L'Union Paysanne 06 mai 2011 à 10h35 | Par S.F.

Visite présidentielle et ministérielle - «La Corrèze ne se nourrit pas de promesses»

La FDSEA et les JA ont rencontré le ministre de l’agriculture à Egletons le 28 avril dernier.

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Tony Cornelissen en discussion avec le ministre de l’agriculture Bruno le Maire.
Tony Cornelissen en discussion avec le ministre de l’agriculture Bruno le Maire. - © DR

Tony Cornelissen pour la FDSEA et Mathieu Jimenez, pour les JA, ont rencontré en marge de la visite présidentielle de Nicolas Sarkozy à Egletons, le Jeudi 28 Avril, le ministre de l’Agriculture Bruno le Maire.

Ils lui ont notamment fait part des principales problématiques actuelles relatives à l’agriculture corrézienne et limousine argumenté par un dossier remis en main propre à cet effet.

 

La crise viande bovine

Présente dans tous les esprits, elle ne pouvait pas ne pas être évoquée avec des cours toujours aussi bas en vaches de qualité, comme les prix du broutard. Les syndicalistes ont rappelé au ministre de l'Agriculture que la machine à classer n'est toujours pas opérationnelle ici, à Égletons, dans un des plus grands centres du groupe Bigard.

 

Nicolas Sarkozy a propose de renforcer la fiscalité pour favoriser l'investissement.
Nicolas Sarkozy a propose de renforcer la fiscalité pour favoriser l'investissement. - © DR

A propos des exploitations

La compétitivité des exploitations situées en zones difficiles reste toujours aussi fragile, avec des charges opérationnelles qui ne cessent de croître et non répercutées sur les prix à la production. Les coûts de main d’œuvre : un exemple de distorsion dans la première transformation, coût horaire d’un salarié en France plus de 20 €/heure, en Allemagne moins de 7 €/heure. Les aides à la mécanisation abandonnées par l’État rentrent aussi dans ce volet. En France, le service d’équarrissage est complètement libéralisé depuis 2009, alors que le financement public représente 90 % en Espagne et dans certains Länder allemands.

La restructuration des exploitations ou l’articulation agriculture et forêt a des conséquences évidentes sur la surface agricole utile, tout comme les impacts forts de l’urbanisation furent mis en évidence. Limiter et interdire l’implantation de maisons en zones rurales qui amènent des contraintes (déboisement, épandages, …). Ces habitations engendrent des «hernies» problématiques qui coupent les exploi- tations et les forêts. Le regroupement des moyens de production est un levier important

d’avenir pour améliorer la compétitivité de nos exploitations. Tout ceci a amené le dossier de l’installation des jeunes agriculteurs trop souvent pénalisés.

 

Déficit hydrique

La sècheresse qui se profile avec la reconstitution des stocks fourragers pour nos zones herbagères a permis d’aborder le broyage des pailles en zones céréalières. Sur ce point, ils ont réédité une vieille demande des éleveurs qui serait l’interdiction de broyage, afin de disposer en quantité suffisante de paille destinée à alimenter sans spéculation les animaux. Et de proposer «de passer des contrats pour avoir des accords de prix entre céréaliers et éleveurs».

Ils ont également interpellé le Président Sarkozy et insisté auprès du représentant du peuple français sur la situation difficile de l’élevage.

En aparté, il a répondu «qu’il serait favorable à la taxation de la valeur ajoutée, si elle n’était pas équitablement répartie dans les filières et qu’il se rendrait la semaine prochaine dans une exploitation bovine».

 

Rencontre d’un représentant du cabinet du ministère de l’Agriculture à la préfecture de Tulle

Pas de grandes annonces mais des promesses…

 

Lors de la visite officielle du Président de la République en Corrèze, le 28 avril 2011 à Egletons, une délégation de la FDSEA et des JA a été reçue à la préfecture par le sous-préfet de Brive, un représentant de la DDT et Jean François Michel du cabinet du ministère de l’Agriculture. Nous avons pu leur faire part de nos revendications.

- La crise de l’élevage bovin dure depuis trois ans

« Malgré toute les mesures prise il n’y a pas d’amélioration. Les cours des marchés ne font que chuter et les charges qu’augmenter. » La production bovin viande est celle que a les plus faible revenu. Il y a eu un plan d’urgence qui a été mis en en place en 2010, avec les machines à classer dans les abattoirs, une révision des grilles de cotation,... mais cela n’est pas suffisant. Le ministère a proposé de redonner du pouvoir à France Agrimer pour faire respecter les accords interprofessionnels.

- La France est mauvaise en export

C’est pour cela qu’un accord du GIE (groupement d’intérêt économique) export à été signé mercredi 27 avril, entre les différentes familles de l'interprofession bovine. Ce GIE aura pour rôle de faciliter et de permettre aux entreprises d'être présentes dans des pays tiers où elles ont un rôle commercial à jouer.

- Le prix de la viande augmente au niveau du consommateur mais pas du producteur !

Avec l’annonce d’une hausse de 26% du prix du steak haché, l’ensemble des éleveurs ne comprend pas et n’admet pas la tension sur les marchés et sur les prix payés aux producteurs. Le prix moyen actuellement constaté est de 3,30€, bien loin des engagements pris par les abatteurs et la grande distribution qui devaient permettre d’atteindre un prix rémunérateur pour le producteur. « Cela a été expliqué dans le rapport Chalmin, que les producteurs sont les seuls de la filière a ne pas répercuter sur le prix la hausse de leur charge contrairement à la grande distribution entre autre. C’est dans ce contexte que la semaine prochaine sera signé un accord de l’indexation des prix des matières premières pour les filières bovines, ovines et avicoles», a annoncé Monsieur Michel.

Le problème est lié à la négociation des prix avec les GMS. Il faut que les GMS payent mieux ! et qu’elles arrêtent de faire de nos produits des produits d’appels ! Comment l’Etat peut-il les y obligé ? Quels sont les moyens de pression ?

- La production laitière

Comment va se dérouler la suppression des quotas ? L’objectif est de maintenir une production laitière sur tout le territoire d’où la mise en place de contrat par bassin laitier.

- L’arboriculture en Limousin menacée, tout comme le foncier…

L’arboriculture est visée par les environnementalistes alors que nous somme le seul AOP en France avec un cahier de charges contraignantes. Il ne faut pas oublier que c’est une source importante d’emploi dans notre région. Une charte de bon voisinage est en train d’être élaboré afin de facilité les rapports entre arboriculteurs et néo-ruraux.

Le foncier pause aussi quelques difficultés. C’est pour cela qu’une commission de foncier va être activée. Depuis le 13 janvier 2010, les terrains déclassés après cette date qui seront acheté auront une taxe sur la plus value.

- L’installation en danger

Les installations sont en chute, cela est dut en partie au faite que le cout de l’installation ne cesse d’augmenter, alors que les aide de l’Etat (cofinancé par l’Europe) sont identique depuis dix ans. Dans dix ans en Corrèze plus de 1000 exploitations ne seront pas reprise, alors que nous seront de plus en plus sur terre. Que faut-il faire?

Pour conclure la profession agricole a reformulé sa demande d’année blanche.

VM - FDSEA 19

 

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