L'Union Paysanne 11 octobre 2013 à 08h00 | Par Sophie Chatenet

Sommet de l’élevage - Hollande fait de l’élevage un investissement d’avenir

Au Sommet de l’élevage, le président de la République a annoncé, mercredi, les choix de la France dans le cadre de la mise en œuvre de la PAC. Des choix « pro élevage ».

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François Hollande aura passé pas moins de 2h30 à déambuler dans les allées d’un Sommet, plein à craquer, ici aux côtés des éleveurs de salers.
François Hollande aura passé pas moins de 2h30 à déambuler dans les allées d’un Sommet, plein à craquer, ici aux côtés des éleveurs de salers. - © Sophie Chatenet

Dans une grande Halle surchauffée par la chaleur extérieure et la foule venue en masse en ce premier jour du Sommet, le président de la République, accompagné des ministres de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et du Commerce, s’est livré à un véritable marathon, mercredi dernier. Un peu chahuté dans le Hall bovins lait, par une poignée d’éleveurs et de visiteurs, François Hollande aura finalement clôturé sa visite par une série d’annonces favorables à l’économie de l’élevage, dans le cadre de la mise en œuvre de la PAC. Retour sur une après-midi pas comme les autres. Attendu par une nuée de journalistes, pas moins de 90 avaient été accrédités pour suivre l’évènement, et par un nombre impressionnant d’élus politiques et professionnels, François Hollande est arrivé vers 14h30 au Sommet de l’élevage. Il a quitté les lieux aux alentours de 18 heures. Autant dire que le Chef de l’Etat n’a pas été avare d’échanges, de pauses sur un parcours de visite qui l’a mené du Hall 1, aux Hall bovins lait, en passant par le plateau d’exposition machinisme sans oublier le Hall bovins viande. Première escale sur le stand JA, où il a soufflé les bougies des quarante ans de la DJA, puis direction la FNSEA, où le président de la FRSEA Massif central, Jacques Chazalet, lui a remis les appels de Tulle.

Discussion entre le Chef de l’état, Jacques Chazalet, FRSEA Massif central et Xavier Beulin, président FNSEA.
Discussion entre le Chef de l’état, Jacques Chazalet, FRSEA Massif central et Xavier Beulin, président FNSEA. - © Sophie Chatenet

De Tulle à Cournon

Comme un clin d’œil au rendez-vous corrézien, qui s’est tenu le 20 septembre dernier et qui a rassemblé 350 personnes. «Vous ne m’aviez pas invité à Tulle, alors je viens à Cournon», a lancé en guise d’introduction le Chef de l’état avec un brin d’humour. Il n’était certes pas à Tulle, mais force est de constater qu’il semble avoir reçu le message distillé par les professionnels. Après avoir exprimé à plusieurs reprises «son attachement à l’élevage», qu’il considère avant tout comme une «opportunité pour l’économie française», «un investissement d’avenir», François Hollande a expliqué en détail les choix de la France dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme de la PAC. D’abord, la part des aides couplées concernant l’élevage sera utilisée complètement, les modalités de répartition seront modifiées au profit des volumes produits. Sur les ICHN, elles feront l’objet, dans leur globalité, d’une première revalorisation de l’ordre de 15% à compter de 2014. Leur plafond sera rehaussé à 75 hectares. C’est 85 000 agriculteurs qui seront concernés. «En quarante ans, c’est la plus forte revalorisation jamais opérée, qui nous permettra d’atteindre en fin de période 1,1 milliard d’euros». Les éleveurs à l’herbe, situés hors zone ICHN, devraient également bénéficier d’un soutien.

Surdotation

Le chef de l’état a annoncé un coup de pouce supplémentaire en faveur des jeunes agriculteurs : «1% des aides directes sera alloué aux jeunes agriculteurs ». En jeu, ce sont 100 millions d’euros supplémentaires. En matière de compétitivité, le président de la République a insisté sur la nécessité de moderniser les bâtiments d’élevage. Un fonds état, Europe, alimenté à hauteur de 200 millions d’euros par an permettra d’abonder des investissements liés aux bâtiments. Les Régions seront également invitées à mettre la main à la poche.

A Cournon, François Hollande a acté le choix français en faveur de la sur dotation des 52 premiers hectares, de manière « à favoriser le maintien d’un plus grand nombre de chefs d’exploitation sur le territoire». Le Gaec restera la forme juridique permettant de bénéficier de la sur dotation. Sur la convergence, le président de la République a dit vouloir l’engager progressivement à partir de 2015, pour atteindre 75% en 2020. Quant au verdissement, il sera appliqué individuellement et sera proportionnel à l’aide de base.

Un syndicat de solutions se veut être constructif

 

Je n’ai pas besoin de rappeler qu’il y a dix ans la PAC était dans le viseur des libéraux qui souhaitaient voir fortement diminuer le budget de la Politique Agricole Commune de plus de 30%. Dix ans plus tard, non seulement nous avons un budget cohérent et de surcroît il sera dédié en grande partie à l’élevage, l’élevage de nos territoires.

Nous avons porté des positions, nous avons fait pression auprès des politiques jusqu’à l’appel de Tulle, apparemment entendu par le Président Hollande. Aujourd’hui, notre travail est récompensé. La position présentée par le Président de la République lors du discours de Cournon, conforte nos demandes de visions d’avenir avec des dotations financières supplémentaires sur les aides du second pilier et notamment sur les ICHN. Notre objectif de prioriser l’élevage a été pris en compte.

Maintenant un important travail nous attend pour arrêter le contenu de ces mesures. Dans les prochains jours, les prochains mois, nous allons tout mettre en œuvre avec l’appui de nos structures régionales et nationales pour que nous soyons, capables de relever les défis qui attendent notre agriculture.

Nous pouvons toujours contester des décisions, nous pouvons toujours nous montrer insatisfaits, mais s’opposer sans proposer ne mène à rien. Nous avons besoin de bâtisseurs et non de démolisseurs, quand l’exécutif en place, quel qu’il soit, annonce de bonnes nouvelles pour notre profession il faut les reconnaitre. La PAC et ses aides ne suffiront pas à dégager un revenu décent à notre métier et nous connaissons que trop bien la destinée des systèmes qui vivent sous perfusion de subventions. Toutefois elles doivent effacer les distorsions de concurrence intracommunautaire et la consolidation du second pilier, le permet. Les dés sont jetés, c’est à nous de jouer.

 

Daniel COUDERC, Président de la FDSEA

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