L'Union Paysanne 20 mai 2011 à 10h13 | Par TA

Sécheresse - Le syndicalisme mobilisé pour faire face à la sécheresse

La profession demande la mise en place d’un dossier de calamités agricoles ainsi qu’un certains nombre de mesures pour faire face à cet aléa climatique.

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Bruno le Maire a indiqué, lors d'un déplacement dans la Vienne, qu' «il faut supprimer toute contrainte aux éleveurs pour qu'ils puissent faucher leurs jachères et bandes enherbées» pour faire face à la sécheresse. Il accède ainsi à la demande de la FNSE.
Bruno le Maire a indiqué, lors d'un déplacement dans la Vienne, qu' «il faut supprimer toute contrainte aux éleveurs pour qu'ils puissent faucher leurs jachères et bandes enherbées» pour faire face à la sécheresse. Il accède ainsi à la demande de la FNSE. - © Reussir C. Pruilh

Suite au bureau commun du 9 mai dernier, les responsables de la FDSEA et des JA ont pris des résolutions concernant la sècheresse qui risque d’avoir lieu cet été.

 

S’approvisionner en paille

Le syndicalisme demande l’interdiction du broyage des pailles afin que celles-ci soient disponibles pour les filières d’élevage et que leur prix ne grimpe pas de manière démesurée sur les marchés. La FDSEA s’est d’ailleurs mise en relation avec une région céréalière pour organiser une opération groupée et demande la possibilité d’abaisser les coûts de transports : exonération des coûts de péage, mise à disposition de trains par la SNCF… Des informations complémentaires sur cette opération paraîtront dans les prochains numéros de l’Union paysanne.

Assouplir la réglementation

Lors de la dernière réunion du comité sécheresse, la FDSEA et les JA de la Corrèze ont demandé à l’administration des assouplissements concernant la possibilité de retourner les prairies en pâturages permanents ainsi que celles engagées en PHAE2. Cette demande a pour but de faciliter l’implantation de cultures fourragères annuelles, céréales, maïs, etc. pour augmenter l’autosuffisance des exploitations. La Direction départementale des territoires a d’ailleurs répondu dans un communiqué.

Implanter des cultures

La profession demande également au Conseil général d’être solidaire du monde agricole en participant à l’implantation de cultures fourragères, céréales, maïs, prairies, cultures dérobées... pour assurer un stock plus important de nourriture pour le bétail.

Préservation des ressources alimentaires pour éviter la dramatique décapitalisation

Le comité sécheresse de la Corrèze s’est réuni le 13 mai pour faire le point sur la situation de l’agriculture dans le département.

Faisant suite à la demande de la profession et dans le prolongement du comité national sécheresse, le Préfet de la Corrèze a à son tour d’examiné, vendredi 13 mai, avec les services de l’Etat et les responsables agricoles Tony Cornelissen et Michel Queille pour la FDSEA, Thibaut Noilhetas pour les JA, la situation climatique et ses conséquences sur les premières mesures à prendre en compte parmi plusieurs problématiques.

Outre le constat présenté par chacun des services de l’État, la FDSEA et les JA se sont surtout attachés à défendre les priorités concernées par l’ensemble des activités de l’agriculture.

Tony Cornelissen a relaté la situation extrêmement préoccupante des éleveurs «qui fait suite à deux années de crise sur la viande bovine. Nous n’avions vraiment pas besoin de ça».

Parmi les priorités mises en avant par les professionnels, les efforts entrepris par les services de l’État doivent immédiatement porter sur la préservation des disponibilités en alimentation (paille, fourrages, cultures dérobées) et l’abreuvement du cheptel, point trop souvent sous estimé.

D’où l’insistance et la nécessité par tous les moyens de maîtriser le marché de la paille «s’il le faut par l’interdiction du broyage». Marché qui en devenant spéculatif risque d’aggraver une décapitalisation du cheptel déjà entamée. Michel Queille a insisté sur ce point. «Dans le contexte de l’actuelle crise vécue par les éleveurs, une nouvelle dégradation de la situation deviendrait dramatique». Une variabilité des abattages de 10 % c’est 140 000 tonnes de viandes bovines supplémentaires sur le marché intérieur. Situation qui engendrerait un effondrement des cours, déjà largement en deçà des coûts de production. D’où une demande renouvelée d’intervention publique.

