L'Union Paysanne 02 mai 2012 à 09h50 | Par P. DUMONT

Session Chambre - Poursuivre le travail engagé pour faire face à la crise

C’est en Corrèze à Objat que la Chambre régionale d’agriculture du Limousin s’est installée pour sa session de printemps, le 23 avril.

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La session de la Cral a mis l'accent sur les défis de plus en plus nombreux auxquels doit répondre l'agriculture.
La session de la Cral a mis l'accent sur les défis de plus en plus nombreux auxquels doit répondre l'agriculture. - © P. Dumont

A l’ordre du jour, une conjoncture toujours difficile. Aux aléas économiques, climatiques et sanitaires, la CRAL oppose la volonté de se mobiliser pour relever les défis de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain.

La pluie de ces dernières semaines a relégué la sécheresse au rang des fantômes du passé, du moins pour le moment. Pour autant, les participants à la session CRAL du 23 avril n’étaient pas exempts d’inquiétudes. La présentation de la conjoncture du premier trimestre préparée par Guillaume Mathieu et Bertrand Dumas n’a pas contribué à les rassurer. Premier à être évoqué, le coût des intrants a atteint en ce début 2012 un niveau plus élevé qu’en 2008, date de sa flambée historique. Les engrais et l’énergie en sont les principaux responsables. Plus grave, aucun décrochage de la courbe n’est perceptible. Pour la majorité des catégories de bovins, les cours s’établissent à un niveau supérieur aux années passées. Principale cause, une offre limitée, conséquence de la décapitalisation du cheptel due à la sécheresse et qui contribue à faire augmenter les prix. Même chose pour les éleveurs ovins. Face à cela, les consommateurs dont le pouvoir d’achat est en berne boudent la viande rouge, portent leur choix vers des produits de milieu de gamme voire vers d’autres types de produits. Principal bénéficiaire de cette réorientation, la filière porc enregistre ses prix les plus hauts depuis plusieurs années. D'autres catégories d’animaux éprouvent aussi des difficultés ; les prix des palmipèdes et des volailles chutent. Malgré une tendance à la hausse, la filière bovin lait peut craindre une baisse des prix en lien avec l’importance des volumes de production et la chute des cours mondiaux de certains produits industriels (poudre de lait, beurre). Toujours dans le do-maine du lait mais de chèvre cette fois, la crise qui sévit depuis plusieurs années ne semble pas trouver d’issue. Pour la première fois en 2012, le prix du lait de chèvre n’atteint pas le niveau du coût de production. Enfin, les prix des pommes s’orientent à la baisse du fait de l’abondance de l’offre et de la concurrence. En outre, avec un automne clément et un hiver tardif, la consommation a mis du temps à démarrer.

Le gel et l’aide à l’engraissement en question

La situation de la filière pommes ne semble pas en passe de s’améliorer. Les participants à la session s’interrogent sur les conséquences du gel de ces derniers jours. Selon Joseph Mousset, président de la FDSEA 87, représentant la FRSEA Limousin, les dégâts sont importants et pourraient même atteindre

100 % sur certains secteurs. La note de conjoncture présentée, saluée par tous, appelle de nombreux commentaires de la part des représentants des chambres d'agriculture départementales : possibilité de compléter les données par l’état financier des exploitations, nécessité de mettre les revenus au centre des débats, prise en compte des IPAMPA dans la contractualisation puisque les prix des productions végétales vont augmenter. Sur l’aide à l’engraisse-

ment de jeunes bovins également des remarques, notamment sur le seuil de cinquante jeunes bovins nécessaire pour y prétendre. Jugé trop élevé, l’aide ne concernerait guère les engraisseurs limousins. La Région Limousin, représentée par Bernard Roux s’associe à cette analyse, précisant cependant qu’une taille importante reste nécessaire pour mutualiser les coûts. La Pac suscite également beaucoup de questions sur son budget, sa date de mise en oeuvre, le risque de «sanctuarisation» des territoires lié au verdissement ou encore le maintien du couplage de la PMVA. Des interrogations partagées par le président Soursac pour qui «la future Pac doit soutenir les systèmes de polyculture-élevage sans les enfermer dans un carcan qui leur interdirait toute possibilité d'adaptation.»

Vers un nouveau mode de développement agricole

Face à une situation qualifiée par Joël Soursac dans son allocution de «désarmante», il faut retrousser les manches. Les revers économiques, climatiques et sanitaires subis par l'agriculture limousine impactent production et investissement. Le salut passera une réaction forte et la poursuite du travail engagé au niveau technique et agronomique. Également essentiels, la mise en place d'outils de gestion des risques et de régulation des marchés. Être compétitive, produire en quantité suffisante et avec un niveau de qualité élevé, respecter les ressources naturelles, être actrice des territoires, l'agriculture doit répondre aujourd'hui à une multitude d'objectifs. Le développement agricole ne peut plus être conduit comme par le passé. Il doit être selon la CRAL «moins normatif et plus ouvert». Avec le Programme structurel herbe &fourrages, le Programme Li-mousin des Acteurs de l'Agriculture Biologique ou encore le Plan Écophyto, une dynamique est déjà en marche. Le président de la CRAL salue également le travail mené avec l'Institut de l’Élevage sur les coûts de production, élément clé pour améliorer l'efficience des exploitations. Afin que ce développement soit possible, la chambre régionale réclame la simplification de l'accès aux dispositifs d'aide.

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