L'Union Paysanne 10 janvier 2014 à 08h00 | Par P. Dumont

Production ovine - Travailler sur les coûts de production, ça marche !

L’appui technique collectif ovin, en place depuis trois ans en Limousin a permis jusqu’ici à quelque quatre-vingts éleveurs d’avoir une vision plus claire de leur coût de production et de trouver des pistes pour l’améliorer.

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Réunions techniques et visites d’exploitation donnent à chacun la possibilité de réfléchir à ses coûts de production.
Réunions techniques et visites d’exploitation donnent à chacun la possibilité de réfléchir à ses coûts de production. - © P. Dumont

En 2010, le rééquilibrage des aides Pac apportait une bouffée d’air frais à la filière ovine. Pour autant, rien n’était gagné. Dans les élevages, des marges de progrès devaient être trouvées notamment sur la productivité et les coûts de production. Au travers de l’action Reconquête ovine, un appui technique collectif rénové était alors déployé, associant les techniciens des OP et des chambres avec un financement possible par FranceAgrimer. Trois ans plus tard, le dispositif ayant pour thème l’optimisation des coûts de production semble fonctionner. «Depuis le début, nous suivons environ soixante élevages situés pour les deux tiers en Haute-Vienne et pour le tiers restant en Creuse», indique Anne-Sophie Desvillettes de Coop de France Limousin, en charge du projet. «En 2013, nous sommes montés à quatre-vingt-dix et nous aimerions atteindre les cent vingt à terme. Il faut dire qu’il est encore compliqué de mobiliser les éleveurs sur les coûts de production. Beaucoup n’en font pas leur priorité…».

Rassemblés par petits groupes de six à dix personnes sur un même secteur géographique, les éleveurs volontaires se réunissent à trois reprises au cours d’une année pour travailler ensemble sur leurs coûts de production. «L’objectif, précise Anne-Sophie Desvillettes, c’est qu’ils trouvent eux-mêmes des solutions.» En préalable à la première réunion chacun fournit les chiffres de son exploitation par le biais de son centre de gestion ou lors d’une visite d’exploitation. Ceux-ci sont ensuite analysés. Toutes les composantes du coût de production sont prises en compte : charges de mécanisation, charges liées aux bâtiments, frais d’élevage, et bien sûr la rémunération permise par les résultats obtenus. Les coûts de production sont ensuite présentés de manière anonyme d’abord puis, si le groupe en est d’accord, de façon nominative. Pour sa première réunion début décembre, le groupe de Saint-Hilaire-la-Treille a découvert les coûts de production 2012. Après que chacun se soit plongé dans les tableaux qui dissèquent son exploitation, les échanges ne tardent pas à débuter. «Si la productivité est bonne et que l’on ne peut pas se permettre plus de rémunération, est-ce que ça veut dire que les charges sont trop élevées ?» demande un éleveur. «Finalement les différents systèmes de production et les races ne jouent pas beaucoup sur le coût de production», constate un autre participant. De nombreuses questions sont posées auxquelles

l’animatrice répond directement ou lors d’une prochaine journée plus technique. «Souvent, ce sont des visites d’exploitation, ajoute Anne-Sophie Desvillettes. Les éleveurs voient ainsi d’autres façons de travailler.» Pour permettre à chacun de voir l’évolution de son coût de production, Anne-Sophie Desvillettes poursuit donc ses calculs sur plusieurs exercices comptables. Avec des résultats encourageants. «La rémunération moyenne permise (presque 1,5 Smic) est en progression constante, explique l’animatrice.

D’autre part, l’étude des coûts de production a permis de confirmer certaines choses comme la nécessité d’avoir une production minimum pour s’en sortir ou encore l’impact de la productivité de la main d’œuvre.»

 

Contact

Anne-Sophie Desvillettes : 05 55 79 94 61.

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