privées», rappelle le secrétaire général de la FNPL.

CV express

 

Thierry Roquefeuil est éleveur dans le département du Lot. Il est installé en EARL avec un salarié. Il produit du lait et de la viande, sur une surface de 98 ha.

L’exploitation dispose d’un quota de 357.000 litres. Vice-Président de la FDSEA du Lot et président de la section laitière départementale, Thierry Roquefeuil est administrateur de la FNPL depuis mars 2000, et secrétaire général depuis avril 2006. Cette année, il briguera la présidence de la FNPL. Une place convoitée également par le savoyard Patrick Ramet. Le successeur d’Henri Brichart devrait être élu, le 5 avril prochain, à l’issue du conseil d’administration.

 

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