L'Union Paysanne 30 septembre 2011 à 10h44 | Par P. DUMONT

Recensement - Le Limousin, bon élève du recensement agricole 2010

Après les résultats nationaux, c’était au tour des premiers résultats limousins du recensement agricole d’être diffusés le 23 septembre par les services de l’Etat en région. Morceaux choisis.

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- © P. Dumont

 

Plusieurs mois auront été nécessaires à 80 enquêteurs pour recueillir les données du recensement agricole. 14 600 exploitations ont été sondées pour fournir une image précise de l’agriculture de notre région. Après analyse, trois faits marquants se dégagent de cette grande enquête réalisée tous les dix ans. Depuis 2000, l’agriculture limousine s’est professionnalisée, garde un ancrage fort avec le territoire et contribue à la préservation de l’environnement.

 

Une agriculture qui se professionnalise

Sur la période 2000-2010, le nombre d’exploitations limousines baisse de 22 % mais cette chute reste inférieure à la moyenne nationale (- 26 %) et surtout elle s’est ralentie (-3 6 % entre 90 et 2000). La surface moyenne passe de 42 à 57ha en dix ans. La proportion de petites exploitations recule mais demeure cependant plus importante en Limousin qu’en France (46 % contre 36 %). Les formes sociétaires se développent, principalement dans les grandes exploitations dont le nombre reste assez faible (14 %) même s’il progresse. Le niveau de formation des chefs d’exploitation est en augmentation : 75 % des exploitants de moins de 40 ans sont titulaires du baccalauréat. Ces jeunes chefs d’exploitation sont plus souvent à la tête de grandes exploitations, plus spécialisés en bovins viande et plus engagés dans des activités de diversification et des circuits courts.

 

 

Agriculture et territoire

Bien répartie sur tout le territoire régional, l’agriculture limousine, avec 80 % d’exploitations produisant bovins, ovins, porcins ou caprins, confirme son image de terre d’élevage. A noter, la diminution du cheptel de vaches allaitantes de 5 %. Le recensement fait également état des liens forts entre agriculture régionale et population. Ainsi 10 % des exploitants commercialisent en circuits courts et 7 % ont développé une activité de diversification (hébergement, transformation,...).

Le Limousin peut également mettre en avant ses productions sous signe officiel de qualité : 36 % de ses exploitations produisent sous SIQO contre 25% en France.

La surconsommation des terres agricoles apparaît clairement dans les résultats. En dix ans, la SAU chute de 2,7 % (contre

3,2 % en France). La Haute-Vienne est la plus soumise à la pression de l’urbanisation puisque la SAU recule de 4,5 % dans le département.

Une autre donnée pose question. Interrogés sur le devenir de leurs exploitations, près de 75 % des chefs d’exploitation de plus de 55 ans déclarent ne pas avoir de repreneur. 110 000 ha de terres agricoles, souvent situées près de zones urbaines, pourraient être prochainement sans destination.

 

Une agriculture respectueuse de l’environnement

Ce recensement met aussi l’accent sur la « bonne conduite » de l’agriculture régionale en matière d’environnement. Les surfaces en herbe, riches en biodiversité et stockant le carbone, représentent en effet 70 % de la SAU. Plus encore, la moitié de ces surfaces n’ont reçu en 2010 aucun intrant chimique (contre 25 % en Fran-ce).

Plus qu’une photo de l’agriculture limousine, ce recensement est un véritable « scanner » selon Jacques Reiller, préfet de Région qui a commenté les premières conclusions de l’enquête. «Nous avons scruté les exploitations limousines, leurs forces, leurs faiblesses. Ce recensement constituera un socle commun pour les discussions à venir entre les acteurs publics et la profession agricole,» a-t-il ajouté. Notamment visés ici, les débats autour de la PAC 2013. A ce sujet, Jean-Philippe Viollet, président de la FRSEA Limousin a précisé que «des risques pèsent actuellement sur la PMTVA. Ce recensement doit nous permettre de défendre ce qui nous est cher». Il a également attiré l’attention sur les effets pervers de l’interdiction de retourner les prairies permanentes. Leur pourcentage ne doit pas être relevé. Fabien Romanet, président de JA Limousin, a souligné le bon niveau de formation des exploitants limousins mais aussi l’enjeu que représente le nombre d’exploitations sans repreneur.

D’autres enquêtes, thématiques cette fois, seront conduites par la DRAAF dans les prochains mois. Une première étude sur la consommation des terres agricoles est déjà en cours et une seconde sur les circuits courts sera bientôt lancée.

 

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