L'Union Paysanne 01 octobre 2013 à 10h16 | Par Vincent SOLEILHET

Ussel - Journée de l’élevage - Derrière les loisirs se cache de l’économie

Cela fait plus de 20 ans que le centre-ville d’Ussel accueille le temps d’une journée, animaux, matériels et autres animations, pour célébrer l’élevage et l’agriculture de Haute-Corrèze. Cette année, sur fond de réforme «imminente» de la Politique Agricole Commune, c’est le cheval qui était mis à l’honneur.

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Tony Cornelissen, président de la Chambre d'agriculture a commenté la visite officielle. Première sortie agricole pour Monsieur le Préfet de la Corrèze.
Tony Cornelissen, président de la Chambre d'agriculture a commenté la visite officielle. Première sortie agricole pour Monsieur le Préfet de la Corrèze. - © UP 19
Les prévisions météos donnaient de la pluie et finalement c’est le soleil qui a dominé samedi dernier lors de la journée de l’élevage 2013, à Ussel, ce qui n’a rien gâché. Traditionnellement, lors de cette manifestation, un thème est préféré, cette année le cheval était à l’honneur, le « cheval loisir » mais pas seulement. De la place de la république (Hyper-centre d’Ussel) aux champs de foire l’agriculture a envahi la capitale de Haute-Corrèze, une démonstration de force qui, encore une fois, justifie l’importance du secteur sur le département. La production bovine domine en terre Corrézienne mais la présence d’une centaine de chevaux à l’occasion du concours départemental laisse croire qu’il y a bien d’autres productions sur le territoire. Historiquement élevés et sélectionnés pour la traction animale, les chevaux de trait ou chevaux lourds faisaient partie intégrante de l’agriculture jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Modernisation et mécanisation ont eu raison de cet animal de travail destiné depuis à la boucherie et consommation humaine. Il n’est pas rare d’entendre que c’est la consommation de viande équine qui a «sauvé» de nombreuses races de chevaux lourds. Brigitte Gorse, la nouvelle présidente du syndicat départemental des chevaux de traits approuve et complète, «en France on mange de la viande de cheval, elle est bonne pour la santé et nous pourrions même avoir un label. La traction animale c’est une chose, mais derrière ces chevaux de traits se cache des éleveurs, qui font aussi partie de l’économie rurale». Sans pour autant proposer une dégustation, les éleveurs corréziens de chevaux lourds ont répondu présent en participant massivement au concours départementale modèle et allures.
La journée de l'Élevage a été l'occasion pour les producteurs corréziens adhérents au réseau Monlait de faire goûter et découvrir leur marque.
La journée de l'Élevage a été l'occasion pour les producteurs corréziens adhérents au réseau Monlait de faire goûter et découvrir leur marque. - © UP 19
L’ascension de «Mont Lait» Faute de viande de cheval, c’est du lait issu directement du pis de la vache que nous pouvions déguster à Ussel grâce à l’initiative des éleveurs laitiers Corréziens adhérents à la démarche «Mont lait». Cette action de promotion rentre dans le cadre de la commercialisation d’une marque collective de lait de consommation. Avec plus de 1 000 producteurs engagés, l’Association des Producteurs de Lait de Montagne a été créée en décembre 2010 par un groupe d’éleveurs laitiers soucieux du maintien de la production et des outils de transformation du lait dans les montagnes du Massif central. Cette association, qui compte une cinquantaine de producteurs Corréziens, a pour but de valoriser la production laitière du territoire et d’arriver, à terme, à dégager une valeur ajoutée pour les producteurs. Les briques Mont Lait, fabriquées par la coopérative Terra Lacta à l’usine de Theix (63), sont déjà présentes en Corrèze dans le magasin Carrefour Hyper de Brive la Gaillarde et le magasin E.Leclerc d’Ussel. Non seulement propriétaires de leur marque, les producteurs sont également en première ligne pour assurer la commercialisation et la promotion de leurs produits.
Échange avec les consommateurs et lobbying politique Tout au long de l’été, les comices, le festival de l’élevage de Brive et les multiples manifestations sous le thème de l’agriculture ne sont pas du folklore loin de là. L’exemple de la journée de l’élevage d’Ussel et la recherche de contacts avec les consommateurs, montre la volonté des éleveurs de s’investir au-delà de la production, Ils ne souhaitent plus être de simples fournisseurs mais de véritables acteurs aux seins de leurs filières à l’écoute des demandes du marché. L’organisation d’une vente aux enchères d’animaux de boucherie lors de ces différentes manifestations, comme ce fut le cas à Ussel, sont aussi des moments clés, qui permettent de communiquer avec le grand public mais aussi avec les élus et représentants de l’état. D’ailleurs, Monsieur Delsol, Nouveau préfet de la Corrèze, a fait honneur à la journée de l’élevage d’Ussel en effectuant sa «première sortie agricole» samedi dernier. Lors de son discours il a souligné l’importance de ces moments d’échange avec la profession, «si, avant, la population avait des contacts proches avec l’agriculture, c’est de moins en moins le cas, d’où l’intérêt de maintenir ce genre de manifestation». À plusieurs reprises les éleveurs présents ont interpelé la délégation d’élus et de représentants agricoles pour rappeler la nécessité de soutenir l’élevage par le biais des aides Pac. À ce propos, Daniel Couderc, venu en tant qu’éleveur, car il a présenté un lot de salers et président de la Fdsea, a convenu avec les représentants de l’État de transmettre au Président de la République, un ultime message sur le doublement des budgets Ichn avant le tant attendu discours d’ouverture du sommet de l’élevage prévu mercredi 2 octobre à 16 heures 30. La météo réserve parfois de bonnes surprises, comme ce fut le cas samedi dernier à Ussel. Espérons que les annonces de François Hollande dégagent le ciel sombre qui menace l’élevage.
Hommage à René Perthus «Ayons une pensée pour un fidèle exposant à la Journée de l'Élevage, un ardent défenseur de la race Salers. En effet, René Pertus s'est éteint la veille de la manifestation à l'âge de 90 ans. Nous gardons le souvenir d'un homme passionné par la vache rouge, et passionnant pour ceux qui savaient l'écouter. Adieu René, merci pour tout.»

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