L'Union Paysanne 30 septembre 2021 a 08h00 | Par La rédaction

VIE SYNDICALE.Priorité absolue au prix

La FDSEA a tenu son conseil d’administration de rentrée. Comme il est désormais de tradition, celui-ci était décentralisé et c’est le canton d’Argentat qui en fut l’hôte.

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Accueilli par Xavier Lathière, délégué cantonal d’Argentat et Franck Combes, président du syndicat local, le premier conseil d’administration de la FDSEA de cette nouvelle année syndicale s’est tenu vendredi dernier à Argentat. La FDSEA maintient le cap adopté lors de la dernière assemblée générale et portant sur la construction du prix en marche avant. Conscients que la PAC ne constitue plus une «assurance revenu » pour les producteurs, les administrateurs de la FDSEA entendent obtenir des hausses des prix à la production dans toutes les filières. « Les coiffeurs, les artisans, les restaurateurs, les mécanos… Toutes les entreprises augmentent leurs prix en fonction de leurs charges. Au nom de quel principe le paysan devrait toujours se contenter de ce qu’on veut bien lui donner ? Nous sommes au bout du système » introduit le président Daniel Couderc.
Pour atteindre cet objectif, la FDSEA entend bien s’appuyer sur la proposition de loi Besson Moreau en cours de discussion au Sénat, et censée être plus contraignante envers les opérateurs économiques de l’aval que la première version d’Egalim. L’objectif est bien de réussir à enclencher une démarche vertueuse de construction des prix sur la base des coûts de production agricoles. Et sauf à obtenir des prix imposés par l’Etat, la contractualisation semble être le seul moyen d’y parvenir.

Le prix ne tombera pas du ciel
« Rien ne bougera si les agriculteurs ne s’approprient pas la question et si les organisations de producteurs ne tirent pas dans le même sens » prévient Daniel Couderc. Ainsi, le premier levier d’action de la FDSEA consiste à informer les agriculteurs puis de les accompagner dans la future contractualisation obligatoire qui s’annonce. Outre les informations régulières communiquées via l’Union Paysanne, le conseil d’administration a décidé d’organiser cet hiver une série de formations à destination de tous les agriculteurs. Le thème sera également abordé dans chacune des réunions locales. La FDSEA s’appuiera sur des outils de détermination des prix, conformes
à la loi et à l’intérêt des producteurs, construits au sein des sections départementales laitière et bovine. Un travail qui devrait être prolongé pour chacune des filières.

PAC. Au tour au 2ème pilier
Rien d’enthousiasmant du côté de la future PAC. La ferme corrézienne perdra, comme la plupart des autres départements, environ 2 % d’aides. « Mais nous revenons de loin, nuance Daniel Couderc, car jamais l’élevage n’a été autant menacé. Concernant l’aide à l’UGB qui remplacera l’aide à la vache allaitante, les premières propositions ministérielles étaient de 72€ / UGB allaitant. Nous sommes parvenus à obtenir 104 €. Et puis nous avons préservé le budget et le ciblage de l’ICHN ». Tandis que la déclinaison française de la PAC est quasi finalisée pour le 1er pilier, les dispositifs du 2ème pilier restent à préciser avec le Conseil régional, principal gestionnaire. La FDSEA demande des mesures ambitieuses en faveur de l’investissement (bâtiments et équipements d’élevage, matériels de précision en production végétale, irrigation et stockage de l’eau), des MAEC simplifiées, un effort accru en termes de recherche/développement pour adapter notre agriculture au changement climatique, mais aussi des mesures en faveur de l’emploi et de la formation. Le syndicalisme demande également que la Région favorise l’approvisionnement de la restauration collective en produits locaux avec la garantie d’une juste rémunération des producteurs. Sur le dossier installation, la FDSEA ne cache pas ses inquiétudes
quant aux orientations prises par la collectivité régionale qui souhaite rénover la DJA tout en fermant l’accès des bénéficiaires aux financements de modernisation pendant 4 ans.

« La FDSEA dénonce les dérives de la décentralisation. Les disparités de traitement entre producteurs de régions administratives différentes sont de plus en plus marquées »

Un schéma cynégétique amélioré
Le conseil d’administration s’est par ailleurs penché sur le nouveau schéma cynégétique 2021- 2027 adopté en Corrèze après de longs et parfois houleux débats. La FDSEA se félicite d‘avoir obtenu par la voix de ses représentants à la Chambre d’agriculture l’interdiction de l’agrainage des sangliers en Corrèze. « Une pratique dont l’objectif premier a été dévoyé, et qui n’est pas pour rien dans la prolifération des effectifs ». Parmi les autres avancées, les administrateurs ont salué le maintien de la dérogation pour « la chasse véhiculée », la possibilité de chasser le sanglier par temps de neige, ou encore le passage de 60 à 75 % de l’obligation de réalisation des plans de chasse. D’autres avancées restent à obtenir, en lien notamment avec la pression des cervidés. La proposition de rendre les bracelets gratuits lorsque la densité de cerfs est trop élevée n’a pas été retenue. Les administrateurs ont par ailleurs tenu à souligner que le gros gibier n’est seul en cause. Palombes, corbeaux, blaireaux…, les dégâts occasionnés par ces animaux sont localement source d’importants problèmes.

Pénurie de main d’oeuvre
La FDSEA redoute que les difficultés de recrutement finissent par peser sur la capacité des groupements d’employeurs à répondre aux besoins des agriculteurs, y compris dans les situations d’urgence (maladie, accident) qu’il devient de plus en plus difficile d’honorer. L’absence de solution pouvant dans certains cas mettre rapidement en péril la survie d’une exploitation. Le conseil d’administration a ainsi validé un projet d’action consistant à partir sur le terrain à la rencontre des élus locaux pour promouvoir les opportunités d’emploi et étudier les synergies possibles avec d’autres secteurs d’emploi en milieu rural.

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