L'Union Paysanne 15 juillet 2011 à 11h17 | Par P. Dumont

SANITAIRE - Les années se suivent et se ressemblent

A l’occasion de son assemblée générale annuelle, le Groupement Régional d’Action Sanitaire du Limousin (GRASL) a dépeint la situation sanitaire de 2010.

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La prévention sanitaire est essentielle pour tous.
La prévention sanitaire est essentielle pour tous. - © P. Dumont

Après une année 2009 marquée par la progression de certaines pathologies, 2010 n’a pas été celle du retour à la normale, contexte économique oblige.

En 2009, la situation économique difficile conduisait les éleveurs à mettre un bémol aux actions de prévention sanitaire. La conséquence ne s’était pas fait attendre avec une recrudescence de diverses pathologies. Elles ont perduré en 2010 à la faveur d’un contexte toujours morose. Face à ce constat, Philippe Monteil, président du groupement a souligné de nouveau que la prévention était essentielle pour tous les éleveurs. Sur les actions sanitaires menées et financées à 50 % par la Région Limousin, les membres de l’assemblée ont relevé le dépassement des budgets prévus. Une «rallonge» du Conseil régional serait dès lors la bienvenue. Parmi les faits marquants de 2010, le président a rappelé également la constitution du Pôle Sanitaire Régional Limousin en septembre. Co-présidé par le Grasl et la Fredon, il coordonnera les actions des organismes à vocation sanitaire dans le cadre des opérations liées aux maladies animales et végétales réglementées par l’Etat.

Au rang des priorités pour l’année en cours, on retrouve la BVD, la para-tuberculose, les avortements,... La vigilance sera également de mise pour la tuberculose et la fièvre catarrhale. Au niveau ovin, des outils sont déjà en place. Ainsi, le Guide des bonnes pratiques en élevage ovin est sur le point d’être diffusé. Dix cha-

pitres sous forme de fiches pratiques permettent à leur utilisateur de faire le point sur ses pratiques sanitaires et de s’engager dans une démarche de progrès intégrant la règlementation en vigueur. L’identification, l’alimentation, la traite, la bergerie, les documents à conserver, figurent parmi les thèmes abordés. D’autre part, la formation éleveur infirmier va être étendue à la filière ovine. Une démonstration aura lieu lors de Tech’Ovin, les 7 et 8 septembre prochains. Parmi les pistes de travail, le Grasl a évoqué le lancement d’une réflexion sur les avortements. Celle-ci devrait permettre l’élaboration d’outils d’aide au diagnostic pour les élevages ovins, caprins et bovins. Au niveau national et concernant la BVD, GDS France a en projet d’étendre une étude bretonne sur le dépistage précoce des veaux IPI par des prélèvements cutanés auriculaires. Par ailleurs, une première journée nationale de coordination sur la paratuberculose s’est déroulée en mars dernier, organisée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de Niort. Sur ces deux maladies, les plans de lutte mis en place régionalement font preuve, cette année encore, de leur efficacité (Cf. encadré).

Le Grasl a aussi profité de son assemblée générale pour retracer l’introduction du gène «sans corne» dans la race Limousine (Cf. encadré) et mettre en lumière une pathologie émergente. Autrefois appelée anasarque, la besnoitiose bovine est en extension dans une grande moitié sud de la France, surtout en été. Touchant des animaux jeunes, elle se transmet essentiellement par des insectes hématophages (type taon) ou par des aiguilles souillées. Après six à dix jours d’incubation, la maladie se manifeste par une phase fébrile de trois à dix jours laissant croire à une broncho-pneumonie. Passé ce délai, la température baisse et des œdèmes apparaissent durant environ deux semaines. La peau est épaissie et douloureuse à la palpation. Enfin, la dernière phase, qui peut durer plusieurs mois, se caractérise par une dépilation et une sclérodermie (peau d’éléphant) avec diminution des œdèmes et apparition de crevasses. Des lésions internes affectent l’animal causant amaigrissement, stérilité, nécroses, calcifications voire la mort. S’il est difficile d’établir un diagnostic en phase 1, la phase 2 est typique. Le traitement, qui doit être le plus précoce possible, consiste en l’administration de sulfamides en intraveineuse puis par voie orale. L’animal traité peut alors être engraissé et consommé sans risque.

2010 : les résultats

 

Varron - contrôles sérologiques aléatoires dans 332 élevages. Tous négatifs.

IBR - baisse du coût de la prophylaxie (nouveau cahier des charges). Cheptels adhérents : - 2 %, cheptels indemnes IBR : + 2 %.

Para-tuberculose bovine - Nombre d’engagés stables. Cheptels ayant trois résultats négatifs consécutifs : + 7 %. cheptels engagés garantis selon le référentiel national : 60 %.

Programme régional de prévention des pathologies émergentes - élevages inscrits : 136 bovins et 86 ovins. Près de 30 % des élevages ont fait l’objet d’une suspicion de BVD, confirmé dans plus de 80% des cas.

Plan sanitaire d’élevage - nombre de prescriptions :

- 6,1 %, adhérents : - 6,3 %, dépenses/ exploitation :

+ 2,5 %, prix moyen des antiparasitaires : + 2,6 %

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