L'Union Paysanne 03 novembre 2010 à 11h43 | Par L. REGEAMORTEL

Sanitaire - Campagne de prophylaxie bovine 2010-2011

La campagne de prophylaxie bovine va débuter dans quelques jours. C’est le moment d’effectuer un point sur cette dernière : mise en place, réalisation, gestion des résultats… sont autant d’aspects à connaître pour qu’elle se déroule dans les meilleures conditions.

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Les bovins allaitants âgés de 24 mois et plus sont prélevés tous les ans par le vétérinaire sanitaire de l’exploitation.
Les bovins allaitants âgés de 24 mois et plus sont prélevés tous les ans par le vétérinaire sanitaire de l’exploitation. - © L. REGEAMORTEL

Les analyses obligatoires
Tout détenteur de bovin doit effectuer la prophylaxie annuelle sur les animaux âgés de 24 mois et plus le jour du passage du vétérinaire sanitaire. Cette prophylaxie consiste pour les cheptels allaitants à faire prélever du sang par le vétérinaire sanitaire de l'exploitation. A partir de ce prélèvement, le laboratoire effectuera les recherches suivantes :
• Brucellose sur 20 % des animaux dans tous les cheptels ;
• Leucose sur 20 % des animaux dans 20 % des cheptels. L'analyse pour la recherche de la leucose s'effectue donc tous les cinq ans pour un cheptel donné ;
• IBR sur tous les animaux âgés de 24 mois et plus, sauf ceux possédant un certificat de vaccination établi par le vétérinaire sanitaire. De plus, cette vaccination doit être entretenue, c'est-à-dire que les rappels doivent être effectués selon les modalités décrites dans l'AMM du vaccin utilisé. Le certificat de rappel de vaccination doit suivre les prélèvements ;
• Varron sur tous les animaux âgés de 24 mois et plus dans 227 cheptels choisis selon les critères établis par le cahier des charges régional.
Ce sont les mêmes animaux qui seront analysés en brucellose et en leucose. Ils sont choisis par un logiciel selon des critères d'âge, de sexe et de mouvement.
Pour les ateliers laitiers, les analyses brucellose, leucose, IBR et varron sont réalisées à partir de lait de tank. Il n'y a donc pas de prélèvements sanguins sauf cas particulier ou résultats non négatifs. C'est le cas par exemple en IBR : suite à un lait de tank non négatif, des analyses sérologiques de mélange seront réalisées. Si un mélange se révèle non négatif, les sérums composant ce dernier seront analysés individuellement.
En raison de l'apparition de deux foyers de tuberculose sur le bassin de Meyssac, une tuberculination est prévue en prophylaxie sur cette zone et dans les cheptels en lien épidémiologique. Cette tuberculination qui a pour but de préserver le statut indemne de l'ensemble du département sera mutualisée et prise en charge via le GDS par l'ensemble des éleveurs du département.

Les analyses non obligatoires
Ce sont essentiellement les recherches de la paratuberculose et de la BVD. Concernant la paratuberculose, une partie des éleveurs du département s'est engagée dans le plan de lutte départemental contre la paratuberculose bovine. A ce titre, ils doivent effectuer des analyses sérologiques d'acquisition ou de maintien de garantie de cheptel conformément au cahier des charges départemental.
Cependant, un certain nombre d'entre eux n'ont pas de dépistage paratuberculose à effectuer cette campagne car ils possèdent une garantie biennale délivrée durant la campagne dernière (cf. organigramme).
Quant au BVD, le GDS effectuera un sondage sur des cheptels adhérents. Les résultats d'analyses permettront d'éditer des cartes départementales représentant la situation au niveau des communes (possible circulation virale ou non). Ces analyses sont intégralement financées par le GDS et le Conseil général : pour les éleveurs concernés, il n'y a pas de surcoût de frais d'analyse.

En pratique pour les ateliers allaitants
En novembre, la DDCSPP en partenariat avec le GCDS générera la campagne. Les plans d'analyses à effectuer seront attribués à chaque atelier. Les dépistages paratuberculose y seront intégrés si l'éleveur est engagé dans le plan de lutte. Cependant, il est toujours utile de vérifier les demandes d'analyses inscrites sur le DAP : une erreur est toujours possible.
Une quinzaine de jours avant la date prévisionnelle du passage du vétérinaire sanitaire dans l'exploitation, le GCDS édite le Document d'Accompagnement des Prélèvements pour l'envoyer aux vétérinaires sanitaires. Il est composé de deux parties : une première qui reprend les caractéristiques de l'élevage, les plans d'analyses, le nombre d'animaux à prélever... et une deuxième qui liste les bovins à prélever. A chaque bovin correspond une étiquette code barre autocollante qui reprend toutes les analyses que le laboratoire doit réaliser.
Le vétérinaire effectue les prélèvements sanguins en une ou plusieurs fois sans toutefois dépasser 90 jours entre les premiers et les derniers prélèvements (pour IBR et/ou paratuberculose dans les élevages certifiés et/ou engagés). Il identifie les tubes à l'aide des étiquettes autocollantes du DAP. Avec l'éleveur, il vérifie si les demandes d'analyses sont exactes et fait signer l'éleveur pour attester de son accord. Rappelons que, si l'éleveur n'est pas engagé, c'est à lui de demander les analyses non obligatoires : paratuberculose mais aussi BVD, néosporose ou toute autre analyse.
Une navette financée par le GCDS prend alors en charge les prélèvements dans les cabinets vétérinaires pour les acheminer au LDA.
Le LDA effectue les analyses demandées puis édite les résultats avant de les envoyer aux éleveurs. Le GCDS et la DDCSPP reçoivent les résultats sous forme informatique selon les autorisations (maladies réglementées à la DDCSPP et au GCDS pour délégation de gestion, maladies non réglementées au GCDS si l'éleveur est adhérent ou engagé au plan de lutte).
Chaque structure traite alors les résultats suivant les maladies qu'elle gère. Les procédures correspondantes sont mises en œuvre selon les résultats. Si besoin, les éleveurs sont informés par courrier de ce qu'ils doivent faire : éliminer des animaux, vacciner des animaux, effectuer des recontrôles...

