L'Union Paysanne 06 novembre 2013 à 08h00 | Par P. Dumont

Session nationale viande bovine - JA fait le premier pas vers transformateurs et GMS

Pour les JA, l’avenir de l’élevage passe par une meilleure maîtrise de l’amont et de l’aval. Pour trouver des solutions au marasme ambiant, ils ont invité transformateurs et GMS à leur session nationale viande bovine les 29, 30 et 31 octobre en Haute-Vienne.

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- © P. Dumont

Un renouvellement des générations à la peine, des revenus en berne, des marchés volatils et une réforme de la PAC qui inquiète, le moral des jeunes éleveurs n’est pas au mieux. Face à cette situation, le réseau Jeunes Agriculteurs cherche des pistes d’action. Réunis en session nationale viande bovine en Haute-Vienne la semaine passée, les JA sont partis d’un constat : mieux maîtriser l’amont et l’aval de la production est essentiel. Ils ont donc convié transformateurs et GMS à leur table. «Jusqu’ici, cela n’avait pas été fait, explique Julien Bigand, responsable Viande bo-vine à JA. Nous devons essayer de trouver des marges de manœuvre, de construire des ponts entre eux et nous.». Etaient présents à la session, une représentante de l’Observatoire des prix et des marges, un transformateur (SNIV - SNCP - Groupe Bigard) et des enseignes disposant d’outils d’abattage (Leclerc avec l’abattoir de Kermené, Intermarché avec SVA Jean Rozé) ou non (Carrefour). Chacun a été invité à donner son point de vue sur la situation du marché et les perspectives de la filière. A la fin des trois jours de la session, le bilan tiré par JA était mi-figue, mi-raisin.

 

Des constats peu encourageants…

Réclamé par la profession qui souhaitait savoir à qui profitait les marges, l’Observatoire des prix et des marges va prochainement sortir son rapport 2013. Invité à la session, FranceAgrimer a évoqué les chiffres 2012 et notamment un chiffre : -1,9%. Ce serait la baisse de la marge brute des rayons boucherie en GMS en 2012. Un chiffre qui laisse les JA en proie au doute. En effet, seuls huit distributeurs communiquent leurs données à l’Observatoire qui n’a pas d’autres sources chiffrées pour les GMS. En outre, l’Observatoire ne prend pas en compte les coûts de production dans ses études. Les JA ont également été déçus par les propos des transformateurs qui disent ne pas pouvoir faire passer de hausses de prix aux GMS. Enfin, l’évocation par les distributeurs de l’inadéquation entre les animaux produits et la demande du marché est jugée inacceptable par les éleveurs au vu de la diversité des races bovines en France. Ceux-ci soulignent aussi le manque de volonté des acteurs par rapport à la contractualisation.

Des pistes cependant

Si la consommation de viande est en recul sur le marché français, elle est en revanche en hausse au niveau mondial. Une piste pour tirer les prix vers le haut pour les JA même s’ils préfèreraient que la valeur ajoutée se fasse sur leur territoire avant tout. Toujours dans l’optique

d’avoir un prix rémunérateur, de nouveaux produits tels que le JB doivent être développés. L’engraissement peut être aussi une nouvelle voie. JA Haute-Vienne y travaille d’ailleurs activement (Cf. encadré).

Les visions des JA, des transformateurs et des GMS convergent sur deux points. Pour tous, il est essentiel de mieux communiquer en direction des consommateurs. Autre nécessité, celle d’avoir plus de professionnels de la viande compétents et donc de former des bouchers.

Si la rencontre n’a pas été tout à fait à la hauteur des espérances des jeunes éleveurs, elle n’en a pas moins été utile. «Nous voulons créer le dialogue mais tout ne se règle pas en un coup de baguette magique, termine Julien Bigand. De nouvelles rencontres auront lieu. Des démarches locales existent, il faut les démultiplier.»

JA Haute-Vienne présente son plan d’action pour l’engraissement

 

Depuis 2009, le nombre d’installations chute en Haute-Vienne. «Pour maintenir cheptel et production, vingt-cinq installations sont nécessaires à l’année sur le département, rappelle Régis Desbordes, président de JA Haute-Vienne. Notre rôle est de donner un cap.» Le 25 septembre dernier, le colloque «engraisser demain en Haute-Vienne» a permis aux JA de jeter les bases d’un plan d’action pour accompagner les porteurs de projet. En collaboration avec la chambre d’agriculture, les OP et le Crédit Agricole, un «pack projet» a été mis en place. Il prévoit un accompagnement en trois temps : études technico-économiques du projet, aide à la mise en œuvre et suivis technique et technico-économique pendant trois ans. Des solutions de financement et de sécurisation sont proposées par les partenaires. L’offre devrait être finalisée d’ici la fin 2013.

L’objectif visé au travers de ce plan d’action est d’engraisser 10% du maigre produit sur cinq ans (soit mille animaux finis par an). «Nous ne voulons pas convertir tout le monde, souligne Régis Desbordes mais donner un élan et proposer une solution à tous».

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