L'Union Paysanne 14 septembre 2012 à 09h10 | Par Guillaume Demichel

RENTRÉE SCOLAIRE - Des formations qui déterminent l’avenir de la viande corrézienne

Les élèves de seconde production animale du lycée agricole de Naves et les apprentis bouchers du CFA de Treize-Vents ont fait leur rentrée scolaire.

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Pose photo au lycée agricole de Naves.
Pose photo au lycée agricole de Naves. - © Guillaume Demichel

Une rentrée des classes est un moment à la fois excitant et difficile que les élèves n’appréhendent pas tous de la même façon. Certains sont heureux de retrouver leurs amis de l’année précédente, d’autres changent d’orientation, parfois de ville et arrivent dans un nouvel établissement qu’ils ne connaissent pas. La plupart réintègrent un cycle dit classique avec les cours, les profs et les interros. Un petit nombre, en revanche, franchit un cap qui les éloigne du cursus scolaire général pour les rapprocher un peu plus de la vie professionnelle.

 

Des projets différents mais une même passion

C’est le cas de ceux qui ont choisi des formations professionnelles, qui mêlent à la fois cours théoriques et pratiques et stages en entreprise (ou sur des exploitations). Éricka, Élodie, Marius, Marie, Emmanuelle ou encore Bastien ont fait leur première rentrée au lycée agricole Edgard Pisani de Naves. Une classe de vingt élèves où personne ne se connaît et où tout le monde s’observe un peu du coin de l’œil. Néanmoins, de nombreux points communs réunissent ces jeunes. Ils ont tous entre 15 et 16 ans, sont tous Corréziens et partagent une même passion pour les animaux. Tous n’ont pas les mêmes parcours, attentes ou objectifs mais tous ont choisi une même voie qui leur permettra de travailler au plus près des animaux. «Avoir le bac nous permettra d’exercer le métier que l’on veut. Personnellement, j’aimerai devenir professeur d’équitation après ma formation», confie Élodie. «Moi, après mes trois ans et une fois que j’aurai eu mon bac, je souhaite partir à Gramat (46) pour devenir soigneur animalier. Cela m’attire plus que vétérinaire car on peut s’occuper de beaucoup d’animaux autres que les chiens et les chats», explique Marius. Pour Emmanuelle, le cadre familial est l’une des motivations qui l’ont conduite à choisir le lycée de Naves. «Je souhaite travailler dans l’agro tourisme et m’installer avec mes parents pour m’occuper d’une ferme auberge du côté d’Eygurande.

Professeur, soigneur, hôte, l’agriculture de demain permet aux jeunes d’envisager des orientations professionnelles diverses et variées, en rapport avec leurs affinités et leurs ambitions. Bien sûr, il y en a quelques uns qui se destinent à la nature même du contenu de la formation, à savoir l’élevage. C’est le cas de Bastien qui, par passion, a fait le choix d’une voie plus classique que celle de ses précédents camarades. «Mes parents sont exploitants à Lacelle. Ils font du veau de lait et du broutard. Depuis tout petit, je baigne dans cette ambiance et j’espère vraiment que je pourrai m’installer avec mon père et vivre de l’élevage après ma formation».

 

Une rentrée en douceur, la marchandise n’est pas encore arrivée, élèves et professeurs en profitent pour poser dans l’atelier de découpe sans leur tenue de travail.
Une rentrée en douceur, la marchandise n’est pas encore arrivée, élèves et professeurs en profitent pour poser dans l’atelier de découpe sans leur tenue de travail. - © Guillaume Demichel

La juste récompense du savoir-faire

Même rentrée des classes, autre lieu et autres projets. Au Centre de formation des apprentis des Treize Vents, cinquante futurs bouchers préparent leurs tabliers et affutent leurs couteaux dans le labo dirigé par Christian Coudert. Pour Basile et Étienne, 20 et 22 ans, la vie active n’a jamais été aussi proche malgré des parcours, au départ, différents. Le premier s’est inscrit dans cette voie par choix, le deuxième représente la cinquième génération de boucher de sa famille. «Je voulais exercer un métier de bouche et la boucherie est ce qui me correspond le mieux», confie Basile. «Mon père est boucher ambulant sur les marchés de Brive et de Panazol (87) et si, au départ, je ne voulais pas faire ça, j’ai changé d’avis car j’aime ce métier et l’ambiance des marchés», ajoute Étienne.

Pour le directeur du CFA des Treize Vents, Frédéric Aubreton, le métier de boucher mérite une mise en lumière en rapport avec la valeur ajoutée que peut générer un tel savoir-faire sur un territoire. «Une réflexion a été menée, avec le syndicat des bouchers et les agriculteurs, afin d’inclure dans notre projet pédagogique des modules de compréhension de la production animale. Chacun doit connaître le travail de l’autre pour permettre de valoriser cette filière d’excellence sur notre département. Nous avons besoin de bouchers de qualité, il y a de la demande, et il faut favoriser les rencontres et les échanges entre tous les acteurs de la filière».

Un point de vue partagé par le syndicalisme agricole qui ap-prouve toutes les démarches visant à mettre en lumière la viande corrézienne. «Les métiers d’éleveur et de boucher sont directement liés. Valoriser ces métiers, mais aussi les relations et les échanges entre les deux professions est l’un des objectifs que nous nous sommes fixés dans le cadre du Pôle Excellence Viande. Le travail de chacun doit être reconnu et salué afin que la qualité de la viande corrézienne puisse s’appuyer sur tout un réseau de professionnels compétents et passionnés par leur métier ».

 

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