L'Union Paysanne 17 juin 2011 à 10h34 | Par P. Dumont

Programme Herbes et Fourrages - Sur les chemins de l’autonomie verte

Co-organisée par les Chambres d’agriculture du Limousin, la coopérative Natéa et le lycée agricole des Vaseix dans le cadre du Programme Herbes et Fourrages, une journée technique régionale s’est déroulée le 27 mai aux Vaseix. Elle était consacrée à l’autonomie fourragère et alimentaire.

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Atelier démonstrations de matériel avec notamment autochargeuse et ensileuse automotrice.
Atelier démonstrations de matériel avec notamment autochargeuse et ensileuse automotrice. - © DR

Si l’on considère le contexte climatique actuel, le thème choisi par les partenaires du Programme Structurel Herbes et Fourrages tombait à point nommé. Il pouvait être résumé en une phrase : «comment atteindre l’autonomie fourragère et améliorer l’autonomie alimentaire dans une conduite durable des exploitations ?». Au travers de nombreux stands, de démonstrations de matériel et surtout d’ateliers techniques, les visiteurs ont pu trouver des réponses à cette question. Premier atelier : la présentation d’une collection variétale de 12 mélanges multi-espèces sur des micro-parcelles. Animé par Natéa, cet atelier était l’aboutissement d’une année de travail. «Les coopératives ont été sollicitées sur le volet communication du programme avec pour objectif de faire de la vulgarisation», explique Frank Vevaud, directeur général adjoint de Natéa. «Pour nous, c’était l’occasion de faire connaître le travail que l’on mène avec les chambres d’agriculture à nos sociétaires. En ces temps de crise, il est important de redoubler d’efforts pour passer les caps difficiles», ajoute-t-il. Concrètement, ce travail se base sur des données et publications scientifiques déjà existantes mais dispersées. «Nous avons rassemblé ces éléments pour pouvoir ensuite diffuser les résultats obtenus et ainsi aider les agriculteurs dans leur choix variétal», développe Frank Vevaud. «Dans une seconde phase, nous avons mis en œuvre des outils d’aide à la décision. Les techniciens peuvent ainsi conseiller les agriculteurs selon ce qu’ils veulent faire (fauche, pâture) ou selon la nature de leurs sols». L’outil, informatisé, permet d’optimiser les choix de mélange de fourragères pour les prairies multi-espèces. Plusieurs constatations servent de base à l’outil. Exemples : les prairies multi-espèces sont plus productrices que les associations simples ou encore passé cinq espèces dans un mélange, les effets sur la production deviennent mi-neurs.

La gestion du pâturage était également abordée dans l’atelier 3 animé par Arvalis, Institut du végétal. De leurs travaux d’expérimentation menés depuis 1975 sur la valorisation de la prairie, avec quatre chambres d’agriculture, dont celle de Haute-Vienne et de Creuse, est née une méthode. Baptisée Herbo-Lis, elle permet en trois phases (prévision, adaptation et bilan) de mieux gérer son pâturage. Pour chacune des phases de nombreux critères sont étudiés : niveau de chargement par rapport au potentiel d’une prairie et à la fertilisation pratiquée dans la phase de prévision, ou évaluation du stock d’herbe en terme de «jours d’avance» dans la phase d’ajustement. Des exemples d’application de la méthode étaient exposés lors de l’atelier.

Enfin un dernier atelier proposait une étude des coûts des prairies selon leur utilisation (Cf. encadré). Par ailleurs, des dé-monstrations de matériel étaient programmées avec notamment une auto-chargeuse et une ensileuse automotrice. Fournisseurs de semences, d’amendements, de clôture étaient également présents.

Au final, 150 étudiants et 100 agriculteurs ont arpenté les Chemins de l’autonomie verte. La chambre régionale d’agriculture se félicite de la qualité du travail mené en partenariat avec Natéa même si les visiteurs auraient pu être plus nombreux. Du côté des visiteurs, satisfaction également semble-t-il. Les thèmes de la journée se sont révélés d’autant plus intéressants au vu de la sécheresse actuelle. Collant à cette actualité, les partenaires de l’opération avaient d’ailleurs ajouté un guide sur les dérobées aux documentations distribuées aux visiteurs. Il précisait l’itinéraire cultural ainsi que les espèces à choisir : moha (bon rendement), mélange moha-trèfle (récolte facile), mélange RGI-légumineuses (fourrage riche en MAT), sorgho, colza ou raves.

Le coût des prairies selon leur utilisation

 

L’herbe pâturée reste le fourrage le plus économique. A l’échelle d’une exploitation de 100 UGB, dix jours de pâturage en plus représentent plus de 1800 € d’économie.

Coût de revient pour 1 t de MS (comprenant les frais de fertilisation, récolte, intrants et l’amortissement des prairies) :

- pâture : 29 € (et jusqu’à 55 €*)

- foin : 60 € (et jusqu’à 81,6 €*)

- enrubannage : 69,2€ (et jusqu’à 90,4 €*)

- ensilage : 50,7 € (et jusqu’à 72 €*)

*variable selon la fertilisation employée et le type de clôture choisi (pour l’herbe pâturée).

Infos pratiques : Portes ouvertes à la ferme expérimentale des Bordes (Jeu-Les-Bois, Indre), le mardi 28 juin de 9 h à 17 h 30.

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