L'Union Paysanne 17 octobre 2014 à 08h00 | Par UP 19

Rencontre - FDSEA -JA 19 ont alerté le ministre

Stéphane Le Foll était de passage en Corrèze la semaine dernière pour remettre au maire de Chanteix, Jean Mouzat, la légion d’honneur. À cette occasion, il a rencontré une délégation Fdsea- JA afin d’évoquer les points sensibles du moment.

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Daniel Couderc et Jérôme Pascarel ont demandé la mise en place d'un soutien au marché de la viande bovine.
Daniel Couderc et Jérôme Pascarel ont demandé la mise en place d'un soutien au marché de la viande bovine. - © UP 19

Le ministre de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Stéphane Le Foll était en Corrèze la semaine dernière. Malgré un programme chargé (voir encadré), il a rencontré une délégation de la Fdsea et des JA de Corrèze.

La délégation FDSEA-JA 19, avec à sa tête Daniel Couderc, président de la Fdsea et Jérôme Pascarel, président des JA, a tenu à alerter le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll sur divers sujets d’actualité.

«L'agriculture corrézienne a besoin d'être soutenue face aux attaques dont elle est aujourd'hui la cible. On ne peut plus accepter d'être traités de pollueurs, d'assassins. Ces insultes blessent et touchent profondément les agriculteurs», a débuté Daniel Couderc. Un point sur lequel Stéphane Le Foll a acquiescé.

 

Nitrates, embargo…

Ensemble, ils ont tout d’abord évoqué le sujet brûlant des zones vulnérables qui a agité ces dernières semaines en termes de manifestations. «Outre les incohérences sur les résultats d’analyse qui visent des communes principalement en zones forestières ou périurbaines, la mise en œuvre du cahier des charges risque d'être particulièrement compliquée sur notre département au vu de nos conditions climatiques et topographiques. De plus, les investissements de mise aux normes seront une nouvelle fois des investissements non productifs», a affirmé le président de la Fdsea 19.

«Je serais attentif aux compléments d’analyse qui vont être menés conjointement entre le Préfet et la Chambre d’agriculture de Corrèze», a rajouté le ministre sans pour autant prendre de position claire notamment quand les deux présidents des syndicats majoritaires ont demandé le retrait immédiate des quinze communes corréziennes concernées.

L’embargo russe a également été évoqué. En Corrèze, il a plongé les pomiculteurs dans la crainte. Directement touchés, cela impacte près de 12 % de la production de pommes. «Il s'agit d'un nouveau coup sur la tête, certains ayant déjà été touchés par le gel qui avait fait perdre la totalité de leur production».

«Le marché de la viande bovine est aussi en alerte. Les broutards polonais, destinés au marché russe, peuvent aujourd'hui venir nous concurrencer sur les marchés espagnol et italien entraînant donc une concurrence avec nos animaux français. Nous demandons qu'un soutien aux marchés de la viande bovine soit mis en place, notamment en jouant du lobbying politique pour rouvrir par exemple les frontières du Maghreb», ont souligné Les présidents Pascarel et Couderc. «Sachez que nous allons tout faire pour développer les marchés internationaux, je serai d’ailleurs à la fin du mois d’octobre en Tunisie pour signer un accord. Nous avons de bonnes relations avec ces pays du Maghreb et nous en tirerons pleinement profit», a rassuré Stéphane Le Foll.

 

 

 

Zones vulnérables. Stéphane Le Foll, interpellé sur ce sujet brûlant en Corrèze et particulièrement sur le retrait des communes concernées, n'a pas pris de position claire.
Zones vulnérables. Stéphane Le Foll, interpellé sur ce sujet brûlant en Corrèze et particulièrement sur le retrait des communes concernées, n'a pas pris de position claire. - © up 19

Non à la défriche, oui au patriotisme

Prévu initialement dans la Loi d'avenir, la compensation au défrichement va poser problème en Corrèze. Historiquement, dans le département, la tradition forestière est très récente. Il y a encore une cinquantaine d’années, il y avait moins de forêt qu'aujourd'hui. 50% du territoire corrézien est en forêt. La loi d'avenir impose une compensation au défrichement soit par reboisement soit par versement d'une indemnité.