Après la préservation des possibilités alimentaires, pour le président de la FDSEA, reste la question de l’acheminement. La réduction des frais de transport a été abordée, entre au-tres l’exonération des droits de péages et, sur de très longues distances, Tony Cornelissen n’exclut pas d’avoir recours au transport ferroviaire. D’où inciter rapidement les services de l’Etat à se rapprocher de la SNCF pour aborder cette question en terme d’allègement de contraintes que nécessite ce type de dispositif.

La FDSEA et les JA ont obtenu dans une prochaine communication faite par l’administration, un rappel du droit, donc des marges de manœu-vres règlementaires dans les assolements des exploitations applicables au titre de la Pac et des déclarations de surfaces.

Sécheresse

La Direction Départementale des Territoires vous informe

Les organisations professionnelles ont récemment demandé que des mesures soit mises en œuvre pour pallier la situation de sècheresse. Ces demandes concernent des assouplissements en matière gestion des assolements, en faveur des fourrages, ainsi que la mise en œuvre de la procédure de calamité agricole.

Calamités agricoles. La DDT a confirmé que la sécheresse des fourrages relève bien de cette démarche. Elle réunira la mission d’enquête pour faire les premiers constats. Cela étant, le dossier ne sera pris en compte qu’à l’issue de la campagne fourragère (4e trimestre 2011), échéance à laquelle les pertes totales pourront réellement être évaluées. Cette procédure ne permet malheureusement pas de verser d’acomptes pour indemniser les exploitants agricoles.

Modification des assolements. La profession a souhaité des assouplissements qui nécessitent des dérogations sur les règles relatives à la conditionnalité et à la PHAE2, notamment sur la possibilité de retourner les parcelles en pâturage permanent, les parcelles engagées en PHAE2 ou en MAE2,... La DDT a fait remonter ces demandes au ministère. Le Ministre évoquera ce sujet dans le cadre du conseil des ministres de l’agriculture de l’Union Européenne, le 17 mai. Il devrait se prononcer sur ces propositions en fin de semaine.

Ceci dit, d'ores et déjà, il existe des possibilités. La DDT a rappelé que :

- les mélanges regroupant céréales + espèces fourragères (exemple : moha + vesce) peuvent être déclarés en prairies temporaires (PT) et donc préserver l’engagement de PHAE2, dans la limite du respect des conditions liées au labour et au déplacement,

- Les cultures de céréales destinées seulement à être récoltées en fourrage (exemple sorgho, moha ou avoine…) ne peuvent pas être déclarés en prairie mais peuvent l’être en fourrage annuel. Elles sont ainsi prises en compte dans la surface fourragère retenue pour le calcul du taux de chargement PHAE2. Les règles de déplacement des engagements PHAE2 s’appliquent alors,

- L’implantation de maïs ensilage ne peut être déclarée en fourrage annuel ce qui aura pour conséquence d’impacter le chargement PHAE2. Par contre, celui-ci peut être intégré aux surfaces de céréales autoconsommées prise en compte au titre de l’Indemnité Compensatoire de Handicap naturel.

Pour cela, il est possible de modifier l'assolement après dépôt du dossier PAC 2011, notamment du fait des conditions climatiques exceptionnelles actuelles. Les modifications doivent être déclarées dès leur survenance, quelle que soit la date dès lors que le dossier n'a pas été mis en paiement ou qu'un contrôle a été notifié ou que des irrégularités concernant les parcelles concernées ont été portées à connaissance par l'Administration.

Toutes les modifications d’assolement doivent être signalées par écrit à la DDT au moyen du formulaire «modification de l’assolement déclaré» qui a été transmis avec le dossier PAC 2011 ou qui est téléchargeable sur le site : www.telepac.agriculture.gouv.fr dans la rubrique «formulaires et notices».

 

Pour complément d'information, vous pouvez contacter la DDT : F. Maurel : 05 55 21 82 39, JF Auriac: 05 55 21 82 74.

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