L'Union Paysanne 20 septembre 2013 à 08h00 | Par GL

Section bovine - «Les bons choix sont à l’origine des bons revenus »

La journée technique du Réseau d’Élevage Bovin Limousin (REBL) s’est tenue dans la Vienne, le jeudi 12 septembre 2013, à Lathus Saint-Rémy. L’occasion de dresser un bilan du réseau. Retour sur cette journée.

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La journée s’est achevée avec la visite de l’exploitation de l’Earl du Marronnier à Lathus Saint-Rémy (86).
La journée s’est achevée avec la visite de l’exploitation de l’Earl du Marronnier à Lathus Saint-Rémy (86). - © GL

«Il est essentiel de remettre de la rentabilité dans l’élevage bovin afin de remédier à la « végétalisation». Il con-vient de répondre à des marchés ayant des perspectives. Il faut donc travailler sur la technique d’élevage et les coûts de production. Les bons choix sont à l’origine des bons revenus», affirme Jean-Marie Delage. Par ces mots, le président du REBL (Réseau Élevage Bovin Limousin) a ainsi lancé cette journée technique par un discours raisonné et déterminé. Car la production bovine a besoin de relever certains défis pour conforter sa position.

 

Bilan de la production REBL

REBL est un réseau qui englobe soixante-quatre fermes de bovins viande de race limousine, réparties en Limousin, Charente, Vien-ne et Dordogne. La production du REBL peut se résumer par les données suivantes : le nombre de vêlages augmente moins vite que l’agrandissement des exploitations (dix vêlages pour quinze hectares supplémentaires). De plus, il y a une baisse de main d’œuvre liée au départ en retraite des plus vieux membres des Gaec, Scea ou Earl. On compte 0,3 vache par hectare sur le Bassin Elevage Bovin Limousin. Neuf vaches sur dix sont allaitantes et huit sur dix sont limousines. 54% des animaux sont finis contre 56% sur toute la France. Soixante mille génisses dont 20% alourdies, soixante-deux mille jeunes bovins exports dont 5% en vif, soixante-seize mille vaches à trois cent quatre-vingt kilogrammes en moyenne de carcasse.

Cinquante-neuf mille huit cent veaux et deux cent mille broutards dont huit sur dix à l’export.

Un essoufflement du système

Cependant, il a été enregistré une baisse de 6% du nombre de vaches depuis 2011. Cette donnée est à mettre en parallèle avec le fait qu’un quart des exploitations ont été perdues en dix ans. Un autre fait encore plus inquiétant est que 50% des éleveurs restants ont plus de cinquante ans. Les problèmes du renouvellement des générations, de l’installation et de la transmission sont posés. Ceci correspond à une moins bonne efficacité entre charges et produits. La hausse des EBE est ainsi grignotée par les amortissements. L’objectif est de 1,5 Smic/Umo avec des animaux performants et une croissance efficace.

La démocratisation de la mécanisation ne doit pas amoindrir les résultats.

Quelles opportunités de marchés ?

Pour le marché des broutards, l’Italie est le principal importateur. Le pays achète 85% des broutards français. Cependant, une baisse de l’engraissement impacte le marché français. En effet, on dénombre une chute de cent vingt-quatre mille têtes soit une baisse de 19% en quatre ans. Les menaces sont : l’accès au crédit lié à la crise, la réforme de la Pac et la convergence ou encore la pression foncière. Néanmoins, de nouvelles niches apparaissent : les Pays-Bas et le Maghreb.

Concernant les jeunes bovins : ils sont voués à l’export. Trois grands clients pour les carcasses se dessinent : en premier, l’Italie, malgré une baisse de la demande, puis en second, la Grèce mais qui connaît une baisse de la consommation ; et, enfin, l’Allemagne dont le marché est stable car épargné par la crise. Pourtant sur le plan national et européen, on enregistre une baisse de 3% des abattages.

Enfin, le marché des vaches est un marché franco-français. Il y a une importation des vaches laitières pour compenser les babys d’export. Ceci correspond à la hausse de consommation de viande hachée en France. Une baisse de 5% de la disponibilité des femelles est à noter à cause d’une recapitalisation des cheptels bovin viande et un marché du lait porteur avec la fin des quotas en 2015. Ceci impactera aussi sur les ateliers d’engraissement des producteurs de lait.

Selon les prévisions de la Fao et l’Ocde, le prix de la viande devrait rester élevé au moins jusqu’en 2022 du fait de la hausse de la demande en viande des pays émergents. On espère une hausse de la production avec des prix supérieurs à 4,5 euros par kilo de carcasse.

La stabilité du revenu est fragilisée par les aléas et la maîtrise des intrants. A système constant, on espère une hausse du revenu pour 2013 (+2%) mais il faudra compter sur de bonnes ventes pour palier la hausse des charges envisagée (+1,7%).

Visite de l’Earl du Marronnier à Lathus Saint-Rémy (86)

 

La journée technique de REBL s’est achevée par la visite d’une exploitation. Les exploitants ont un objectif de valeur ajoutée maximale avec l’engraissement, mais sous quelles conditions ? Avoir l’oeil de l’éleveur et combiner l’engraissement avec la vente d’animaux reproducteurs.

L’Earl du Marronnier est une exploitation de grande taille, deux cent trente hectares, mais peu chargée en vêlages, cent vingt par an, d’où une exploitation qui peut prétendre à un maximum de primes. C’est une exploitation sur trois sites, un peu juste en bâtiments, peu de cultures et une orientation herbagère avec la luzerne. Les bâtiments sont amortis, l’achat de matériel est raisonné. Pas plus de treize € par an de hausse sur le poste matériel.

Génétique en développement, avec Bovin croissance en 2006, inscription du cheptel en 2010 et des inséminations avec des taureaux fertiles et améliorateurs en lait. Il y a cinq taureaux dont un acheté à Lanaud. Pour l’engraissement, ce sont des rations maïs ensilage, une pesée par mois et une vérification systématique des performances. Une volonté d’améliorer l’autonomie alimentaire avec l’ensilage de maïs, d’herbe, ou la luzerne, par exemple. Un seul point négatif : la dépendance en approvisionnement de paille, qui est lié à la faible surface en céréales (à peine vingt hectares).

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