L'Union Paysanne 08 juin 2012 à 10h41 | Par P. Dumont

SAFER MARCHE LIMOUSIN - La reprise du marché foncier se confirme

Pour la seconde année consécutive, le marché foncier limousin est en augmentation en surface comme en valeur.

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La Safer Marche Limousin s’inquiète de la hausse du nombre d’exploitations à reprendre en Limousin.
La Safer Marche Limousin s’inquiète de la hausse du nombre d’exploitations à reprendre en Limousin. - © P. Dumont

Pour autant, la Safer Marche Limousin n’est pas exempte d’inquiétudes notamment sur l’augmentation du nombre d’exploitations à céder sur la région. Les solutions possibles ont été largement abordées lors de l’assemblée générale du 25 mai.

En 2010, la Safer Marche Limousin observait une reprise du marché foncier et atteignait une marge jamais atteinte jusqu’alors. Les tendances semblent se confirmer comme l’ont indiqué les responsables de la structure lors de l’assemblée générale annuelle. Le marché foncier régional est à nouveau en augmentation et la marge record de 2010 a été dépassée. Plusieurs éléments caractérisent ce marché : les ventes de terrain avec bâti sont en hausse, les surfaces changeant de destination demeurent stables alors que les surfaces artificialisées sont en net recul. A signaler également, un marché forestier en croissance avec une hausse de 6,8 % des surfaces. Les mêmes tendances s’observent sur le seul marché agricole. Les surfaces agricoles vendues poursuivent la croissance entamée en 2010 (+5 %) particulièrement en Haute-Vienne et en Creuse. La valeur à l’hectare reste quasi stable sauf en Haute-Vienne où elle fait un bond de 19,3 %. Le prix moyen d’un hectare de terre agricole non bâti en Limousin s’élève à 2600 € soit près de trois fois moins que la valeur nationale. Pour preuve, les surfaces agricoles représentent 64 % du marché foncier régional mais seulement 27 % de sa valeur. A l’opposé, les surfaces destinées à l’espace résidentiel et aux loisirs représentent 11 % du marché et 49 % de sa valeur. La valeur des rétrocessions est en baisse (-5 %) mais les surfaces sont en hausse. Des rétrocessions qui sont pour 41 % d’entre elles consacrées à l’installation (contre 31 % au niveau national) et pour 37 % à l’agrandissement. Du côté des installations, le Service Projets et Investissements Ruraux, créé en 2011 pour accompagner les porteurs de projets souhaitant s’installer en milieu rural, a mené à bien 17 opérations dont 12 installations.

 

De plus en plus d’exploitations à reprendre…

De tous les chiffres énoncés, il en est un qui interpelle la Safer Marche Limousin : le nombre d’exploitations à reprendre. Ce nombre, en hausse, est à rapprocher des conclusions du dernier recensement agricole. Dans celui-ci, un chiffre également était édifiant : 3 exploitants de plus de 55 ans sur 4 n’ont pour l’instant pas de repreneur, ce qui représente plus de 100 000 ha. Autre constatation, la taille des exploitations à reprendre est en hausse. Dès lors, il devient de plus en plus difficile pour un JA de financer son installation. Pour réfléchir à de nouveaux modes d’accession à la propriété, la Safer avait réuni autour de la table C. Trémouille, vice-président du conseil régional du Limousin délégué à l'agriculture, F. Romanet, président de JA Limousin, D. Rougerie de la Chambre d’agriculture 87 et J.-P. Fontaine, président de la Safer Basse-Normandie. Depuis 2006, le conseil régional du Limousin a mis en œuvre plusieurs actions : convention de stockage du foncier, vergers tremplins,... La Région travaille par ailleurs avec l’Etat et la CRAL au sein du PRIT. Si le travail mené a semble-t-il permis de limiter les dégâts, C. Trémouille a indiqué qu’il fallait aller encore plus loin et réfléchir à l’aménagement de la ruralité. Il a aussi évoqué un autre problème, celui du manque de candidats à l’installation. Un déficit avant tout dû aux contraintes importantes du métier et aux rémunérations insuffisantes selon Dominique Decay de la FDSEA 19. Pour Fabien Romanet, pas de solution miracle, ni de solution unique : «il faut que ceux qui veulent transmettre travaillent avec ceux qui veulent s’installer.» Il attire également l’attention sur le fait que certains secteurs sont guettés par la désertification.

En Basse-Normandie, la situation est un peu différente. Les prix agricoles sont trois à quatre fois plus élevés qu’en Limousin. Pourtant, pour chaque exploitation à reprendre on trouve 7 à 8 candidats. Autre différence, la présence importante d’apporteurs de capitaux. «L’arrivée des premiers investisseurs a fait grincer quelques dents, témoigne J.-P. Fontaine, mais aujourd’hui nous n’avons plus assez de terres à leur proposer». Pour le Crédit Agricole, le report d’échéances, limitant l’investissement à long terme n’est pas une solution. Le portage de foncier en revanche semble être une voie possible.

 

L’avenir de la Safer Marche Limousin

Après le départ de son directeur, la Safer a fait l’an passé appel à un cabinet d’études pour mener une réflexion sur sa structuration. Parmi les scénarii proposés, la Safer a choisi celui du développement intra-régional. Un directeur sera bientôt recruté, les partenariats avec la Région Limousin et la CRAL renforcés et un centre de ressources pour le développement des politiques foncières sera créé. Le président J.-L. Niveau qui a salué les résultats de la Safer Marche Limousin pour 2011 a précisé cependant que la situation de la structure restait fragile, ses bons résultats étant grandement confortés par l’économie réalisée depuis deux ans en l’absence de directeur.

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