L'Union Paysanne 12 avril 2013 à 09h23 | Par Guillaume Demichel

Rencontre - «Pas une Pac pansement mais une Pac qui pense le changement»

Le président national de Jeunes Agriculteurs, François Thabuis, est venu en Corrèze à l’occasion de l’assemblée départementale. Il a fait le point sur l’actualité agricole nationale et européenne.

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Dégâts de gibiers, avenir de l'élevage en Limousin, renouvellement des générations, foncier, Pac ont été évoqués avec François Thabuis.
Dégâts de gibiers, avenir de l'élevage en Limousin, renouvellement des générations, foncier, Pac ont été évoqués avec François Thabuis. - © Guillaume Demichel

Pour des étudiants suivant un cursus agricole, la rencontre avec un représentant syndical national est toujours un événement. Il est en effet celui qui défend les intérêts de la profession et si, pour l’heure, son discours sonne un peu lointain pour ceux qui ne sont pas encore installés, son engagement n’en est pas moins celui qu’épouseront bon nombre d’entre eux une fois leurs diplômes obtenus. Il est donc probable que le président national de Jeunes Agriculteurs, François Thabuis, aura convaincu quelques-uns des élèves du lycée agricole de Tulle-Naves à l’occasion de sa venue, la semaine dernière, lors de l’assemblée départementale des JA.

Les dégâts de gibiers, l’avenir de l’élevage en Limousin, le renouvellement des générations, l’accès et la préservation du foncier et de nombreuses questions sur la nouvelle Pac ont été quelques-uns des thèmes soulevés par les JA corréziens à l’intention de leur président national.

 

Un modèle qui créé de la valeur

«Moi François, président des JA, hors cadre familial», lance alors François Thabuis sous forme de boutade. «Pour commencer je tenais à vous dire que si un jeune comme moi a pu devenir exploitant, c’est parce que les JA n’ont de cesse de se battre pour maintenir le renouvellement des générations. Aujourd’hui, la politique d’installation est efficace même si on peut encore faire mieux. L’agriculture est une chance pour le redressement productif car elle est un modèle qui créé de la valeur. Cette année, se tiennent les assises de l’installation. Notre ambition est d’offrir un accueil renforcé pour tous les candidats et un bon accompagnement, avec plus de souplesse, qui ne soit pas un carcan étatique» (actuellement plus de 6.000 dossiers sont en attente à l’APCA ndlr).

Au lendemain des élections aux Chambres d’agriculture, qui ont vu se conforter les positions du syndicalisme agricole majoritaire sur le Limousin (FNSEA et JA), des enjeux majeurs frappent avec insistance aux portes des représentants et des élus. Des enjeux qui conditionneront ce que sera demain le métier d’agriculteur. «Il faut que nous ayons la meilleure lisibilité possible sur notre travail syndical. Nous devons communiquer davantage sur nos rôles au travers des différents mandats. Face aux enjeux qui nous attendent, nous n’avons pas le droit d’avancer en ordre dispersé», explique François Thabuis.

Parmi ces enjeux, la question du foncier apparaît comme fondamentale. «Il y a deux problématiques sur le foncier : l’accès et la préservation. En ce qui concerne l’accès, il faut renforcer le contrôle des structures, réaffirmer le rôle des Safer, encourager la suppression de la demi SMI qui est obsolète. Les jeunes ne doivent plus s’endetter toute leur vie pour s’installer. Ensuite, nous sommes l’un des pays qui gaspillent le plus de foncier, à raison de 26 m² par seconde. Face à ce constat, il faut absolument que la taxe au changement de destination devienne enfin un levier pour l’agriculture».

La reconnaissance de tous les actifs

2013 sera l’année de la réforme de la Politique agricole commune. Une année charnière pour une réforme qui, pourtant, continue de soulever de nombreuses interrogations au sein de la profession. «Nous ne voulons pas d’une Pac pansement, mais une Pac qui pense le changement», déclare le président national des JA. «Les jeunes doivent pouvoir compter sur des aides directes plus importantes sur les cinq premières années. Le premier pas doit être fait vers la reconnaissance de tous les actifs. La prochaine Pac doit mettre en place des dispositifs qui permettent de vivre de notre métier, avec le plus de couplage possible pour maintenir les productions dans les zones menacées. Pour que nous soyons entendus, notre dynamique syndicale doit être très forte, notamment en matière de revenu ou des difficultés rencontrées par l’élevage. En ce sens, nous aurons un défi à relever dans les mois à venir, celui de la distribution et de la commercialisation. Sur un euro acheté, 7,6 centimes reviennent au producteur et 11 centimes au distributeur. Nous devons nous réapproprier la marge de la distribution», conclut François Thabuis.

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