L'Union Paysanne 02 décembre 2010 à 15h25 | Par P. Dumont

Race limousine - Une année qualifiée de «contrastée» pour le Herd book Limousin

Comme pour de nombreux organismes agricoles, 2010 aura été une année difficile pour le Herd Book Limousin.

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Le tableau brossé par le président du Herd-book Limousin lors de l’assemblée générale du 24 novembre était en demi-teinte et certaines inquiétudes étaient manifestes parmi les éleveurs présents. Le lendemain, la vente des taureaux qualifiés RJ était cependant encourageante pour la saison à venir.

Avec un nombre de vaches inscrites, d’adhérents et de certifications en baisse, les chiffres du bilan 2010 du Herd book Limousin sont révélateurs de la situation de l’élevage allaitant. Pour autant, le président Jean-Marc Alibert tient à préciser que la baisse du nombre d’adhérents est «contenue au regard des craintes que nous pouvions avoir». Situation difficile donc, mais pas critique avec, pour preuve, l’augmentation du nombre de mâles certifiés (+ 4 %). Côté export, 456 mâles, 1151 femelles et 218 embryons ont été exportés durant l’année. Dans ces temps difficiles, l’objectif premier demeure le maintien des facilités de naissance, caractéristique de la race qui tend à se dégrader lorsque l’on augmente croissance et poids adulte. Evènement marquant cette année, la création par France Limousin Sélection et le Herd book Limousin, d’IngénomiX, société dédiée à la génomique. Sur le sujet, les avis semblent partagés. Des interrogations apparaissent dans la salle à l’évocation du coût de l’intégration de la génomique dans la sélection raciale. «Toujours plus de charges» disent les uns ; «un investissement technique incon-tournable» pour les représentants du Herd book Limousin.

 

Une première vente RJ encourageante pour les mois à venir

Le public était nombreux pour cette première vente de la campagne 2010-2011 durant laquelle 64 veaux étaient proposés. Avec seulement deux invendus et une moyenne de vente de 4600 euros, les chiffres sont comparables à ceux de la première campagne de l’an passé. Deux veaux ont passé la barre des 12000 euros. Le premier, Espagnol de l’Earl Gautier a été acquis par deux luxembourgeois, M. Dederich et Valmer pour la somme de 12500 euros. Parmi les points forts de ce fils de Unique (RRVS) et de Sexbombe (RRVS), la largeur de dos et de culotte, son dessus d’épaules, son arrondi de culotte et son épaisseur de dessus. Autre record, 13000 euros pour Echec de l’Earl de la Ville Es Bruyères (fils de Valseur – RREVS et Micmac - RREVS) vendu en copropriété au Gaec Dessalas, au Gaec de l’élevage Tournier et à l’élevage Sardin. Caractéristiques de l’animal, son potentiel de croissance et son développement squelettique exceptionnel (CRste 119 et DSste 141) mais aussi d’excellentes longueurs de culotte et de dessus et un très bon bassin. Empereur, acheté en copropriété par MM. Adreit et Dedieu (09) et Eclair acheté par le Gaec Camus Père et Fils, le Gaec Camus Huberson et Olivier Camus dépassent eux aussi les 10 000 euros.

 

 

A la demande du Herd Book Limousin, Didier Rémond de l’unité de nutrition humaine de l’Inra de Clermont-Ferrand est intervenu en clôture de l’assemblée générale du Herd book. Alors que la viande est régulièrement incriminée dans de nombreux problèmes de santé, il a tenu à rappeler aux éleveurs les résultats d’études scientifiques sur les qualités nutritionnelles de cet aliment. Dans le cadre d’une alimentation équilibrée, D. Rémond a notamment précisé que la viande apporte plus de 15 % des apports recommandés en protéines. Par ailleurs, sa richesse en potassium, phosphore, fer, zinc et sélénium ainsi qu’en vitamines B2, B3, B6 et B12 en fait un adversaire de poids contre l’anémie, les problèmes neurologiques, etc. Contrairement aux idées reçues, la viande est en outre peu grasse puisqu’elle contient entre 5 et 15 % de matières grasses (environ et selon les morceaux). En outre sa responsabilité dans des pathologies telles que le cancer, l’obésité ou autres ne semble pas prouvée scientifiquement. Enfin le Plan National Nutrition Santé conseillant la consommation de 500 g de viande par semaine maximum, il est intéressant de noter que seulement 20 % de la population française semble aujourd’hui aller au-delà de cette recommandation. Notre consommation apparaît donc raisonnable et, si l’on devait se passer d’un steak de 100g de viande, il faudrait alors consommer par exemple, 3 kg de courgettes pour obtenir l’équivalent en protéines. En informant massivement le consommateur, la viande a donc encore de beaux jours devant elle.

 

 

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