L'Union Paysanne 27 janvier 2021 a 14h00 | Par La rédaction

RESTAURATION. Les repas végétariens rejetés par les maires de France

L'expérimentation des repas végétariens obligatoires en restauration collective n'est pas concluante. Selon une enquête de l'Association des maires de France, les deux tiers des collectivités veulent son arrêt.

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Si la mise en place de l'expérimentation des menus végétariens en restauration collective constitue une source de difficultés pour plusieurs collectivités comme le montre l'enquête récente de l'Association des Maires de France (AMF), elle reste au coeur des débats, notamment dans le cadre des mesures portées par la Convention citoyenne pour le climat (CCC).
Le projet de loi CCC devrait ainsi proposer la mise en place d'un choix végétarien quotidien en restauration collective publique à partir de 2022, alors qu'aucune évaluation - hormis l'enquête de l'AMF qui par ailleurs n'inspire pas à renforcer cette mesure - n'a été rendue pour le moment. Pour la FNSEA, cette proposition paraît prématurée, sans compter toutes les difficultés à anticiper, à l'image de celles rencontrées par les gestionnaires ayant répondu à l'enquête de l'AMF.

Enfin, dans le cadre des mesures induites par la Loi EGAlim et surtout dans un contexte plus global qui renvoie à un besoin de renforcement de la souveraineté alimentaire et d'une alimentation de qualité pour tous, la FNSEA incite à renforcer la formation des cuisiniers et gestionnaires de restauration collective. Pour cela, deux angles paraissent importants : la gestion du budget et l'adoption de bonnes pratiques dans le cadre des appels d'offres, afin de favoriser les approvisionnements en produits alimentaires français de bonne qualité.

Rappel de la réglementation
L'article 24 sur la restauration collective de la loi EGAlim encadre la mise en place d'une expérimentation de l'obligation de proposer au moins un repas végétarien par semaine en restauration collective. La disposition est entrée en vigueur en novembre 2019, pour une durée de deux ans. L'issue est donc prévue pour la fin d'année 2021 avec la remise d'un rapport au Parlement. En cas de choix multiples, par exemple sur trois menus proposés, ce menu végétarien peut constituer une alternative à un des trois menus. Dans le cas d'un menu unique, ce dernier est alors végétarien.

Résultatsnon-concluants d'une première enquête de l'AMF
L'Association des Maires de France (AMF) a mené une enquête au niveau des collectivités, avec pour objectif d'effectuer un premier bilan de cette expérimentation, et de mieux appréhender les capacités et les difficultés des acteurs à faire face à cette nouvelle exigence.
L'expérimentation est aujourd'hui mise en place par 89% des collectivités répondantes et génère 53% de difficultés pour celles-ci. Sur les 3000 communes ayant répondu à cette enquête, les trois quarts des collectivités ne souhaitent pas pérenniser l'obligation d'un menu végétarien par semaine, ni son renforcement, mais préfèreraient que des recommandations leur soit mises à disposition. L'enquête montre que sur les communes l'ayant mise en place, 37% constatent une hausse du gaspillage alimentaire, 31% évoquent des difficultés de mise en oeuvre liées à plusieurs motifs : composition et diversité des repas (40%), formation du personnel (19%), coût supplémentaire (17%), réorganisation de la préparation des repas (13%), réticence du personnel (11%).

Par ailleurs, au cours du dernier groupe de travail « Nutrition » pendant lequel l'AMF a fait part de ce constat, elle ajoute que le terme végétarien heurte les élus et les parents d'élèves en raison de sa connotation philosophique trop forte. L'AMF préconise alors l'utilisation du terme « diversification des protéines» et d'accompagner les gestionnaires par des diététicien(ne)s

- © LA VIE CORRÉZIENNE

Jean-Jacques Dumas, Maire de Saint Ybard et Président de l' Association des maires et présidents
d'intercommunalités de la Corrèze (ADM 19)

« Une histoire de bobos parisiens »

En réaction à la proposition de la convention citoyenne pour le climat d'imposer le repas végétarien, Jean-Jacques Dumas ne cache pas son opposition et se montre plus tranché encore que l'AMF. Selon lui, « ce sont des histoires de bobos parisiens ; une mode que le monde rural rejette. L'homme est un omnivore. Tant que je serais maire de Saint Ybard, il n'y aura pas de repas végétarien à l'école, même si cela devait devenir contraire à la loi ».

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