L'Union Paysanne 27 mars 2015 à 08h00 | Par Richard Zizert

Quel réseau syndical à l’horizon du nouveau maillage territorial

Le 69ème congrès de la Fdsea Corrèze a eu lieu le mardi 17 mars dernier. La «réforme territoriale» était le thème phare de cette assemblée générale. Pour l’occasion, Henri Bies-Péré, administrateur Fnsea et président de la Frsea Aquitaine était présent.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
able ronde : représentants corréziens, de la région Aquitaine ou nationaux ont fait le tour de la question sur la réforme territoriale.
able ronde : représentants corréziens, de la région Aquitaine ou nationaux ont fait le tour de la question sur la réforme territoriale. - © Richard Zizert

Le réseau Fdsea Corrèze s’est retrouvé à Tulle pour son assemblée générale annuelle qui fêtait son 69ème anniversaire. Les débats se sont articulés autour d’un thème sur la future réforme territoriale. Celle qui entrera en vigueur au 1er janvier 2016, et qui donnera lieu à un nouveau maillage des régions.

 

Un voisin aquitain comme invité

Pour l’occasion, le président de la Frsea Aquitaine, Henri Bies-Péré aura fait le déplacement. Il a ainsi pu apporter son opinion sur la future nouvelle région, et la position de l’Aquitaine sur la future région.

La Fdsea à l’approche de la mise en application de cette nouvelle réforme a donc axé son rapport moral sur cette question. Michel Queille, secrétaire général de la Fdsea, a rappelé dans son rapport l’ambition de cette réforme, mais surtout les incertitudes et les craintes qui vont en résulter. «Notre organisation s’articule principalement au niveau communal. Toutefois nous devons réfléchir à cette nouvelle réorganisation du territoire pour ne pas se laisser dépasser», a souligné Henri Bies-Péré.

«L’aspect positif est que nous serons la troisième région européenne, notre horizon doit être européen. Nous allons peser à Bruxelles. Avant, individuellement, l’Aquitaine et le Limousin n’avaient aucun poids. Avec cette fusion nous serons forts et nous pourrons faire valoir notre poids économique de production», s’est félicité Henri Bies-Péré. «Cependant, nous devons rester vigilants, car en Limousin, nous sommes loin de tout le monde en distance», a tenu à temporiser Daniel Couderc, président de la Fdsea.

«Les populations rurales risquent d’être de plus en plus isolées avec ce nouveau maillage territorial. La Corrèze risque de peser très peu dans la représentativité de la future région. Les productions agricoles très diversifiantes de ce nouveau territoire peuvent-être une force comme un handicap», a alerté François Brettin, élu au Conseil Général.

«Le redécoupage syndical sera l’une des grandes questions de notre congrès national. Nous verrons les réponses qui seront apportées. Cependant, je pense que nous ne devons plus raisonner en termes de région, de géographie et de distance. Dans ma région, la montagne concerne une très petite minorité des agriculteurs, cependant, nous avons toujours réussi à les défendre au niveau de la région. Il faut seulement des porte-paroles prêts à s’investir pour défendre nos intérêts», a réagi Henri Bies-Péré. Les débats ont bien mis en avant l’oubli du monde rural et la nécessité de le défendre face aux grandes métropoles.

Extraits du discours du président de la Fdsea 19, Daniel Couderc

Défriche, Pac, Zones Vulnérables, … une année 2014 engagé syndicalement

 

Dans le domaine de l’emploi, nous demandons également que le compte pénibilité élaboré par nos gouvernants, soit reporté tant son application est quasi impossible dans l’activité agricole.

Sur le dossier des zones vulnérables, sachez que le travail syndical et technique a été fait. Nous avons pu, avec l’aide de la chambre d’agriculture, démontrer le côté irréaliste et non approprié de cette mesure. Cependant, je ne sais pas comment vont faire les personnes qui d’un côté ont proposé à Bruxelles 3900 communes supplémentaires à l’extension des zones vulnérables et maintenant revenir expliquer qu’ils se sont trompés, et qu’il n’y en a plus que 2000.

Ces mêmes personnes ont expliqué à Bruxelles que pour maintenir le ratio de PP et éviter l’apurement, il fallait tout simplement passer les prairies temporaires de plus de cinq ans en prairies naturelles. En 2015 il sera compliqué de faire comprendre à Bruxelles que les prairies temporaires qui ne rentrent pas en rotation de culture dans les cinq années restent prairies temporaires.

 

Mise en place de la Pac

Les textes sur l’aide aux bovins allaitants se précisent depuis quelques jours.

Certains dossiers syndicaux donnent des satisfactions. Je reste persuadé que l’évolution proposée à l’intérieur des Gaec est une mesure sociale intéressante pour beaucoup de conjoints. La reconnaissance de la transparence au prorata des parts sociales, sera gage de simplification. Par ailleurs, l’évolution des seuils des installations classées, notamment pour les vaches laitières et certains hors-sol, est positive et permet de donner un peu plus de liberté d’entreprendre à ceux qui le souhaitent.

Sur le dossier forestier et surtout défriche, les rendez-vous sont pris pour faire infléchir cette loi nettement préjudiciable à la dynamique agricole de notre département. Nous trouvons particulièrement injuste qu’un département boisé à plus de 50 %, où les agriculteurs ont des revenus moyens inférieurs à 15000 €/an, doivent s’acquitter d’une taxe à la défriche de 3000 €/ha pour alimenter un fonds forestier.

 

Restauration Hors Domicile

Marché de six milliards de repas par an. Avec 30 à 80 % de produits d’importation dans ce type de restauration, la marge de progrès est importante. L’objectif de deux repas sur trois français est tout à fait réalisable. Pensons à nos industries agro-alimentaires, à nos emplois. A ce sujet, la section bovine et de son président Gilles Lavergne a l’objectif de relancer l’engraissement en proposant une filière de très jeunes bovins. Ce projet sera présenté le 2 avril à l’occasion d’une journée d’information ouverte à tous.

 

Relance syndicale

Lors du séminaire de juillet, qui a réuni le conseil d’administration de la FDSEA, sur deux jours, les participants ont réaffirmé leurs volontés d’avoir un syndicat autonome financièrement et d’apporter un plus à l’adhérent, en développant la carte moisson, nouvelle carte d’adhésion qui proposera un certain nombre de réductions chez les partenaires démarchés. En clair, avec cette carte d’adhésion, vous appartiendrez à un comité d’entreprise agricole.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Union paysanne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui