L'Union Paysanne 31 août 2012 à 10h36 | Par SF

Rencontre - Pierre Chevalier laissera la présidence

Conférence de presse du président de la Chambre d’agriculture.

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Pierre Chevalier, président de la FNB et de la Chambre d’agriculture de Corrèze a fait le point sur quelques dossiers d’actualité agricole.
Pierre Chevalier, président de la FNB et de la Chambre d’agriculture de Corrèze a fait le point sur quelques dossiers d’actualité agricole. - © SF

C’est à Beyssenac sur l’exploitation du Gaec Semblat, entre la Haute-Vienne et la Dordogne, en zone pommicole, «céréalière» et, néanmoins d’élevage, que le président de la FNB et de la Chambre d’agriculture de Corrèze a effectué un tour d’horizon de quelques dossiers d’actualité agricole.

Après les traditionnels mots d’accueils prononcés par Francis Comby (maire et conseiller Régional), premier magistrat de la commune, Jean-Pierre Semblat a retracé l’historique de cette exploitation. À l’origine, en 1936, la structure ne comptait que 15 ha, aujourd’hui elle représente 158 ha en GAEC avec ses deux fils et son épouse.

La filière pommicole en difficulté

Sur cette exploitation, la production de pommes représente 40 % du revenu souligne Jean-Pierre Semblat. Pour Alain Berger, administrateur à la FNPF (FDSEA 19), «ce gel, c’est du jamais vu tant par son ampleur au plan local que par son étendue. Toute la zone limousine est concernée jusque dans le Cher». En Corrèze, 228 exploitations sont touchées par cet incident climatique dont les pertes sont évaluées à 17 millions d’euros. Mais au-delà de ce simple chiffre, c’est une problématique qui concerne toute la filière et les emplois qui lui sont liés, des cueilleurs aux transporteurs, du cartonnier à l’imprimeur en passant par le négoce du bois, etc.

«L’indemnisation des producteurs est une chose pour laquelle nous travaillons tous de concert avec l’administration», rappelle l’administrateur de la section fruits, de plus, le taux habituel d’indemnisation au titre des calamités agricoles est de 35 % «nous nous battons pour qu’à titre exceptionnel il atteigne 50 %». Revalorisation qui, pour Christian Favart, président de la coopérative Perlim, est «tout à fait justifiée au regard des sinistres successifs que nous avons subi depuis ces deux ou trois dernières années (la neige, le russeting, le gel)». Mais il s’agit surtout, insiste-t-il, de garder la compétence de nos salariés, leur savoir-faire, en matière de taille, d’éclaircissage du verger, de conditionnement dans nos stations. «Car la coopérative est le prolongement de l’exploitation, toutes pertes en station se traduit aussi invariablement sur le prix à la production. D’où la mise en place d’un dispositif de chômage partiel et de formation». Maintenir le plein emploi reste donc autant une nécessité qu’un objectif. Ce gel, résume-t-il, «est autant, sinon plus, un risque industriel qu’agricole».

 

Contexte international et européen


Les marchés c’est de la pure économie… la rareté fait le prix

Le président de la FNB, qui pour l’occasion a précisé qu’il entamait un tour des régions en commençant par son département, a indiqué que le contexte était porteur pour l’ensemble des productions. En effet, le prix des céréales est durablement inscrit à la hausse. La Chine, l’Inde et l’Asie sont en plein développement économique donc la demande ne cesse de croître. Mais le fait marquant est que les productions agricoles sont entrées en concurrence directe avec une utilisation non alimentaire. «Dans les dix prochaines années la demande va augmenter de 20%, alors que la production ne va pas cesser de décroitre. Ce qui va d’ailleurs provoquer des tensions conjoncturelles favorables. Les prémices sont là perceptibles, aujourd’hui, tant en viande bovine, qu’en céréales».

Si les marchés ont été en un temps encombrés, la mise en place d’une politique d’exportation en faveur des pays du bassin méditerranéen a, selon le président de la FNB, porté ses fruits notamment sur le taurillon qui a drainé toutes les autres viandes à la hausse, dont ne se plaindront pas les engraisseurs.

Mais cette hausse à la production est inhibée, reconnaît-t-il, par la hausse incessante du coût des matières premières. Aujourd’hui le coût d’un taurillon à la production est à 4,49 €.

D’où la nécessaire indexation des prix à la production sur le coût des matières premières ce que défend d’ailleurs la FNSEA.

 

Pour des soutiens flottants

Mais ses propos les plus virulents ont été sur la refonte de la PAC, sur ce sujet, le débat, annonce-t-il, sera terrible. «Est-ce que le citoyen européen va pouvoir supporter et vouloir honorer une politique de soutiens directs dans un contexte économique de hausse des prix ?». La réponse à cette question, pour le président de la FNB est essentielle car le budget en dépend, celui-ci devra être préservé, et quelle en sera la répartition ? Il prône «une politique de soutiens flottants en fonction des résultats économiques». Avec 12 000 €, les éleveurs de bovins sont les derniers de la classe pour le revenu agricole par UTH, face aux 40 000 € des céréaliers une politique de soutien différencié semble être une évidence.

 

Élection à la Chambre d’Agriculture : Pierre Chevalier laissera la présidence

 

Justement désirant se consacrer à cette tâche qui sera à la fois déterminante et prenante, Pierre Chevalier annonce qu’il ne briguera pas la présidence d’un nouveau mandat à l’occasion de la prochaine échéance professionnelle (janvier 2013) que sont les élections à la Chambre d’agriculture. «Je souhaite néanmoins faire partie de l’équipe qui se présentera en janvier. Je ne solliciterai pas un nouveau mandat parce que je souhaite me consacrer au débat de la réforme de la PAC. Le contexte européen est tendu et j’aurai besoin de temps pour me consacrer entièrement à ce dossier», a-t-il précisé.

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