«Il faut reconsidérer ce texte et laisser la souplesse nécessaire au préfet de prélever ou non cette taxe. Le revenu des agriculteurs de notre département est parmi les plus faibles. Il faut laisser aux exploitants la possibilité de réaliser certains aménagements parcellaires», ont demandé Jérôme Pascarel et Daniel Couderc.

Une problématique propre à la Corrèze et que le ministre n’avait pas considéré. «Initialement, lorsque cette taxe avait été pensée, nous avions surtout considéré les grandes forêts landaises, afin

d’éviter un trop important pourcentage de déboisement. Ici, c’est différent et je m’engage avec Monsieur le Préfet à adapter la taxe à la Corrèze».

Autre sujet abordé, l’appel à mobilisation nationale lancé par la Fnsea et les JA sur la restauration hors foyer (RHF) et la volonté des deux syndicats à ce que deux plats sur trois soient certifiés d’origine française. La restauration hors foyer (RHF), qui comprend la restauration collective et la restauration commerciale, est un secteur stratégique pour l'agriculture française. Selon les études, plus de six milliards de repas sont distribués par an. Chaque Français prend en moyenne douze repas par mois hors domicile. Malgré un fort potentiel, les importations restent majoritaires dans la RHF. «Nous demandons que vous insistiez auprès des collectivités et rappeliez dans le discours politique qu'il faudrait faire preuve de patriotisme en consommant deux plats sur trois d'origine française dans nos restaurations hors foyers et hors domicile».

 

Ne pas empêcher les installations pour les JA

Jérôme Pascarel a souhaité vivement interpeller le ministre sur l’installation JA et le doute qui plane actuellement depuis que les régions sont devenues autorités de gestion du Feader dans ce domaine (ainsi que pour les MAE).

«Les conseils régionaux ont écrit le PDRR (plan de développement rural régional) pour la période qui va de 2014 à 2020. Celui-ci contient les mesures qui utilisent le Feader dont la DJA et MAE. Ces mesures ont un volet national mais aussi régional et donc tant que le PDRR n'est pas approuvé, on ne pourra pas mobiliser le Feader sur ces mesures-là. La crainte vient du fait que la région Limousin n'a déposé sa version complète du PDRR qu'au 15 septembre. La commission va prendre six mois pour donner son avis, donc le PDRR ne sera pas validé avant le 15 mars. Le risque est que le PDRR ne soit pas approuvé avant l'année prochaine et qu'il ne puisse pas y avoir d'installations de JA. Nous exigeons de l'Etat qu’il ait l'autorisation de préfinancer ces mesures (installation, MAE, ICHN) dans l'attente de pouvoir mobiliser le Feader. Sinon il y aura des conséquences dramatiques l'année prochaine», a alerté Jérôme Pascarel. Une crainte entendue par le ministre qui a assuré que «l’Etat fera le nécessaire pour que l’installation des futurs JA ne soit pas compromise, en avançant les financements dans l’attente de la validation des PDRR». Une annonce rassurante concernant la DJA.

 

Au 1er janvier 2015, il sera possible de passer d’une Earl en Gaec

Le ministre a également annoncé fermement que le décret d’application concernant la reconnaissance des actifs, et la possibilité pour les Earl de basculer en Gaec sera publié très prochainement au Journal Officiel certifiant d’une mise en application au 1er janvier 2015. Une affirmation positive qui vient confirmer les annonces encourageantes des dernières semaines. Enfin, le ministre a tenu à rappeler, comme il l’avait annoncé à Cournon, la levée des tests de dépistage de l’ESB, ouvrant ainsi la porte à de nouveaux marchés.

Stéphane Le Foll a remis la Légion d'honneur au maire de Chanteix Jean Mouzat.
Stéphane Le Foll a remis la Légion d'honneur au maire de Chanteix Jean Mouzat. - © UP 19

Chanteix, puis Chamboulive

De passage éclair en Corrèze toute la journée du 9 octobre, le ministre a eu un programme bien chargé. Après l’inauguration d’une ferme bio dans le centre du bourg de Chanteix, il a consacré chevalier de la légion d’honneur le maire de la commune, Jean Mouzat. Sa journée s’est achevée à Chamboulive avec la 39e fête de la Rose du parti socialiste.

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