En pratique pour les ateliers laitiers
Les prophylaxies obligatoires sont réalisées à partir du lait de tank sauf cas particuliers. Habituellement, deux analyses IBR sont réalisées : une courant mai et une courant novembre. Les laboratoires d'analyses envoient les résultats aux structures en charge de la gestion de la maladie. Selon les résultats, des analyses complémentaires seront demandées (cas d'un lait de tank non négatif en IBR), voire des visites effectuées. C'est le cas pour le varron : si un lait de tank se révèle positif, une visite de printemps est réalisée afin de vérifier la présence ou non de varron sur le dos des bovins du cheptel.
L'analyse BVD est demandée systématiquement sur lait de tank deux fois par an pour les éleveurs adhérents. Le coût est pris en charge par le GDS. Selon les résultats, les éleveurs sont prévenus par courrier de l'évolution de la maladie dans leur cheptel.
Par contre, les éleveurs engagés au plan de lutte départemental contre la paratuberculose bovine doivent effectuer des prises de sang. En effet, actuellement, il n'est pas possible d'attribuer une garantie de cheptel sur la base d'analyse de lait de tank. Les vétérinaires recevront un DAP spécial où seule la paratuberculose sera notée.

La vaccination FCO
La prophylaxie sera l'occasion d'effectuer les rappels FCO des bovins. Ce maintien de la vaccination est fortement conseillé par l'ANSES qui prévoit une circulation virale importante en l'absence d'immunité résiduelle avec une probable recrudescence de cas clinique sous un à deux ans.

Les tarifs
Chaque année, les tarifs de rémunération des vétérinaires sanitaires sont établis en début de campagne par accord entre les représentants des éleveurs et des vétérinaires. Ces tarifs sont applicables dans le cadre des prophylaxies collectives (cf. encadré).
Quand aux analyses effectuées par le LDA dans le cadre de la prophylaxie, le GDS prend en charge, pour les éleveurs adhérents, dans le cadre de la mutualisation les analyses de recherche de la brucellose et du varron. Le coût d'acheminement des prélèvements est également mutualisé et intégralement financé par le GDS.
Pour les analyses effectuées avec la prophylaxie (IBR, BVD hors sondage, paratuberculose) le GDS est tiers payant pour les éleveurs adhérents. C'est donc le GDS qui paye les analyses à la trésorerie générale et qui les refacture aux éleveurs adhérents déduction faite des subventions éventuelles.

Les obligations de l'éleveur
Rappelons que l'éleveur doit assurer une contention correcte afin que le vétérinaire sanitaire puisse travailler dans les meilleures conditions.
Un défaut de contention peut entraîner un tarif libre. En effet, les tarifs présentés ci-dessus s'entendent avec une contention adéquate.
Depuis plusieurs décennies, le vétérinaire sanitaire de l'exploitation effectue les prélèvements sanguins dans le cadre de la prophylaxie annuelle. Avec le temps et les efforts de toute la filière, les succès sont au rendez-vous : éradication de la brucellose, de la leucose. Aujourd'hui, la pression est sur l'IBR, la BVD et la paratuberculose sans oublier les «anciennes» maladies pour lesquelles la surveillance continue : nous ne sommes pas à l'abri d'une résurgence.

 

Organigramme du dépistage sérologique de la paratuberculose pour la campagne 2010 - 2011
Organigramme du dépistage sérologique de la paratuberculose pour la campagne 2010 - 2011 - © GCDS

Lexique 

A.M.M. : Autorisation de Mise sur le Marché

ANSES : Agence Nationale de Sécurité Sanitaire

B.V.D. : Diarrhée Virale Bovine

D.A.P. : Document d'Accompagnement des Prélèvements

D.D.C.S.P.P. : Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations

G.C.D.S. : Groupement Corrézien de Défense Sanitaire

I.B.R. : Rhinotrachéite Infectieuse Bovine

L.D.A.19 : Laboratoire Départemental d'Analyses

 


 

 

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